Publié il y a 5 h - Mise à jour le 09.09.2026 - Abdel Samari - 2 min  - vu 188 fois

ÉDITORIAL THT : l’État doit enfin donner la ligne

Maintenance ligne THT RTE à Saint-Folquin

RTE prévoit la création d'une ligne aérienne de 400 000 volts entre Jonquières-Saint-Vincent et Fos-sur-Mer.

- Photo d'illustration : MaxPPP

Entre l’urgence électrique défendue par RTE et l’opposition farouche des élus, des agriculteurs et des habitants, le projet de ligne THT est dans l’impasse. Désormais arrivé à l’Élysée, le dossier attend un arbitrage.

Le projet de ligne à très haute tension entre le Gard et les Bouches-du-Rhône n’a pas fini de faire couler de l'encre. Sur le territoire, l'opposition ne faiblit pas. Et dans le même temps, RTE, en charge du programme d’électrification de Fos, assure que ce projet est indispensable. Il faudra bien, à un moment, sortir de ce face-à-face. Difficile de le contester. Oui, il y a une nécessité de trouver une solution durable pour la zone de Fos-sur-Mer, sans compter que demain, nos besoins en électricité seront beaucoup plus importants qu'aujourd'hui. Il suffit de voir le nombre de voitures électriques en circulation… Pour RTE, la réponse passe par cette nouvelle ligne à très haute tension entre Jonquières-Saint-Vincent et Fos-sur-Mer. Depuis des mois, le gestionnaire du réseau électrique répète que le projet est indispensable, car le réseau existant ne sera plus en capacité de suivre. Le problème n’est pas le constat, mais la solution. Et c'est là que tout se complique. RTE propose une ligne aérienne de 65 km. Un mauvais choix pour les opposants. Les agriculteurs d'abord, directement concernés par le passage des pylônes sur leurs terres. Des habitants ensuite. Et des élus. Beaucoup d'élus. De toutes sensibilités politiques. Dans le Gard comme dans les Bouches-du-Rhône, ils ne veulent pas de cette immense ligne aérienne dans les paysages de Camargue et de Crau. RTE assure pourtant avoir étudié toutes les possibilités. Y compris l'enfouissement. Mais là encore, les chiffres donnent le vertige. Le coût est de 400 millions d'euros pour la ligne aérienne. Jusqu'à quatre milliards pour une solution entièrement enterrée. Et plusieurs années supplémentaires avant sa mise en service. Alors, on fait quoi ? C'est probablement la question qui va finir par se poser au plus haut niveau de l'État. Dimanche, dans nos indiscrétions politiques, nous vous annoncions que plusieurs personnalités nationales allaient venir dans les prochaines semaines sur notre territoire pour s'emparer du sujet. À quelques mois de la présidentielle, ce n'est évidemment pas un hasard. Depuis, le dossier a encore franchi une étape. Séverine Dellanegra, maire de Saint-Martin-de-Crau et l'une des figures de l'opposition au projet de ligne aérienne, vient d'être reçue hier pendant près d'une heure par des représentants du cabinet du président de la République. Elle a déposé sur la table de l'Élysée une solution alternative. Avec un message qui, finalement, résume assez bien la position de nombreux opposants : personne ne conteste vraiment les besoins électriques. C'est la solution aérienne qui est refusée. Et c'est peut-être là que RTE et l'État ont sous-estimé quelque chose. On peut expliquer pendant des mois qu'un projet est nécessaire. Présenter des études et des compensations. Tout cela est parfaitement audible. Mais un projet de cette ampleur peut-il réellement se faire contre quasiment tout un territoire ? La réponse ne peut pas être uniquement technique. Quand bien même cette ligne THT doit contribuer à la sortie des énergies fossiles. Entre davantage d'électricité et la volonté de protéger nos paysages, nos agriculteurs et nos terres, il va falloir choisir. Maintenant que le dossier est arrivé à l'Élysée, il est l’heure pour l'État de se positionner. En sortant de son silence, il offrirait enfin un cap et une ligne directe…

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