À droite, personne ne veut quitter la scène La droite gardoise attendait les sénatoriales pour reprendre la parole. Elle vient de réussir l’exploit de résister à la poussée du Rassemblement national. Même si le score de la nouvelle sénatrice Sylvie Josserand est élevé, Laurent Burgoa peut savourer : le sénateur LR sortant et réélu est arrivé en tête dans le Gard. Il a certes laissé sur le bord de la route Vivette Lopez. Mais cette dernière avait pris les devants en annonçant depuis longtemps qu’elle ne solliciterait pas un nouveau mandat. Et elle ne cache plus vraiment ses affinités avec le RN. Les Républicains ont donc sauvé l’honneur dimanche dernier. Et, le soir même, Laurent Burgoa avait réuni ses amis en petit comité. Les nouveaux comme les anciens. Franck Proust, l’ancien président de Nîmes Métropole, était là. Thierry Procida aussi. Valérie Rouverand figurait parmi les invités. Tout comme Julien Devèze et Nicolas Balmelle. Il ne manquait finalement qu’un nom à l’appel : Julien Plantier. Ce dernier a brillé par son absence mais était bien présent, dès le lendemain, sur les bancs de l’opposition au conseil municipal de Nîmes. Avec, à ses côtés, la présidente de Renaissance dans le Gard. Les deux anciens partenaires des municipales ont retrouvé de la voix. Pour s’en prendre essentiellement au RN. Et voter de concert plusieurs projets de la nouvelle majorité de gauche. Ces deux instantanés de la vie politique gardoise disent finalement beaucoup de choses. Personne ne veut quitter la scène. Et surtout, personne n’a intérêt à le faire. Pas Franck Proust, qui se rend tous les vendredis soir à la permanence LR de Nîmes pour rester au contact des militants. Il y retrouve parfois l’ancien maire de Nîmes. Pour des échanges que l’on dit quelque peu glacials. Pas davantage Julien Plantier, que certains imaginaient déjà très loin du Gard depuis ses nouvelles responsabilités avignonnaises. Ces deux-là se sont affrontés il y a un an. Ils pourraient bien remettre le couvert l’an prochain à l’occasion des départementales. Et la bataille promet d’être rude sur le premier canton de Nîmes. Franck Proust pourrait faire équipe avec Valentine Wolber, pendant que Julien Plantier repartirait au combat aux côtés de Sophie Roulle. Un nouveau duel Proust-Plantier, mais cette fois par binômes interposés… Pendant ce temps, les petits nouveaux tentent eux aussi de se faire une place au soleil. Julien Devèze joue sa partition. Plus lisible et plus fidèle à ses convictions centristes. Il connaît parfaitement les rouages de la politique locale, certainement parce qu’il a occupé une fonction stratégique sous l’ère Lachaud à l’Agglo de Nîmes. Contre vents et marées, il n’avait pas quitté le navire alors même que la défaite pointait le bout de son nez. Une trajectoire qui tranche avec celle de Nicolas Balmelle. L’ancien collaborateur de Jean-Paul Fournier avait pris la poudre d’escampette du cabinet du maire avant les municipales de 2020, alors que la défaite de son mentor lui semblait possible. Il avait ensuite regardé avec beaucoup d’intérêt du côté de la Macronie, à une époque où l’étiquette présidentielle ouvrait encore bien des portes. En 2022, les instances locales d’En Marche avaient même pensé à lui pour les législatives avant qu’Yvan Lachaud ne décroche finalement la timbale. Un épisode que Nicolas Balmelle préférerait certainement laisser dans les archives. Pas sûr que tout le monde chez Les Républicains ait la même envie d’oublier. Les vieux renards de la maison LR ont de la mémoire. Et, à l’occasion, quelques photos soigneusement conservées dans leur téléphone qu’ils prennent un malin plaisir à ressortir pour rappeler le passé macroniste de celui qu’ils considèrent encore, pour certains, comme un simple opportuniste. Julien Devèze, lui, espère désormais construire une carrière politique en solo. Émancipé de son ancien patron Yvan Lachaud, il peut espérer gravir les marches une à une. Sa première étape est réussie avec une rentrée politique saluée. Et il regarde déjà beaucoup plus loin. Pourquoi pas jusqu’en 2033 ? D’ici là, le bon soldat de l’union de la droite et du centre est prêt à repartir au combat. Y compris aux législatives de 2027, quel que soit le contexte politique national. Car si le Rassemblement national remportait un jour la présidentielle, combien seraient encore prêts à aller à la bataille dans des circonscriptions où ses candidats seraient solidement implantés ? Julien Devèze semble vouloir être de ceux-là. Après tout, en politique, le secret des victoires se cache parfois dans les défaites que l’on a eu le courage d’assumer.
