L’Unapei 30 a bien remis cinq bornes « Handi Mélo » à des établissements gardois dont le CEMA Guillaumet, un projet rendu possible grâce à la mobilisation collective.
Une borne « Handi Mélo » ? C’est un dispositif permettant de favoriser l’accès à la musique, au plaisir et au bien-être des personnes en situation de handicap.
Vous connaissez l’Unapei et ses brioches ? Vous avez participé à l’opération Brioches 2025 ? Sachez que ces bornes sont offertes aux établissements grâce aux bénéfices de l'Opération Brioches 2025, à la mobilisation des bénévoles, au soutien des partenaires et donateurs nîmois ! D’ailleurs, soyez opérationnels du 5 au 11 octobre prochains car l’édition 2026 des Brioches de l’Unapei sera un excellent cru.
Cette opération mérite la lumière et l’Unapei a décidé de mettre en avant ce qu’elle permet. Une action concrète au service du bien-être des personnes vivant avec un handicap et la force de la mobilisation collective pour faire plaisir et afficher des sourires, indispensables dans le monde actuel.
Le CEMA Guillaumet accompagne en journée 45 adultes présentant un handicap mental avec ou sans trouble associé. L’accueil est organisé en temps plein ou séquentiel en fonction des besoins et souhaits des personnes accompagnées.
Un tel centre a plusieurs objectifs. Aider la personne en situation de handicap à acquérir de l’autonomie dans son projet de vie professionnelle et sociale, dans son projet de retraite. Le CEMA désire aussi développer le sentiment d’appartenance à la société civile par des actions et activités d’utilité sociale. Ici, on développe du lien social au travers d’échanges valorisants avec de nombreux partenaires. Enfin, le CEMA propose aux personnes accueillies des expériences de vie innovantes et valorisantes.
L’Unapei 30 est une association à but non lucratif, portée par des familles, des proches et des amis, engagés pour la représentation, la défense des droits et l’accompagnement des personnes en situation de handicap intellectuel, psychique, présentant un trouble du spectre de l’autisme ou un polyhandicap.
Présente sur trois bassins de vie du département du Gard, l’Unapei 30 est un acteur majeur du secteur médico-social, reconnu pour son expertise et son engagement au service des personnes les plus vulnérables.
Fidèle à ses valeurs associatives et toujours animée par les familles, l’Unapei 30 rassemble plus de 600 professionnels. Elle gère 28 établissements et services médico-sociaux qui accompagnent chaque année près de 1 000 enfants, adolescents et adultes. À travers une offre diversifiée d’accueil, de soins, d’éducation, d’accompagnement vers l’autonomie et d’insertion professionnelle, l’association œuvre chaque jour pour favoriser l’inclusion et la pleine citoyenneté des personnes vivant avec un handicap.
Retour sur l’histoire…
En 2003, c’est devant les infos télévisées, lors d’un reportage dans une maison de retraite, que Marc Boudot imagine la borne Mélo. Il y voit une vieille dame engoncée dans un fauteuil, le regard complètement vide. Puis derrière la voix du journaliste, une musique d’époque retentit et en une seconde, la vieille dame se redresse, son visage s’illumine, elle rayonne.
En 2005, aidé par quatre étudiants de l’université de Bourgogne, une étude est réalisée. La musique est l’activité préférée des résidents. De cette étude a été tirée le concept de borne Mélo.
Hélas, la borne n’était pas adaptée à ce public car pour programmer une chanson, il faut savoir lire. Or, à 80 %, ce public n’est pas lecteur. Il fallait donc inventer autre chose. On a vite remarqué que ces non-lecteurs avaient une bonne mémoire visuelle. Ils reconnaissent le visage des chanteurs et chanteuses qu’ils aiment.
L’idée fut alors de dessiner un pictogramme par chanson. Ainsi, plus de 2 000 pictogrammes titres de chanson ont été créés.
L’idée fut testée auprès de trois établissements (IME), avec succès ! Pour une majorité des personnes, c’était la première fois qu’elles accédaient seules à un titre de chanson. Sur l’écran tactile ou avec les gros boutons, elles cliquent sur le visage de l’artiste (Francis Cabrel), puis sur le pictogramme de la chanson de leur choix (je l’aime à mourir). C’est magique pour chacune de ces personnes, voire euphorisant pour les plus « accros » à la musique.
La borne Handi-Mélo est alors industrialisée en 2016 dans les locaux de l’entreprise, puis sont créés, avec l’aide d’éducateurs, des centaines de contenus d’animation et de communication alternative.
Pour les créateurs des bornes, « Nous l’avons vérifié au cours de nos tests en établissement, si la majorité des résidents n’ont pas accès à la lecture des mots, ils ont en revanche une mémoire photographique qui fonctionne bien. Ils ne peuvent pas lire Francis Cabrel, en revanche, ils peuvent mémoriser les images associées à ce chanteur. Ainsi notre idée a été de créer un pictogramme pour chaque chanson dans l’esprit de la Communication Alternative Améliorée (CAA). Puis, nous avons testé… ça marche ! »
La borne Handi Mélo propose deux façons de choisir sa musique selon les capacités et préférences de chaque utilisateur.
La borne propose jusqu’à 3 000 musiques que l’on a sélectionnées en effectuant un sondage dans les structures d’accueil sur des publics de 18 ans et plus. « Nous nous sommes aussi appuyés sur les statistiques des musiques les plus écoutées sur les plateformes de streaming. Ainsi vos résidents pourront écouter Michael Jackson ou Georges Brassens, Keen’V ou Edith Piaf. »
D’un point de vue hormonal, il est démontré que la musique provoque la sécrétion d’endorphine, dite « hormone du bonheur » car elle procure un état de bien-être. De nombreuses études ont montré qu’elle atténue la douleur et permet de combattre la dépression.