Publié il y a 42 min - Mise à jour le 28.09.2026 - François Desmeures - 4 min  - vu 23 fois

ALÈS Perte de pouvoir d'achat et sous-effectifs : la fonction publique bat le pavé ce mardi

FO, CGT et FSU lors de la conférence de presse 

- François Desmeures

Une manifestation intersyndicale traversera Alès à partir de 10h30, ce mardi. Le niveau des salaires dans la fonction publique cristallise la colère des agents, alors que le point d'indice est gelé "depuis des années". Les syndicats souhaitent profiter de la journée pour rappeler le rôle de services publics qui "se dégradent". 

Qu'ils représentent la fonction publique hospitalière, celle de l'Éducation nationale ou les agents territoriaux, CGT, FO, FSU, Solidaires et CFDT appellent à manifester ce mardi matin, à 10h30, au départ de la sous-préfecture. Pour exprimer leur "colère, explique Martine Sagit, secrétaire de l'union locale CGT. Nos salaires ne correspondent plus à la vie courante. Dans la fonction publique territoriale, le point d'indice est gelé depuis des années. Et le service public se dégrade." Par la voix de Myriam Vermale, la FSU réclame 15 points d'indice en urgence, "avec une première revalorisation de 10% accompagné d'un plan pluriannuel". 

Au passage, Martine Sagit souligne que ce sont "à 63% des femmes qui font fonctionner les services publics". De quoi remettre sur la table l'égalité salariale hommes femmes, pour laquelle "il suffit d'appliquer les lois, on ne devrait même pas en parler, se désole Martine Sagit. On demande aussi la retraite à 60 ans, la reconnaissance de la pénibilité, une refonte des grilles indiciaires."

"On ne veut pas de primes mais on demande du salaire"

"On ne veut pas de primes mais on demande du salaire", souligne aussi Martine Sagit alors que celles-ci représentent une part importante du revenu des certaines catégories de fonctionnaires. La secrétaire de l'union locale CGT souligne que les salaires donnent lieu à versement de cotisations sociales, "qui sont un salaire reporté". Pour elle, "ce sont les exonérations de cotisations patronales qui nous coûtent". Quand la FSU rappelle que "pour les catégories C", la rémunération s'établit désormais "en dessous du SMIC". 

"On a aussi des travailleurs précaires dans l'éducation, souligne Myriam Vermale, elle-même professeure des écoles : les AED (assistant d'éducation) ou les AESH (accompagnant d'élève en situation de handicap), ce sont des temps partiels imposés." La FSU réclame d'ailleurs un statut de catégorie B pour les AESH, où on trouve très majoritairement des femmes avec un contrat de 24 heures maximum par semaine. "Depuis 2010, souligne Myriam Vermale, les prix ont augmenté deux fois plus vite que les salaires." 

"Quand l'été est arrivé, les pompiers étaient déjà en surchauffe"

Responsable de la section locale de FO, Robert Guillereau revient sur les étés "de plus en plus secs" et sur le rôle des pompiers dans le dispositif de lutte. "Depuis dix ans, il n'y a pas eu de commande de Canadair. Alors que la France produit un Rafale tous les dix jours. Quand l'été est arrivé, les pompiers étaient déjà en surchauffe."

"À l'école, poursuit le représentant FO, au lieu de faire baisser les effectifs, on ferme des postes. Aux impôts, le nombre d'agents baisse depuis une quarantaine d'années et on voit des files de 60 mètres à l'extérieur des bâtiments au moment de la déclaration." Enfin, à l'hôpital, "la baisse des moyens continue (...) L'hôpital devient une clinique privée et doit faire du soin à la chaîne. Les politique négligent le côté social, on est dans une logique comptable." 

"La réalité de terrain est devenue insupportable"

Secrétaire FO à l'hôpital d'Alès, Tania Pasquelin s'inquiète en premier lieu pour les EHPAD qui dépendent de l'hôpital d'Alès (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes), "qui ne sont même pas dans la logique budgétaire. Il n'y a plus de moyens, on manque de personnel, et le peu qu'il y a, ce sont des contractuels. La réalité de terrain est devenue insupportable. La durée moyenne d'une toilette est de douze minutes, on n'a plus le temps de parler, de rassurer. Et on est sur un bassin de vie où il y a beaucoup de personnes âgées !"

"Pour essayer de calmer cette colère, le Gouvernement agite le déficit et la dette, reprend Alain Martin pour la CGT. Mais la hausse de salaire de fonctionnaires ne part pas dans les paradis fiscaux ! Le déficit, ce sont eux qui le creusent." L'intersyndicale s'inquiète aussi de l'éventuelle fermeture de "441 bureaux de Poste". "Quelle industrie va venir s'installer dans un lieu où il n'y a pas de Poste, pas de gare ?"

"Si on analyse les recettes perdues, les cadeaux fiscaux ont coûté bien plus cher que l'exil fiscal", renchérit Myriam Vermale qui constate que "le réarmement démographique ne fonctionne pas, les jeunes couples sont découragés". Pour elle, toutes les écoles d'Alès seront fermées ce mardi, en dehors du service minimum organisé par la mairie.

"À l'hôpital, reprend Romain Pialat, secrétaire-adjoint de FO, on demande que la direction nous donne les effectifs minimums en jours de grève. Et on ne les a pas. On est, donc, tous les jours, au minimum..." Le syndicat dénonce aussi la fermeture du centre médico-psychologique de La Grand' Combe dans l'été, "avec 300 patients désormais dans la nature". 

Ce mardi, les syndicats seront reçus à 8h30 par la nouvelle sous-préfète d'Alès, Lucie Roesch. Avant de défiler en ville, dans une année qui connaîtra l'élection présidentielle. "Quoi qu'il se passe, avance l'intersyndicale, en évoquant une victoire de Marine Le Pen à demi-mots, il faudra qu'il y ait une mobilisation. Les avancées de 1936, c'est la grève qui les a permises. Il faudra que les citoyens se mobilisent, quoi qu'il se passe."

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