Mespoulet aux commandes C’était l’une des promesses de campagne de Vincent Bouget. Six mois après son arrivée à la mairie de Nîmes et à la présidence de Nîmes Métropole, la nouvelle agence de développement économique est sur le point de voir le jour. Et selon nos informations, le président de l’Agglo a choisi Laurent Mespoulet pour en prendre les commandes. Actuellement adjoint au maire de Nîmes chargé du Développement économique, du Tourisme, de l’Emploi et de l’Insertion, mais aussi conseiller communautaire de Nîmes Métropole, il devrait être officiellement annoncé mercredi. Un choix évidemment très politique. Car derrière la création de cette nouvelle structure se joue aussi la réorganisation du petit monde économique nîmois. Les relations entre la nouvelle majorité et Éric Giraudier, président de la CCI du Gard, se sont sérieusement rafraîchies ces derniers mois, sur fond notamment de rapprochement de ce dernier avec le Rassemblement national. Vincent Bouget veut désormais disposer d’un outil économique performant, capable de fédérer les entreprises et les acteurs du territoire autour de Nîmes Métropole. Avec aussi, dans un coin de la tête, les prochaines élections consulaires à la CCI du Gard. Reste maintenant à observer attentivement le casting autour de Laurent Mespoulet. Qui composera l’équipe de cette nouvelle agence ? Certains noms pourraient en dire long sur les candidatures qui se préparent pour les prochaines échéances consulaires.
Giraudier trinque avec le RN. Dimanche soir, la famille frontiste a fêté la victoire de la nouvelle sénatrice Sylvie Josserand rue Bigot à Nîmes. De nombreuses personnalités avaient fait le déplacement. Bien sûr, les députés et les maires RN. Mais pas seulement. En bonne place, on retrouvait Éric Giraudier, le président de la CCI du Gard, qui ne se cache plus vraiment. Verre à la main, il a trinqué avec ses nouveaux amis politiques. Signe supplémentaire de la rupture avec son ancienne famille ? Selon nos informations, le patron de la CCI n’aurait même pas adressé de message de félicitations républicaines à Laurent Burgoa et Denis Bouad, eux aussi élus au Sénat. Parmi les autres visages connus, Richard Schieven, ancien adjoint à la Sécurité de Jean-Paul Fournier, n’a pas boudé son plaisir. Il aurait même tellement donné de la voix à l’annonce de l’élection de l’avocate nîmoise qu’il lui aurait fallu quelques pastilles pour la gorge le lendemain. Reste à savoir si ces rapprochements sont ceux d’un soir ou s’ils s’inscrivent dans la durée. Au RN, les places sont chères et les nouveaux venus ne sont pas toujours les premiers servis. Chez les amis de Marine Le Pen, on aime aussi cultiver l’entre-soi. La porte s’ouvre, mais pas forcément jusqu’au bout…
Fournier prépare l’union des droites. Les retrouvailles avaient un petit air de répétition générale. Vendredi midi, autour de Jean-Paul Fournier, Chantal Barbusse, Catherine Jehanno et Marc Taulelle avaient convié des anciens élus pour poser les premières pierres d’un rapprochement des droites dans la capitale du Gard. Frédéric Pastor, Mary Bourgade, Daniel Jean-Valade, Richard Tibérino étaient notamment de la partie. Nicolas Balmelle aussi. Une présence qui a fait sourire certains convives. « Il ne sait pas où il campe ou alors il mange à tous les râteliers », lâche un ancien adjoint de l’ex-maire de Nîmes. Sur le fond, peu de choses ont filtré des échanges, si ce n’est la confirmation de la stratégie défendue par Jean-Paul Fournier dans nos colonnes début septembre : l’ancien maire assume désormais sa volonté de rapprochement avec le Rassemblement national. Tout ce petit monde s’est donné rendez-vous le 30 octobre pour un nouveau déjeuner entre les « anciens » et les « frontistes ». Les parlementaires Yoann Gillet, Sylvie Josserand et Julien Sanchez seront-ils cette fois de la fête ? Éric Giraudier aussi ? À Nîmes, les grandes manœuvres ne font visiblement que commencer.
