Publié il y a 2 h - Mise à jour le 14.10.2026 - Olivier Lemierre - 4 min  - vu 63 fois

ARLES Papeteries Etienne : un projet d’ACCM "qui a pris dix ans dans la vue"

Le site des anciennes papeteries Etienne doit accueillir de nouvelles entreprises. Mais à part la Macif rien d'annoncé lors du conseil communautaire.

- O.L.

Depuis 2018, ACCM a entamé la réhabilitation de la friche industrielle de 24 ha qui abritait les anciennes papeteries Etienne, à Arles. Mardi 13 octobre, lors du conseil communautaire, l'opposition arlésienne a demandé des informations sur la dépollution du site et les entreprises candidates à l'installation. "On a pris dix ans dans la vue", a déclaré Mandy Graillon. Hormis la Macif, Patrick Chauvin a été bien incapable de dire qui est intéressé aujourd’hui pour venir s'y installer.

Le conseil communautaire ACCM du 30 septembre dernier avait été interrompu à cause des intempéries. Les élus se sont retrouvés ce 13 octobre pour aborder de nombreuses délibérations restant à l’ordre du jour. Parmi celles-ci, trois concernaient les papeteries Etienne dont l’agglo a la charge de la reconversion avec notamment l’installation de nouvelles entreprises et des emplois à la clé sur ce site de 24 ha situé à Trinquetaille.

Depuis 2018, le projet de requalification des papeteries peine à avancer. Et dès le début de la séance, sur la délibération n°10 concernant une décision modificative budgétaire d’un montant de 18 000 €, Jean-Frédéric Déjean, élu de l’Union pour Arles, est entré dans le vif du sujet.

La dépollution en question

"Ce lieu est promis à devenir un nouveau pôle économique et culturel. Il apparaît que ce site est pollué. Et il y a encore des études sur le sujet. Où en est-on de la dépollution ? Quels sont les polluants ? Combien cela coûte au total ? Va-t-on demander aux anciens exploitants de participer selon le principe pollueur-payeur ? Le second volet de mes questions concerne l’implantation d’entreprises, a ajouté Jean-Frédéric Dejean. Qui va s’implanter ? La Macif était annoncée, et lors du conseil de quartier de Trinquetaille il a été dit que les travaux de construction des nouveaux bâtiments ont commencé. Ont-ils vraiment commencé ? Nous avons besoin d’informations".

Enfin, l'élu arlésien a demandé des nouvelles du projet de musée national de la photographie annoncé par Rachida Dati, quand elle était encore ministre de la Culture. Son voisin et collègue de l’opposition arlésienne Richard Vidal en a rajouté un couplet un peu plus tard sur la pollution : "On sait que l’activité des papeteries est une industrie parmi les plus polluantes. Je suis étonné que vous n’ayez pas lancé des recherches au début du projet. Vous voulez faire des activités de loisirs destinées aux enfants. Si vous le faites sur ces terrains pollués, c’est criminel."

• Richard Vidal et Jean-Frédéric Déjean se sont inquiétés de la dépollution du site industriel.

Sur ce dernier point, Patrick de Carolis a répondu sans détour : "Je vous rassure, il n’en est pas question. La dépollution du site est automatique." Des études complémentaires seront menées d'ailleurs pour un montant de 125 000 €. Une demande de financement au titre du fonds vert a été demandée à l’État et votée à hauteur de 100 000 € sur 125 000 €.

La Macif doit s’installer fin 2018

En revanche, a continué le président d'ACCM, "nous n’avons aucune nouvelle tangible sur le projet de musée. Chaque fois qu’un ministre vient à Arles, il en parle, mais nous n’avons rien d’officiel. Cela ne veut pas dire que cela ne se fera pas. Mais, à ce stade, je n’ai pas plus d'informations." Des informations, Patrick de Carolis en a donné sur l’installation de la Macif. "Les travaux de fouilles et d’analyse des sols ont commencé, mais pas la construction. Le projet n’a pas changé, il est ambitieux et concerne 300 emplois, une bonne cinquantaine de mieux qu’actuellement à Fourchon". Patrick Chauvin a précisé que la livraison du bâtiment est prévue dans deux ans.

Patrick de Carolis a évoqué ensuite la réfection du grand bâtiment "Sheds" et de la grande halle. "ACCM a fait sa part avec l’aide de 40 % de l’État en ce qui concerne la coquille, la Région se chargeant de l'intérieur." Cet espace est destiné aux Rencontres de la photo mais la convention est toujours en discussion. "Elle stipule un loyer de 54 000 € et ACCM veut avoir un bail emphytéotique de 30 ans. Les Rencontres souhaitent signer ce bail mais comptent sur une aide de la Région pour la réalisation des travaux à l’intérieur. Il existe des positions à harmoniser. On estime être plutôt proches (de l'issue, Ndlr)".

De nouvelles études d'impact

Sur le parc d’activités et l’espace paysager prévus dans le programme, un certain retard, voire un retard considérable, a été pris "du fait des nouvelles études d’impact environnemental imposées par l'État", regrette le maire d'Arles. "On a découvert sur la friche deux nouvelles espèces, des moineaux friquets et des couleuvres de Montpellier. On est repartis pour des études qui vont retarder le projet de 12 à 18 mois. C’est merveilleux la protection de la nature défendue par nos amis écolos, mais administrativement c’est terrible. Cela nous fait perdre du temps et de l'argent."

Reste que, à part l’arrivée de la Macif, Patrick Chauvin, le monsieur Économie de la majorité arlésienne, a été bien incapable de dire qui est intéressé aujourd’hui pour venir s’installer sur cette ancienne friche industrielle. "On mène des études pour savoir si on peut passer la surface de bâtiments de 5 000 à 8 000 m² afin d’accueillir de l’industrie et de la formation d'excellence", a-t-on compris. Ce lieu est pourtant "une pépite" selon Mandy Graillon qui a volé à son secours. "Nous voulons toujours aller dans le sens des industries culturelles et créatives, des marques de luxe y compris. Mais s’il y a un investisseur en dehors de ces thématiques qui coche les cases, on ne va pas dire non. Il y a un idéal et des opportunités… Ce projet a dix ans dans la vue. On regardera toutes les propositions avec attention".

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