Située en amont du barrage de Vallabrègues, la nouvelle centrale renforce le productible du site en convertissant une partie du débit destiné au bras naturel du Rhône en énergie. Elle est construite à l’endroit où passait la route, il y a quelques années. D’une hauteur de chute de 11 mètres et dotée d’une turbine d’une puissance de 8,5 MW, elle produit 60 millions de kWh par an, c'est-à-dire l’équivalent de la consommation annuelle de 26 000 habitants. L’énergie produite est mise sur le réseau Enedis qui ensuite la redistribue dans le réseau global de distribution.
« L’hydroélectricité est l’une des pièces maîtresses d’un mix énergétique souverain et décarboné »
Sa réalisation a été portée par CNR (Compagnie Nationale du Rhône) au titre de son programme de missions d’intérêt général, le Plan 5Rhône. « Avec cette centrale hydroélectrique nouvelle génération, nous réaffirmons le rôle du Rhône dans l’électrification des usages. Sa mise en service illustre notre capacité à concevoir, avec les territoires, des ouvrages hydrauliques modernes qui répondent au plus haut niveau d’exigence environnementale. Locale, renouvelable et flexible, l’hydroélectricité est l’une des pièces maîtresses d’un mix énergétique souverain et décarboné », explique Laurence Borie-Bancel, présidente de CNR Concilier.
Une passe à poissons de 330 mètres, composée de 46 bassins successifs, a également été aménagée au droit de l’ouvrage. Elle permet aux espèces telles que le brochet, le gardon, l’anguille, la lamproie ou l’alose de franchir la chute créée par le barrage historique de Vallabrègues et de consolider l’axe migratoire des poissons depuis l’embouchure du Rhône. « Sur la passe à poisson, on est équipé de deux systèmes de détection. Cela permet de savoir le nombre de poissons mais aussi leur espèce, pour juger de l’efficacité de la structure », précise Quentin Morel, le responsable de projet de construction de la petite centrale hydraulique de Vallabrègues.
Un investissement de près de 50 millions d’euros
Cet ouvrage hydraulique préfigure l’un des programmes industriels majeurs confiés à CNR dans le cadre de la concession d’aménagement du Rhône, qui vise notamment à renforcer le potentiel hydroélectrique du fleuve tout en rétablissant sa continuité écologique. Débuté en 2021 et terminé cette année, le chantier de construction de la centrale hydroélectrique et de la passe représente un investissement de près de 50 millions d’euros. La passe à poissons est inscrite au Plan Rhône-Saône, volet eau et biodiversité. L’ouvrage bénéficie d’un financement de 3,21 millions d’euros de l’agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse.
En cas de baisse du niveau des cours d’eau, cela modifie le niveau de l’impact de chute dans le sens Rhône – Gardon. Moins il y a d’eau dans le Gardon, plus la puissance de la centrale est élevée. Du côté du Rhône, le niveau ne baissera pas assez pour impacter la centrale. À contrario, en cas de crue, le niveau du Rhône est assuré et régulé par le barrage de Vallabrègues. Là encore pas d’impact sur la centrale hydraulique.
Six autres centrales hydroélectriques de ce type sont en prévision.
D’ici 2037, CNR prévoit la mise en service de six autres centrales hydroélectriques de ce type et de leurs passes à poissons associées à Saint-Pierre-de-Bœuf (Loire), Arras-sur-Rhône (Ardèche), La Roche-de-Glun (Drôme), Charmes-sur-Rhône (Ardèche), Donzère (Drôme) et Caderousse (Vaucluse), pour turbiner le débit des bras naturels du Rhône. Complémentaire aux barrages historiques du fleuve, cette nouvelle génération d’équipements hydroélectriques produira l’équivalent de la consommation électrique de 114 000 habitants.