Proust veut s’expliquer avec Fournier. Depuis l’interview accordée par Jean-Paul Fournier à Objectif Sud, Franck Proust a du mal à digérer. Après s’être récemment croisés à la permanence des Républicains, les deux hommes ont décidé de déjeuner ensemble pour mettre les choses à plat. Pendant toute sa carrière politique nîmoise, l’ancien président de Nîmes Métropole est resté fidèle à Jean-Paul Fournier. Il accuse donc le coup d’être aujourd’hui désigné, au moins en partie, comme responsable de la défaite municipale. D’autant que, dans son entourage, certains reprochent depuis des mois à l’ancien maire d’avoir compliqué la succession au sein de son propre camp. « Jean-Paul Fournier est dans une forme d’ingratitude totale. S’il y a bien quelqu’un qu’il aurait dû protéger, c’est Franck, qui lui a toujours été loyal. Ce coup de poignard sur la place publique est très douloureux. Mais Franck a décidé de ne plus se laisser faire et veut imposer ses vues », explique l’un de ses proches. Reste une question : jusqu’où la direction locale et nationale des Républicains est-elle prête à aller pour soutenir l’ancien candidat aux municipales face au maire historique ? « Il y a du monde qui tape à la porte pour reprendre le flambeau. Franck Proust n’a pas beaucoup de temps pour s’imposer au risque de disparaître définitivement », prévient un connaisseur de la maison LR. Le déjeuner promet d’être copieux. Pas certain que la digestion soit plus facile ensuite.
Dorocq prépare 2028. Ça commence à sérieusement bouger au tribunal de commerce de Nîmes. Vice-président de la juridiction et vice-président Industrie de la CCI du Gard, Fabien Dorocq vient d’apprendre qu’Estelle Laurent, venue de Tarascon, serait fléchée pour récupérer son poste de vice-président. Le choix doit encore passer par les urnes, avec un vote organisé cette semaine et un verdict attendu vendredi. Autant dire que la nouvelle n’a pas vraiment enchanté l’intéressé. D’autant que l’histoire vient bousculer un équilibre ancien : Marie-France Bancel, qui a succédé à Jean-Paul Albouy à la présidence du tribunal de commerce de Nîmes en décembre 2024, et Fabien Dorocq avaient tous les deux été mis en place sous la présidence de ce dernier. Selon nos informations, Fabien Dorocq ne cache désormais plus ses intentions et fait savoir autour de lui qu’il compte se présenter aux élections de 2028 face à la présidente sortante. L’homme connaît déjà les premiers rôles : à la CCI du Gard, il avait assuré la présidence par intérim lorsqu’Éric Giraudier avait été suspendu de ses fonctions. Si Estelle Laurent récupère bien vendredi la vice-présidence, la bataille de 2028 aura donc commencé avec deux ans d’avance. Au tribunal de commerce de Nîmes, les prochaines audiences ne se dérouleront peut-être pas toutes dans les salles d’audience.
Le RN vise le Département. Alors que la gauche se réveille difficilement des sénatoriales et que la droite travaille à l’union de la droite et du centre, le Rassemblement national prépare déjà la prochaine bataille. Celle des départementales. Selon nos informations, Nicolas Meizonnet est aujourd’hui le nom privilégié dans les rangs du RN pour viser la présidence du Conseil départemental du Gard. Le maire de Vauvert peut désormais s’appuyer sur les mairies remportées par son camp en mars dernier pour préparer le scrutin. Sur les cantons alésiens, l'élu d'opposition RN à la mairie d'Alès Anthony Bordarier pourrait notamment partir à la bataille sur le canton détenu par Léa Boyer. Le maire de Saint-Hilaire-de-Brethmas serait lui aussi déjà dans les starting-blocks pour tenter de faire basculer son canton. De quoi inquiéter certains élus de l’actuelle majorité départementale. « La gauche et la droite sont à la croisée des chemins de leur histoire gardoise. Soit elles trouvent les moyens de contrarier les plans de l’extrême droite, soit elles risquent de perdre beaucoup de cantons », estime un conseiller départemental. Après les municipales et les sénatoriales, personne n’a donc vraiment le temps de souffler. La prochaine campagne a déjà commencé.
