Dix ans après la décision officielle de cession de l'aérodrome, signée le 28 juin 2016, deux mois et demi après sa dernière conférence de presse et quelques jours après les dernières révélations d'Objectif Sud (relire ICI), Éric Giraudier, président de la CCI Gard, a fait un nouveau point d'étape sur la vente de l'aérodrome de Deaux à la commune.
Après avoir défendu et rappelé "la très forte activité" de la CCI sur le bassin alésien, à travers, notamment, le HUP et les classes "à bloc" du Purple Campus, et ce, malgré un "contexte économique très compliqué pour tous les secteurs d'activité", le patron de la chambre consulaire a indiqué ne plus pouvoir justifier de payer pour "un équipement de loisirs, qui n'engendre aucune activité économique, aucun développement économique, aucune portée touristique". D'autant plus que "de par la loi NOTRe, nous avons l'obligation de céder."
Chose faite puisque la mairie de Deaux est en passe de racheter les 45 hectares pour 2,68 millions d'euros, soit l'estimation des domaines par les services de l'État. La commune y montera un projet photovoltaïque et de formation, ceci dès que la Direction générale de l'Aviation civile actera la fin de l'activité aéronautique, normalement en 2027 : "Il n'y a plus d'entreprises sur site depuis plus de dix ans. Seuls seize avions de tourisme extérieurs se sont posés sur les cinq premiers mois de 2026. Même la sécurité civile a arrêté l'utilisation du pélicandrome, car les DASH font le plein à Nîmes", énumère Éric Giraudier, qui appuie : "D'ailleurs, personne ne s'est opposé à cette vente, aucun entrepreneur alésien ne m'a dit que cette vente était un problème. Il n'y a simplement pas eu d'offre avec maintien d'activité, pas même d'Alès Agglo, qui n'a même jamais envoyé de lettre d'intention. Soit c'est important et on agit, soit ce n'est pas vraiment important."
En face, Christophe Rivenq ne veut "la guerre contre personne, ni contre Deaux ni contre la Chambre de commerce. C'est leur volonté, mais cet outil a été payé par les Alésiens, il leur appartient, réitère le président d'Alès Agglo. Ils en ont besoin pour se développer, sans parler des drones, de l'armée, des pompiers. Je ne comprends pas, nous sommes le seul aérodrome de France à considérer une fermeture de piste. Cela concerne l'Agglo au total, c'est un problème territorial."
L'argument invoqué par le président d'Alès Agglo selon lequel la collectivité a contribué à la création de l'outil ne tient pas la route selon le gérant de la chambre consulaire : "C'est le patrimoine des chefs d'entreprise, pas des collectivités. La CCI l'a payé sur des décennies à travers six emprunts, le financement est 100 % consulaire". Éric Giraudier affirme aussi que l'argent de la vente sera réinvesti en projets, notamment sur Alès.
Depuis son appel d'offres en 2022, la CCI a reçu "plusieurs" offres d'achat, mais celle de la mairie de Deaux ne présente aucune clause suspensive, autre que le permis de construire. Pourtant, "à offre égale, voire légèrement inférieure, si une offre maintenait l'activité aéronautique, elle aurait été choisie", appuie Éric Giraudier. Colette Ruegger de la délégation alésienne de la CCI "regrette de ne pas garder l'aérodrome comme tel, mais il n'y a pas d'autre choix."
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