Publié il y a 1 h - Mise à jour le 24.09.2026 - François Desmeures - 4 min  - vu 16 fois

ANDUZE Au collège Florian, personnel et parents manifestent pour plus d'inclusion

Les parents ont rejoint une part de personnel du collège Florian, qui a débrayé une heure durant ce jeudi matin

- François Desmeures

Les accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) ne sont pas assez nombreux, au collège Florian d'Anduze, pour absorber les 28 élèves "notifiés", selon l'expression consacrée, par la MDPH (maison départementale des personnes handicapées). Au lieu de 24 heures de soutien, les élèves atteints d'autisme n'ont majoritairement que trois heures en compagnie d'un adulte, souvent mutualisé avec d'autres élèves.

Les parents ont rejoint une part de personnel du collège Florian, qui a débrayé une heure durant ce jeudi matin • François Desmeures

Ce n'est sans doute pas un hasard si un député Les Républicains des Côtes-d'Armor (Corentin Le Fur) a déposé, en avril dernier, une proposition de loi appelant à faire de la scolarisation des enfants en situation de handicap une grande cause nationale de l'année 2027. La raison en est simple : la France est très loin du compte. Si l'inclusion dans les écoles s'affiche comme une priorité (comme l'a réaffirmé l'inspecteur d'académie du Gard, il y a près de deux semaines, relire ici), elle peine à répondre à la mesure des enjeux. Ce même inspecteur, Christophe Mauny, soulignait d'ailleurs "le décalage entre les moyens de l'Éducation nationale en début d'année et les besoins de la MDPH, au fil de l'eau en cours d'année".

Il se demandait au passage si, pour certains parents, leur attente n'était pas plutôt "plus proche du préceptorat". Au collège Florian d'Anduze, il semble qu'on en soit très loin. C'est ce qu'ont tenu à dénoncer parents et personnels du collège, ce jeudi matin, alors qu'une part de ces derniers a observé une heure de grève, entre 9 heures et 10 heures. "Mon petit garçon a un trouble du spectre autistique, explique Cindy, dont l'enfant est en 3ᵉ à 14 ans. Il ne peut pas écrire tout seul, il a besoin d'un AESH" (accompagnant d'élèves en situation de handicap).

"L'an dernier, on devait s'occuper de 20 enfants à 6 AESH. Cette année, ils sont 28 et nous ne sommes plus que 5."

"Le problème, c'est qu'ils ont dû mutualiser." L'enfant de Cindy est donc allé dans une classe avec un autre élève en situation de handicap, "une classe où personne ne le connaît. Et il n'a que trois heures d'AESH par semaine." "Et pas trois heures en continu, enchaîne Blandine, une autre mère concernée, avec un enfant en 4ᵉ qui souffre de trouble de l'attention avec hyperactivité. Avant, poursuit-elle, il avait du matériel pédagogique adapté et douze heures avec un AESH. Pourtant, il a une notification pour tout, le temps scolaire, le collectif et l'aspect social. Et les professeurs ne sont pas formés." Dans des classes qui comptent "28 à 29 élèves".

"L'an dernier, on devait s'occuper de 20 enfants à 6 AESH. Cette année, ils sont 28 et nous ne sommes plus que 5, soulève Roch, lui-même AESH au collège. Il n'y a que deux enfants qui ont un parcours individualisé, de 24 et 15 heures. Pour tous les autres, il n'y a que trois heures par semaine. On essaie d'en regrouper deux ensembles, de façon à ce qu'ils aient six heures au total." Des heures qui ne sont pas forcément collées. "Pour le suivi, c'est n'importe quoi, poursuit Roch. Mais on essaie de faire au mieux pour les enfants." En sachant que les contrats d'AESH ne dépassent pas les 24 heures par semaine, pour des salaires en dessous de 1 000 €. Difficile, dans ces conditions, d'attirer des personnes motivées.

"Ils ont des besoins mais ils n'embauchent pas"

Livio est l'un des deux élèves au parcours individualisé, avec 15 heures de suivi par semaine, en 4ᵉ. Mais cette année, l'AESH qui le suivait, Nathalie, ne peut plus assurer que 9 heures avec lui. Alors, il change d'accompagnant. "Des fois, je ne comprends pas la question, concède Livio. Et je lâche. Sans un AEH, je n'y arriverais pas." Et Livio n'a pas de doute : c'est bien à l'école qu'il veut être, pas dans un institut spécialisé ou à la maison.

"Le problème n'est pas qu'au collège", explique Élodie, la mère de Livio. Son frère est en maternelle, à Bagard, et il est aussi notifié. "Mais à l'école, il y a deux AESH pour six enfants notifiés. Donc, il ne peut pas aller à l'école." Élodie a même postulé pour devenir elle-même AESH. "Cela fait un an et demi que j'ai envoyé ma candidature... Ils ont des besoins mais ils n'embauchent pas." Pourtant, "quand la loi est passée en 2005, le but était bien l'inclusion", se désole Nathalie, l'AESH de Livio. Preuve de son insertion, Livio avait été élu délégué de classe l'année dernière et compte bien se confronter une nouvelle fois au suffrage de ses copains. "Mais sans AESH, il ne pourrait plus aller à l'école."

Conseillère municipale à Boisset, Jessica a un fils qui entre en 6ᵉ. "Il a une AESH depuis le CE1. Là, il n'a que trois heures et ça risque d'être réduit à 2 heures. Ça ne servirait plus à rien. On nous avait dit que ça allait bien se passer mais la réalité est compliquée. On a beau compenser à la maison... mais mon fils peut passer jusqu'à 3 ou 4 heures le soir à récupérer les cours." Élue en charge des affaires scolaires à Boisset-et-Gaujac, Sonia Kassouri renchérit : "On nous dit que la carte scolaire est faite pour une moyenne de 22 élèves par classe, en fait ils sont 27 ou 28. Avec, pour Boisset, 14 élèves avec des dossiers notifiés."

"Avec la mutualisation et la réduction d'heures, il devient très difficile de faire du cas par cas." Le risque étant que, afin que les élèves comptent plus d'heures avec un AESH, on ait tendance à les regrouper pour leur faire bénéficier des heures des autres. "À Boisset, poursuit Sonia Kassouri, il y a une classe qui concentre presque tous les AESH, au lieu qu'elle soit ouverte." Le contraire de l'intention d'inclusion.

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