À gauche, le règlement de comptes. L’annonce des résultats des sénatoriales dans la cour de la préfecture du Gard s’est faite devant une poignée d’élus. La quasi-totalité avait déjà quitté les lieux. Prévue à 18h30, la proclamation a finalement eu lieu près de deux heures plus tard, après un nouveau comptage. Une attente suffisamment longue pour assister à quelques scènes savoureuses, mais aussi à quelques échanges sous tension. Fabrice Verdier et Christophe Serre, notamment, n’ont pas fait semblant. « En politique, on n’encourage jamais des aventures personnelles. Sinon, cela donne le résultat que l’on connaît… », a lancé le président du Pays d’Uzès. Réponse du président du Gard rhodanien : « Ce n’est pas Carole Bergeri qui fait perdre notre camp, c’est Denis Bouad tout seul. » Une analyse que partageraient plusieurs élus de gauche, notamment au Conseil départemental. « Denis Bouad est en roue libre. Il n’a rien à faire du résultat. La preuve, le jour J, il était à Blauzac à la mi-journée au lieu d’accueillir les élus à la préfecture. Le soir au Prolé, il était déjà en train de parler des cantons pour les départementales alors que tout le monde faisait la gueule… », peste l’un d’eux. Dans la foulée de sa réélection au Sénat, le socialiste aurait filé du côté de Sète, où il possède sa résidence secondaire. Ses détracteurs lui reprochent aussi plusieurs absences récentes dans le Gard, notamment lors de l’inauguration du siège de la CCPG et de la cérémonie du puits de Célas, où Laurent Burgoa et Sylvie Josserand étaient présents. À gauche, les sénatoriales n'ont manifestement pas fini de laisser des traces.
Les communistes voient rouge. Demain lundi, le groupe communiste au Département du Gard compte bien faire connaître son mécontentement après le résultat de la gauche aux sénatoriales. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les mots ne sont pas choisis au hasard. « Cathy Chaulet ne méritait pas de perdre. Elle sortait du lot et son sérieux comme la pertinence de ses propositions ont permis de convaincre de nombreux élus. Comment supporter une campagne pareille ? Même si la politique n’est pas de l’arithmétique, certains comportements ont été consternants et irresponsables », balance un élu communiste. « Tout cela crée des fractures dans la majorité. Et les prochaines échéances vont être difficiles si personne ne se remet en question et ne travaille pour le collectif. » Ce qui reste surtout en travers de la gorge des communistes, c’est de ne pas avoir davantage profité de leur victoire aux municipales à Nîmes pour améliorer le score de la gauche aux sénatoriales. « Tout a été pris à l’envers. Les socialistes se sont ridiculisés. Heureusement que nous sommes aujourd’hui une force responsable dans ce département car les temps qui s’annoncent avec l’extrême droite vont être particulièrement difficiles. Stop aux individualités ! » Ils sont en colère, on vous le dit !
À ACCM, le mystère du bulletin. À la communauté d'agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette (ACCM), c’est à se demander si le vote à bulletin secret ne relève pas de la survie politique. En avril dernier, au terme d’une séance rocambolesque de six heures, Patrick de Carolis avait été réélu président de l’intercommunalité avec une seule voix d’avance face à Séverine Dellanegra, la maire de Saint-Martin-de-Crau. Six mois plus tard, on ignore toujours qui avait glissé un bulletin blanc dans l’urne, offrant au passage la victoire au maire d’Arles. Rebelote mercredi soir. Peu importe la pluie diluvienne et les alertes préfectorales : le conseil d’ACCM devait siéger. On n’ajourne pas une séance où doivent passer deux délibérations qui alimentent depuis plusieurs jours d’intenses tractations entre les élus du territoire. Au menu, l’instauration d’un taux unique de taxe d’enlèvement des ordures ménagères fixé à 17,53 %, avec une hausse pour cinq des six communes. Arles est la seule épargnée. Aux opposants traditionnels se sont ajoutées deux voix venues directement de l’exécutif : Laurie Pons, maire de Saint-Pierre-de-Mézoargues, dont les administrés voient leur TEOM flamber de 62 %, et Tania Texier, opposante à Saint-Martin-de-Crau, commune promise à une hausse de 35 %. Deux fidèles qui ont annoncé voter contre la délibération phare de leur président tout en prenant soin de lui réaffirmer leur loyauté. Tout l’art d’être en désaccord sans vraiment sortir du rang. Mandy Graillon avait d’emblée réclamé