Un trompettiste, une inspiration de Lou Reed, une femme de dos affrontant le vent et la pluie, une jeune fille qui défie du regard, des corps allongés au soleil... Les portraits accrochés par Ricardo Wilde au restaurant la Marmite sont à la fois sombres et vifs, sensibles et froids, épurés et fins. L'artiste utilise peu de couleurs pour ses tableaux, plaçant souvent ses sujets sur un fond d'une seule couleur, en contraste avec les personnages. "Même si j'évolue, en alternant des fonds unis et des fonds plus bariolés."
La peinture, c'est peu dire que Fred Espigat l'a apprise sur le tas et sur le tard, en plein Covid, à presque 50 ans. "Ma copine m'avait filé trois tubes de peinture, ils n'ont pas duré quinze jours, s'amuse-t-il en y repensant. J'ai aimé tout de suite, ça fait disparaître le temps." L'artiste confie être "très inspiré par Egon Schiele", peintre autrichien à la vie brève, à cheval sur les 19ᵉ et 20ᵉ siècles. "D'un loisir, c'est devenu quelque chose qui me bouffe un peu plus chaque jour."
En mars 2025, il exposait avec d'autres agents de la Ville de Nîmes à la galerie Jules-Salles. En octobre 2025, c'est seul et sous le pseudonyme de Ricardo Wilde qu'il s'affiche à Sète. "Mon nom sur les réseaux sociaux. J'ai choisi ce nom 'de scène' au moment de cette expo, et je l'ai gardé." Les tableaux exposés à la Marmite, jusqu'au 18 octobre, sont signés du même alias.
"Je découvre comme un enfant, s'illumine encore Frédéric Espigat, je n'ai aucune formation." Pour ses toiles, Ricardo Wilde travaille à partir de photos, principalement les siennes. Et il peint à l'acrylique. "Mais même ça, au départ, je ne savais pas comment ça fonctionnait", rigole Frédéric Espigat. La vue de sa production d'apprenti donne envie de voir les fruits de ses prochaines découvertes.
La Marmite, 13 rue de l'Agau à Nîmes