Il y avait beaucoup d’émotion ce samedi matin dans le quartier de l’Habitarelle. Près de trois ans après la disparition de Sihem Belouahmia, la commune des Salles-du-Gardon a choisi de donner son nom au City Stade du quartier où elle a grandi.
Sihem avait 18 ans lorsqu’elle a disparu dans la nuit du 25 au 26 janvier 2023. Son corps avait été retrouvé quelques jours plus tard sur la commune des Salles-du-Gardon. Un drame qui avait profondément marqué sa famille, ses amis, le quartier de l’Habitarelle et bien au-delà. Près de 3 000 personnes avaient notamment participé à ses obsèques. En mars 2026, son meurtrier a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.
« La mémoire ne doit pas être enfermée dans le silence »
Pour Rémy Clemencier, maire des Salles-du-Gardon, cette inauguration dépassait largement le cadre d'une simple réalisation municipale. « Nous sommes réunis ici dans un moment particulier, un moment qui dépasse une simple inauguration, un moment qui touche notre village dans ce qu’il a de plus profond, sa mémoire, son humanité et son cœur », a-t-il déclaré.
Le maire, qui avait également été professeur de Sihem en terminale au lycée Jean-Baptiste-Dumas, a évoqué le souvenir d’une jeune fille « souriante, discrète, bavarde » mais « respectueuse », appréciée de ses camarades. Il a insisté sur la volonté de ne pas réduire sa mémoire aux circonstances de sa disparition.
« Nous ne voulions pas seulement poser une plaque. Nous voulions créer un lieu, un lieu vivant, un lieu ouvert, un lieu rempli de rires, de jeux, de rencontres et de familles », a expliqué Rémy Clemencier.
Un choix qui prend un sens particulier dans ce quartier où Sihem avait grandi et où elle était connue des habitants. « La mémoire ne doit pas être enfermée dans le silence. Elle doit accompagner la vie », a poursuivi le maire.
Un lieu où « la vie continuera de battre »
Pour la famille de Sihem, cette journée représentait également un moment particulièrement difficile, mais important. La nièce de la famille a rappelé le caractère de la jeune femme, sa générosité, son énergie et son attachement aux autres.
« Nous ne voulons pas que son histoire soit uniquement celle d’une disparition. Nous voulons qu’elle soit aussi celle d’une jeune fille qui aimait la vie, qui aimait les autres », a-t-elle expliqué.
Le choix du City Stade a justement une valeur symbolique pour ses proches. « C’est un lieu où l’on vit, un lieu où les enfants grandissent, un lieu où les jeunes se rencontrent », a-t-elle souligné. Un espace où le nom de Sihem sera désormais associé à la jeunesse, au sport et aux moments de partage.
Sa meilleure amie a, elle aussi, livré un témoignage particulièrement émouvant. Elle a raconté les souvenirs de leur enfance dans ce même quartier, leurs discussions et les moments passés dans cet endroit devenu au fil des années un refuge et un lieu de rendez-vous.
« Elle n’est pas seulement le souvenir de 2023, elle est aussi la jeune fille qui jouait ici, une jeune fille qui riait », a-t-elle rappelé.
Un hommage tourné vers les générations futures
Patrick Malavieille, conseiller départemental, était également présent lors de la cérémonie. Il a rappelé le choc provoqué par la disparition de Sihem et salué le choix de la municipalité de donner son nom à un lieu de vie.
« Avec ce parc qui porte désormais son nom, Monsieur le maire, vous permettez que la mémoire de Sihem ne soit pas réduite à la tragédie de sa disparition », a-t-il déclaré, avant d’évoquer les valeurs de « respect, de paix, de tolérance, de bienveillance, d’amour, d’amitié et d’espérance ».
L’ancien maire Georges Brioudes a également pris la parole, rappelant les moments vécus par la famille et le quartier depuis le drame. Pour lui aussi, cette plaque doit permettre de transmettre le souvenir de Sihem aux générations futures.
Car c’est bien l’un des objectifs de cet hommage : permettre aux enfants qui viendront jouer ici dans les prochaines années de connaître le nom inscrit à l’entrée du City Stade et, un jour, d’en demander l’histoire. « Ils demanderont un jour pourquoi ce parc s’appelle Sihem Belouahmia et alors nous raconterons », avait expliqué Rémy Clemencier.