le vote à bulletin secret. Et c’est là que les choses deviennent amusantes. À la sortie de l’isoloir : 25 voix pour et 19 contre sur l’harmonisation. Quelques minutes plus tard : 24 pour et 20 contre sur le taux. Une voix de moins ici, une de plus là. Entre deux délibérations jumelles, un élu a donc changé d’avis. On a fait et refait les comptes : rien n’y fait, le mystère demeure. Dans les couloirs, certains ont rapidement imaginé un accord secret entre Patrick de Carolis et Nicolas Koukas, le leader communiste de l’opposition arlésienne. Il faut dire qu’en avril dernier, Nicolas Koukas avait recueilli cinq voix au premier tour de l’élection du président avant de se retirer au second. Renseignement pris auprès de l’intéressé : aucune négociation, aucun arrangement en coulisses avec le président d’ACCM. La piste Koukas refermée, une question demeure donc : qui ? Patrick de Carolis, lui, a finalement décidé d’interrompre la séance… juste après l’adoption du nouveau taux. Il y a des urgences qui savent attendre. Et d’autres beaucoup moins.
Jouve, le départ sans fin Depuis le début de l’été, Frédéric Jouve était plutôt invité par Patrick de Carolis à prendre ses cliques et ses claques. Le directeur général des services de la Ville d’Arles et d’ACCM devait regarder ailleurs. Sauf que les semaines passent et Frédéric Jouve est toujours là. La surprise a d’ailleurs été grande mercredi soir pour les élus comme pour les journalistes de le retrouver à sa place habituelle lors du conseil communautaire. Patrick de Carolis a fini par donner publiquement l’explication : Frédéric Jouve a bien été démis de ses fonctions à la Ville, mais pas à l’Agglo. Il reste donc, pour l’instant, DGS de l'ACCM. Pas forcément faute d’avoir cherché une porte de sortie. Selon nos informations, Frédéric Jouve prospecte activement pour rebondir ailleurs. Il aurait notamment regardé du côté du Pôle métropolitain, une maison qu’il connaît bien pour y avoir déjà travaillé. Des entretiens sont aussi évoqués du côté d’Aramon. Faute, pour le moment, de point de chute, Patrick de Carolis lui aurait assuré qu’il pourrait rester à son poste à ACCM jusqu’à ce qu’une opportunité se présente. Une séparation à l’amiable, en quelque sorte, mais sans date de séparation. À ce rythme-là, rien ne dit que tout cela ne puisse pas durer jusqu’en 2033…
Bouget, le changement dans la continuité. Nous l’avons déjà écrit : le changement de majorité à Nîmes ne semble pas, dans les faits, avoir tout bouleversé. Ou alors de façon encore cosmétique. Vincent Bouget et ses équipes font pour l’instant le choix du changement dans la continuité. « Prenez Nîmes Métropole : le président a conservé le même chauffeur, la même secrétaire, la même cheffe du pôle protocole, le même chef du service protocolaire, mais aussi plusieurs responsables à la communication ou encore à l’accueil du troisième étage », explique un élu communautaire de la majorité qui ronge son frein dans son coin. Tout cela alimenterait désormais quelques discussions dans les couloirs, encore davantage lorsque la méthode politique commence à se dessiner. « Avec sa garde rapprochée, Vincent Bouget est en vase clos. Toutes les portes et les fenêtres sont fermées à double tour. La confiance fonctionne en comité restreint, à la différence de Franck Proust qui partageait davantage son projet politique avec l’ensemble des élus et collaborateurs », poursuit le même élu. Reste à savoir si la stratégie précédente était réellement la bonne quand on regarde le résultat des municipales de mars dernier…
Bagnols préfère payer. Voilà une décision qui risque de laisser quelques élus du Gard rhodanien perplexes. Selon nos informations, la ville de Bagnols-sur-Cèze ne souhaiterait plus bénéficier de PanneauPocket, le service financé par l’Agglomération du Gard rhodanien et mis gratuitement à disposition de ses 44 communes pour communiquer auprès de leurs administrés. La municipalité bagnolaise aurait décidé de prendre son propre abonnement pour disposer, au mieux, des mêmes services. Coût annoncé : au moins 2 000 euros par an pour la Ville. Une décision qui surprend d’autant plus du côté de l’Agglo qu’aucune autre commune, y compris parmi celles qui entretiennent parfois des relations compliquées avec l’intercommunalité, n’avait jusqu’ici remis en cause ce dispositif mutualisé. À Bagnols, on semble donc avoir trouvé une nouvelle définition de l’indépendance : payer demain ce que l’Agglo offre aujourd’hui.
