Au Grau-du-Roi, au cours d'un déjeuner qui s’étire, Michel De Nays Candau prévient : avec lui, raconter une vie oblige à en raconter plusieurs. Une question sur la gendarmerie conduit à Marseille. Marseille ramène à un rallye automobile. Une histoire de terrain fait surgir Étienne Mourrut. Une corrida convoque Jean-Paul Fournier et les coulisses d’une élection nîmoise. Camille Lapierre apparaît, puis Jean Bousquet, Robert Crauste, le Cercle Mozart...
Les noms défilent. Michel, lui, raconte. À 78 ans, il possède cette mémoire particulière des hommes qui ont beaucoup bougé : les années se confondent parfois, mais les visages restent. Et lorsqu’on cherche le fil de cette existence, il faut remonter jusqu’au premier d’entre eux. Celui de son père.
Pour faire plaisir à son père
Né en 1948 près de Saint-Étienne, Michel grandit avec l’histoire d’un père né en 1913, enfant de l’Assistance publique, marqué par la guerre, la captivité en Allemagne, puis le travail dans les mines de charbon. À la maison restent notamment quelques photographies militaires. Le jeune Michel les regarde. « Je ne sais pas pourquoi, ça me plaisait, ça me travaillait. » Après son baccalauréat, son père l’accompagne à Nîmes pour se renseigner sur un engagement militaire. Le père aurait volontiers imaginé son fils dans les blindés. Michel préfère les parachutistes. Ce sera le 3e RPIMa à Carcassonne. Puis Pau et le brevet parachutiste. Il envisage de poursuivre sa carrière dans cette voie lorsqu’un épisode improbable vient tout bouleverser.
Une petite course de voitures entre copains à …