Publié il y a 10 h - Mise à jour le 05.10.2026 - Abdel Samari - 2 min  - vu 404 fois

ÉDITORIAL La santé mentale, l’autre urgence

Amal Couvreur

Amal Couvreur, la Première adjointe du maire de Nîmes

- Noémie Meger

La Ville de Nîmes lance cette semaine son Conseil local de santé mentale sous l'impulsion d'Amal Couvreur. Une promesse de campagne de la nouvelle majorité qui veut faire de cette question une priorité. L’initiative mérite d’être saluée.

On parle beaucoup de pouvoir d’achat, de sécurité, de logement, d’éducation ou encore d’accès aux soins. Beaucoup moins de santé mentale. Comme si cette souffrance-là devait encore rester cachée. Comme si dire que l’on va mal était encore une faiblesse. Pourtant, la souffrance psychique est partout. Dans les familles, les entreprises, les collèges, les lycées, les universités. Chez les jeunes comme chez les moins jeunes. Et avec souvent la même difficulté pour les proches : que faire ? À qui parler ? Vers qui se tourner ? La nouvelle municipalité nîmoise a décidé de s’emparer du sujet. C’était une promesse de campagne. C’est aussi une thématique qui tient particulièrement à cœur à la première adjointe Amal Couvreur, qui en a fait un combat depuis plusieurs années. Notamment lorsqu’il s’agit de la jeunesse, de ses difficultés, de son mal-être et parfois de son sentiment de ne plus avoir beaucoup de perspectives. Cette semaine, la Ville va donc lancer son Conseil local de santé mentale. L’objectif est de mettre autour de la même table les différents acteurs, de mieux coordonner les réponses et surtout d’essayer de mieux accompagner ceux qui souffrent. C'est la mission du docteur Olivier Bénézet avec sa délégation spécifique à la santé mentale et à la lutte contre les addictions. Nîmes ne va évidemment pas révolutionner la psychiatrie française. Personne ne le prétend. Mais la Ville peut au moins essayer de mettre de l’énergie sur ce sujet. Créer des passerelles. Faire travailler ensemble ceux qui, parfois, travaillent encore trop séparément. Et surtout permettre aux personnes en souffrance de trouver plus rapidement la bonne porte. C’est déjà beaucoup. Mais cela ne suffira pas. Depuis trop longtemps, la psychiatrie est le parent pauvre de notre système de santé. Alors même que le mal-être semble gagner du terrain dans notre société. Il faut aussi réussir à briser les tabous. Nicolas Demorand l’a fait avec beaucoup de courage. Le journaliste de France Inter a décidé de raconter sa bipolarité dans son livre Intérieur nuit. La maladie, le diagnostic, les traitements, les périodes difficiles. Mais surtout cette vie que l’on continue à mener en essayant longtemps de ne rien montrer. Son témoignage a eu un écho considérable. Probablement parce qu’il rappelle une évidence que l’on oublie encore trop souvent : la maladie psychique ne choisit pas ses victimes. Elle peut toucher tout le monde. Petits et grands. Riches ou pauvres. Connus ou anonymes. Il faut certainement beaucoup de courage pour raconter publiquement une telle intimité. Mais il en faut parfois tout autant pour pousser seul la porte d’un médecin. Alors oui, que Nîmes décide de faire de la santé mentale une priorité est une bonne chose. Il faudra maintenant regarder les moyens qui seront réellement engagés. Mais déjà : si cette initiative permet à des Nîmois de parler, d’être écoutés et surtout d’être accompagnés, elle aura été utile. Parce qu’au fond, la santé mentale n’est pas une santé à part. C’est tout simplement notre santé.

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