L’écharpe de trop ? Anthony Belin aime les symboles. Le conseiller municipal d’opposition de Lunel était il y a quelques jours à Béziers pour soutenir Robert Ménard, convoqué devant la justice après son refus de célébrer le mariage d’un homme sous OQTF. Pour l’occasion, l’élu lunellois avait sorti l’écharpe tricolore. Un détail qui n’a visiblement pas échappé à tout le monde à Lunel. Selon nos informations, la mairie a saisi la préfète de l’Hérault afin de lui demander de rappeler les règles à l’élu d’opposition. Le port de l’écharpe par un simple conseiller municipal est en effet encadré et dépend notamment des fonctions qu’il exerce au nom du maire. Anthony Belin voulait afficher son soutien à Robert Ménard. Il aura surtout réussi à attirer l’attention de sa propre mairie. À Lunel, quelques mois seulement après les municipales, personne ne semble décidé à laisser passer grand-chose.
Bois connaît ses commerçants. Emmanuel Bois, l’adjoint au Commerce de Nîmes, a une façon très personnelle d’aborder son mandat. Pour ne pas commettre d’impair, il aurait entrepris d’apprendre les noms des commerçants nîmois. Un bachotage plutôt logique pour cet enseignant de profession. Sauf que certains commerçants s’en amusent désormais en coulisses. À chaque rencontre dans les rues de Nîmes, Emmanuel Bois n’hésite pas à rappeler le nom et le prénom du chef d’entreprise, voire celui de ses différentes enseignes. « C’est surtout la marque d’un élu qui prend ses responsabilités au sérieux. Il est travailleur et au contact du tissu économique. Précédemment, on avait des comiques. Au moins, cette fois, on a des gens qui travaillent… », lâche un commerçant. Déformation professionnelle ou méthode politique, Emmanuel Bois révise manifestement bien ses fiches.
À Arles, Objectif Sud blacklisté ? Voilà une drôle de conception des relations avec la presse. Patrick de Carolis et sa première adjointe Mandy Graillon auraient décidé de mettre Objectif Sud à l’écart. En cause ? Nos indiscrétions politiques du dimanche, qui ne seraient visiblement pas toujours du goût de l’exécutif arlésien. Plus étonnant encore, la consigne aurait été donnée à certains élus de ne plus répondre à nos journalistes. Une méthode assez inhabituelle pour notre rédaction qui, depuis bientôt deux décennies, couvre des majorités de toutes les couleurs politiques. Les relations sont parfois excellentes, parfois plus fraîches, sans que cela empêche chacun de faire son travail. Nous avons d’ailleurs connu une période similaire à Nîmes. Le maire de l’époque et son cabinet avaient fini par revenir à des relations plus normales avec notre rédaction. Difficile, il est vrai, de faire durablement comme si un média populaire, libre et indépendant, fort de plus de 800 000 abonnés sur les réseaux sociaux et des dizaines de milliers d'articles lus chaque jour, n’existait pas. À Arles, où nous avons installé une équipe depuis plus de deux ans et où nous poursuivons notre développement, notre liberté de ton semble manifestement agacer. Une situation d’autant plus étonnante que Patrick de Carolis connaît mieux que beaucoup d’autres l’importance de la liberté de la presse. Ancien journaliste et ancien président de France Télévisions, le maire d’Arles sait qu’un journal n’est pas là pour plaire aux élus. Ni pour leur déplaire d’ailleurs. Simplement pour faire son travail. Mettre un média à l’écart parce que certains de ses articles dérangent n’empêchera donc ni nos journalistes de poser leurs questions, ni les indiscrétions du dimanche de raconter ce qui se passe dans les coulisses arlésiennes. À Nîmes, le temps avait fini par remettre les choses à leur place. À Arles, on peut donc choisir de ne plus nous répondre. On ne nous empêchera pas pour autant de continuer à raconter.