« Leur communiqué est surréaliste, quelle tristesse de les voir perdre pied ! », lance un militant de Place publique. Ce lundi, à l’issue d’une réunion de majorité au Conseil départemental, le groupe communiste s’est fendu d’un communiqué pas piqué des vers. Pour rappel, malgré leurs efforts, leur camarade et numéro 2 de la liste du socialiste Denis Bouad, Cathy Chaulet, n’a pas réussi à devenir sénatrice, le 27 septembre. Dans leur communiqué, les communistes accusent sans détour la liste de Carole Bergeri, « soutenue par des collègues du groupe socialiste dont leur président », d’avoir « abîmé » et « freiné » une dynamique qui aurait « pu grandement élargir [notre] socle électoral. »
« Un tel niveau d’irresponsabilité »
Il y a dix jours, la liste conduite par Denis Bouad a réalisé 596 voix, contre 176 pour Carole Bergeri, conseillère départementale du canton de Pont-Saint-Esprit. Le scrutin a également été marqué par l’élection d’une sénatrice RN, Sylvie Josserand, qui a récolté 493 voix. Ancienne numéro 2 de Denis Bouad en 2020, Carole Bergeri n’a pas été reconduite par ce dernier en raison de la victoire de la gauche et notamment, de l’avènement du maire communiste, Vincent Bouget, à la tête de Nîmes. « Alors que d’autres échéances électorales nous attendent, nous sommes consternés devant un tel niveau d’irresponsabilité. » Des propos d’autant plus forts que la présidente du Département, Françoise Laurent Perrigot, n’a, elle-même, jamais tenu ce discours.
Ce règlement de comptes n’est toutefois pas le premier… Comme révélé dans nos indiscrétions, dimanche dernier, le soir du vote, Fabrice Verdier, numéro 3 de la liste de Denis Bouad, et Christophe Serre, président du groupe PS au Département et soutien de Carole Bergeri, n’ont pas fait semblant. « En politique, on n’encourage jamais des aventures personnelles », a lancé le premier. Réponse du second : « Ce n’est pas Carole Bergeri qui fait perdre notre camp, c’est Denis Bouad tout seul. »
« Pendant que l’on règle nos comptes, le RN fait de la politique »
Face à cette situation, une militante PS se désespère : « Cette démarche est inacceptable… Les communistes s’en prennent au président du groupe PS au Département, j’espère que la présidente réagira ! » Et de pointer : « Prenez un tableau Excel: même unie, la gauche n’aurait pas pu faire deux sénateurs. Quand les communistes sont embêtés, ils rejettent la faute sur les autres ! Pendant que l’on règle nos comptes, le RN, lui, travaille, il fait de la politique. Si ça continue, on prendra une dérouillée aux départementales. » Une élection à laquelle pensent aussi les communistes, appelant à l'union : « Nous continuerons à défendre toutes les forces de gauche. » Même sur le canton de Pont-Saint-Esprit ?