Dans l'Antiquité romaine, le forum servait de centre politique, économique, judiciaire et religieux. Ce jeudi 24 septembre, à Laudun-l'Ardoise, le Forum était l'épicentre et le cœur de l'économie du Gard rhodanien, ses artères franchissant le Rhône. Toute la journée, une quarantaine d'exposants, dont un tiers de nouveaux, y compris Hexana et MGH Energy, avant même leur implantation sur le territoire, ont présenté leurs compétences et leur ancrage local. Des centaines d'acteurs économiques, locaux comme régionaux, ont échangé, recruté, débattu, découvert, fait affaire et développé leurs idées avec un axe central et de convergence : "S'ouvrir pour grandir".
"Le Rhône ne nous sépare pas, il nous unit"
Là où le territoire se structure autour de projets à plusieurs millions, voire milliards, comme les EPR 2 de Tricastin, les projets SMR et MGH ou le Centre d'Énergie Atomique, les acteurs du salon POP s'attellent à "semer des graines" pour faire pousser le grand arbre de l'économie du Gard rhodanien : "On parle de mondialisation, mais on se restreint à des barrières territoriales et administratives. Le Rhône ne nous sépare pas, il nous unit. Nous parlons tous le même langage, nous ne sommes pas des concurrents, mais des partenaires", clame Vincent Champetier, président du Collectif, organisateur de l'événement.
De partenariat il a été question au stand du Collectif, où se sont retrouvés les membres du bureau du nouveau Collectif interrégional économique. Les cinq initiateurs de ce CIE veulent fluidifier les relations au sein d'un large bassin de vie englobant trois régions (Occitanie, AURA, Sud) et quatre départements (Gard, Vaucluse, Ardèche, Drôme). Le projet d'EPR2 à Tricastin cristallise les problématiques et besoins d'emplois, d'infrastructures et de mobilités pour lesquels le CIE essaiera de se mobiliser, comme pour d'autres projets (plus d'informations dans un futur article Objectif Sud).
Car bien que le salon soit celui de la Provence Occitane Proactive, les enjeux vont bien au-delà : "Il faut s'ouvrir pour montrer à l'État que les projets doivent être ici. On est prêts, la population aussi", lance Julien Feja, président de D&S et de Leader Gard rhodanien. Éric Giraudier appelle, lui aussi, deux semaines après la rentrée de la CCI, qui avait réuni 1200 entreprises, à "jouer l'ouverture" car "les chefs d'entreprise ne connaissent pas les frontières, ils les dépassent". Le président de la chambre consulaire désigne ainsi la vallée du Rhône comme un point central, reliant le Gard à l'Ardèche, la Drôme, le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône, comprenant le site atomique de Cadarache.
Pour faciliter les échanges avec le département voisin du Vaucluse, les MEDEF 30 et 84 ont d'ailleurs signé une convention à l'occasion du salon POP. Le but est de permettre aux adhérents du Collectif de pouvoir adhérer aux deux organisations patronales (plus d'informations dans un futur article Objectif Sud).
D'autant plus que Christophe Serre le rappelle, "être ouvert aux autres est naturel chez nous". Ce pourquoi le président de l'Agglo, dont la compétence première est l'attractivité économique, prône "un système qui irradie, du Gard rhodanien à la Drôme", et apporte son "soutien plein à Tricastin" et son projet d'EPR2. Il rappelle aussi à l'occasion de sa rentrée économique : "Le développement économique et le foncier vont ensemble, comme l'industrie et l'innovation, le tout est nécessaire." Il appelle de plus à "moins de frontières, moins de barrages, mais plus de solutions" : "Nous avons le territoire, l'envie, les femmes et les hommes. Nous sommes au cœur du réacteur, à nous d'accélérer."
Deux semaines après l'annonce, dans la même salle, par Carole Delga de la création d’un cluster nucléaire, destiné à donner davantage de visibilité au tissu local et à coordonner entreprises, recherche, innovation et formation, Jalil Benabdillah, vice-président à l'emploi et à l'économie à la région, imagine un bassin industriel encore plus large à travers l'Occitanie. Le Gard rhodanien, Alès, Béziers et Toulouse sont pour lui les quatre bassins majeurs de l'Occitanie, avec des "synergies majeures". L'idée sera développée lors du Salon SIANE de l'industrie mi-octobre.
Savoir d'où l'on vient
Pour autant, même s'ils voient loin, les acteurs n'oublient pas d'où ils viennent. D'autant qu'"on ne peut pas parler attractivité locale sans y participer financièrement", rappelle Vincent Champetier, fervent défenseur de la Responsabilité territoriale des entreprises. Ce dernier veut que le salon "se renouvelle sans cesse pour être à la hauteur du territoire".
En ce sens, Ludovic di Rollo, maire de Laudun-l'Ardoise, estime que "sans économie, il n'y a pas de territoire". Il a ainsi reçu Jean-Louis Chauzy, président du Conseil économique, social et environnemental régional, pour défendre le pôle d'échange multimodal et montrer les réserves foncières derrière le Forum, propriété de la région, où il espère voir des entreprises s'installer.
Le président du CESER s'est alors affiché en "militant du temps long et des territoires", d'autant plus au Gard rhodanien, puisqu'il décrit le "nouveau nucléaire" comme "l'énergie du XXIᵉ siècle" : "Le coin est éloigné de Toulouse, il se mérite, mais il vaut le coup", sourit Jean-Louis Chauzy.
Remise des Collectifs d'Or :
- Collectif d'Or du Rayonnement national : Poppies Bakeries
- Collectif d'Or de la Responsabilité Territoriale des Entreprises : Festa Box (gérante de Bagnols Plage)
- Collectif d'Or des jeunes : La Déesse
- Collectif d'Or des présidents : Christian Soulier