Un jeune, âgé de 20 ans et originaire d'Alès, a été placé en garde à vue, puis transféré à Paris la semaine dernière par une escorte pénitentiaire pour être présenté à un juge dans la capitale Française. Ce vingtenaire se serait constitué prisonnier. Il aurait expliqué aux enquêteurs avoir été payé pour agir selon ses informations de médias nationaux. Mais il affirme ne pas connaître l'identité de ceux qui lui auraient donné les instructions.
Le suspect est notamment poursuivi pour association de malfaiteurs criminelle en bande organisée, menaces de mort sur un élu et détention d'armes. La justice a finalement décidé de le placer en détention provisoire
Un maire surveillé par la Police 24/24 dans une affaire sensible
Objectif Sud avait révélé dès le mois de juillet les menaces visant Christophe Rivenq. Deux munitions de calibre 9 mm avaient été retrouvées dans la boîte aux lettres du maire d'Alès. Des inscriptions menaçantes avaient aussi été découvertes à son domicile. Quelques jours plus tard, face à de nouvelles menaces et à la crainte d'une action violente, Christophe Rivenq et son épouse avaient été mis à l'abri. Le maire avait été exfiltré de son domicile en pleine nuit par les policiers du RAID. Le parquet national anticriminalité organisée avait ensuite repris le dossier.
Une affaire de menaces sur un maire tellement sensible que des ministres ont fait le déplacement dans la capitale des Cévennes et que cette affaire visant l'édile alésien est devenu prioritaire pour les service d'enquête.
Sauf que les agents pénitentiaires, en charge du tranfert de ce suspect alésien vers Paris la semaine dernière, sont partis dans la capitale dans des conditions surprenantes pour les syndicats pénitentaires.
3 agents sans armes traversent un aéroport parisien avec le suspect
Une équipe du PREJ de Nîmes, composée de 3 agents, est engagé sur mandat d'amener devant le juge parisien. " Le profil du détenu interpelle : il est mis en cause dans une affaire très médiatisée, concernant des menaces de mort visant le maire d’Alès, dans un contexte présenté comme lié à la guerre des gangs avec la DZ Mafia. Il est également mis en cause pour des faits de transport et de détention d’armes. Une affaire suffisamment sensible pour que le détenu soit présenté à Paris dès le lendemain de la fin de sa garde à vue. Et pourtant, ce détenu est pris en charge avec un niveau d’escorte 2. Qui a évalué cette mission ? • Qui a décidé du niveau d’escorte ? • Qui a évalué la menace ? • Qui a validé les moyens engagés", s'interroge le syndicat pénitentaire des surveillants ? Le niveau d'escorte 3 ou 4 permet de transférer les détenus les plus sensibles dasn des conditions de sécurité bien supérieure pour les agents pénitentaires.
"À l’arrivée à Paris-Charles-de-Gaulle, aucune prise en charge par les forces de police n’était organisée pour réceptionner l’équipe et l’accompagner jusqu’à leurs locaux afin qu’ils puissent se réarmer. Les agents ont dû attendre environ 20 minutes, jusqu’à ce que l’intervention du commandant de bord permette qu’un policier vienne finalement les prendre en charge. Pendant cette attente, aucune organisation sécurisée n’était mise en place. Les agents ont ensuite dû parcourir plusieurs centaines de mètres à pied dans la foule de l’aéroport avec le détenu, afin de rejoindre le poste de police et enfin pouvoir se réarmer", poursuit le même syndicat SPS-CEA.
"Les PREJ ne peuvent pas être engagés sur toutes les missions, dans n’importe quelles conditions. La sécurité doit être pensée en amont, au moment de la conception de la mission, et non une fois sur place. Une mission réussie, ce n’est pas seulement un détenu présenté à destination. C’est une mission dont tous les agents rentrent chez eux".
"Nous exigeons de savoir qui a évalué le niveau de risque. • Nous exigeons de savoir qui a décidé des moyens engagés. • Nous exigeons que les enseignements d’Incarville soient réellement tirés. La sécurité des agents doit être au coeur de toute mission", complète le syndicat SPS-CEA qui veut des réponses sur les conditions de transfert du suspect alésien !