Publié il y a 48 min - Mise à jour le 05.10.2026 - Corentin Dimanche - 3 min  - vu 59 fois

FAIT DU SOIR Le Gard Rhodanien à l'aube de son développement

Christophe Serre, président de l'Agglo du Gard rhodanien

À l'avant-veille de ses six mois de présidence à l'Agglo du Gard rhodanien, Christophe Serre a fait le point sur la phase de mise en place qui s'achève, et surtout établi les bases des prochaines années à venir pour le territoire. Un avenir forcément écrit par les lettres MGH, EPR et SMR, mais pas seulement.

 

L'Agglo du Gard rhodanien n'est plus qu'une "agglomération de services", elle est aussi désormais une "agglomération de projets". C'est avec cette vision que son président Christophe Serre aborde la suite de son mandat, six mois après son élection le 7 avril dernier. Des projets forcément structurants et industriels sur la zone de Marcoule d'abord, "dans la continuité des actions menées par les précédentes équipes", avec l'implantation de MGH Energy sur la friche Arcelor, dont l'Agglo est propriétaire.

Après l'avoir vu et revu, Christophe Serre l'affirme : "C'est le meilleur projet qui puisse s'y réaliser. Il répond à des besoins futurs et économiques, en plus de créer des emplois et développer notre industrie". Néanmoins, le président rappelle que le projet n'est qu'"au début d'un tas de procédures à venir", notamment sur la sécurité des personnes et de l'environnement, condition sine qua non de sa réalisation. 

Concernant les SMR portés par Hexana, une deuxième entreprise, dont le nom ne peut pas encore être révélé, vient d'entrer en phase de consultation avec le CEA Marcoule pour s'adosser au projet. Quant aux EPR2 de Tricastin, même s'ils n'y sont pas directement, "ils auront inévitablement un impact sur notre territoire". Tout cela s'inscrit dans le projet de territoire, qui sera voté en juin 2027 et définira les compétences prioritaires de l'Agglo.

Développer l'économie, ne pas économiser sur le développement

Pour investir dans ces projets et dans une trentaine d'entreprises du territoire, une Société d'Investissement pour l'Innovation est en cours de constitution, comme évoqué lors de la rentrée économique au salon POP. Il s'agit d'"une forme de capitalisation pour investir, notamment dans les start-ups, TPE et PME, et, si possible, récupérer l'argent investi". Sur les 8 millions d'euros, l'Agglo compte en injecter le quart, avec l'idée de chercher des partenaires publics qui s'aligneraient au même niveau. Les 50% restants seront issus du privé.

L'Agglo est aussi à la recherche de nouveaux terrains pour y installer des zones économiques. Le sud de Bagnols et les friches de Laudun-l'Ardoise sont déjà fléchés. Pour faciliter le développement de ces projets et mieux les "chapeauter', la compétence économique, confiée à Sébastien Bayart, maire de Codolet, a été unifiée et doublée avec celle du foncier.

L'eau et la redevance incitative en sujets épineux

Autre chantier considérable bien que souterrain : celui de l'eau. La Délégation de Service Public arrive à son terme en 2027, ouvrant la porte à de nouvelles possibilités, notamment celle d'arriver à un prix unique : "Nous avons 44 communes pour 44 prix différents, de trois euros du mètre cube au double. Tout ça pour un même service", pointe Christophe Serre. Ce dernier estime à environ 250 millions d'euros les investissements nécessaires sur les réseaux lors des dix prochaines années.

Pour financer cela, l'Agglo peut s'appuyer sur les quelques économies réalisées grâce à la redevance incitative, qui, depuis sa mise en place en 2024, a réduit de 21.000 à 10.000 tonnes la quantité d'ordures ménagères traitées, alors que le tri sélectif a doublé.

De plus petits projets pour continuer à faire vivre le territoire

Autre sujet "pas facile" et au long cours : le Mémorial des Harkis commence à prendre forme. Après de multiples réunions avec les associations et partenaires, un architecte a été choisi pour ce projet à 4 millions d'euros, dont les grandes lignes seront présentées le 29 octobre. La crèche de Tavel, qui accueillera 40 jeunes, commencera elle aussi prochainement à prendre forme. Le chantier s'élève à 2,3 millions dont la moitié financée par la Caf. 

Au sujet des piscines, bien que la mandature précédente en avait actées trois à travers le Gard rhodanien "une au nord, une au centre et une au sud", la municipalité de Laudun-l'Ardoise est pour l'heure "la seule" à avoir proposé un terrain. "Ce sera amené à discussion", confirme Christophe Serre.

Bagnols/Cèze, capitale à part ?

Conséquence directe des relations distendues avec la majorité bagnolaise, nombre de projets dans la capitale du Gard rhodanien sont en "standby". L'idée du nouveau musée Albert André, géré par la municipalité, est ainsi en "statu quo". L'Accueil de Loisirs Sans Hébergement Vigan Braquet, victime d'un incendie volontaire en 2024 devrait quant à lui bien être rénové et réhabilité énergétiquement pour deux millions d'euros. Une délégation du Mas des Agriculteurs sur Bagnols/Cèze est aussi en cours de discussions. La démutualisation des services est par ailleurs bien en cours, les Directeurs Généraux des Services respectifs s'étant rencontrés ce lundi 5 octobre matin-même.

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