Au Sénat, le Rassemblement national et ses alliés de l’UDR auront un groupe. Tel est le principal enseignement des sénatoriales 2026, organisées ce dimanche. Leur victoire passe par le Gard avec l’élection de Sylvie Josserand. La députée RN de la 6ᵉ circonscription arrive certes en troisième position, mais avec 25 % (493 voix). Mais c’est suffisant pour obtenir l’un des trois postes de sénateur du Gard. Une victoire historique. « À la veille d’une élection présidentielle cruciale, le Gard a à nouveau choisi de prendre toute sa part dans la marche de l’histoire », a réagi la députée, désormais sénatrice, Sylvie Josserand. L’extrême droite fait plus du double de son score de 2020 : Julien Sanchez avait recueilli 10 % des suffrages (203 voix).
Élection « historique » d’un sénateur RN
Ce score est d’abord une traduction des élections municipales, puisque les votants sont essentiellement des élus municipaux. En mars dernier, le RN et ses alliés l’ont emporté à Bagnols, Vauvert et Saint-Hilaire-de-Brethmas. Si, à Nîmes ou à Alès, l’extrême droite a été battue, elle est toutefois devenue la première force d’opposition. Mais ce n’est pas tout. Sylvie Josserand a aussi bénéficié du renouvellement du corps électoral. Aux dernières municipales, 150 mairies, sur les 350 que compte le Gard, ont été renouvelées. Des élus qui, comme une part non négligeable d’électeurs gardois, votent RN. D’ailleurs, Sylvie Josserand ne s’y est pas trompée. Dans ses « remerciements », elle a cité « ceux qui, dans la discrétion mais avec conviction, ont soutenu ma candidature. » Ces « RN cachés » comme certains élus les appellent, qui avaient déjà œuvré lors de l’élection à la présidence de Nîmes Métropole, où le candidat RN Julien Sanchez avait doublé ses voix.
Laurent Burgoa : « La ruralité m’a fait gagner »
Arrivé en tête avec 31,08 % des suffrages (601 voix), la victoire du LR Laurent Burgoa est en demi-teinte. Après la défaite de la droite aux municipales, le sortant ne perd que 71 voix par rapport à 2020. Toutefois, ce dimanche soir, la droite perd un poste de sénateur dans le Gard. Un siège conquis en 2014 par Jean-Paul Fournier, alors maire de Nîmes, en binôme avec Vivette Lopez. « Je suis en tête de cinq voix face à la gauche qui a gagné Nîmes aux municipales. C’est la ruralité qui me met en tête et ça, c’est un message fort. C’est ce travail de terrain qui est récompensé », commente Laurent Burgoa, qui a visité à plusieurs reprises l’ensemble des communes du département.
Le nouveau secrétaire départemental des Républicains passe un autre message : « On a tiré les conséquences des élections municipales ! La droite résiste parce que nous avons été unis avec le centre ! Je vais préparer avec mes collègues les élections départementales et municipales : en 2033, on prendra Nîmes ! », lance Laurent Burgoa aux côtés de son vieux compagnon centriste et président de l’UDI, Thierry Procida.
La gauche ne profite pas de sa victoire à Nîmes
Enfin, à gauche, le sénateur Denis Bouad arrive deuxième avec 30,82 % des suffrages (596 voix), soit 67 voix de moins qu’en 2020. Le sortant, allié avec les communistes, ne profite pas de la victoire de la gauche à Nîmes. « En mars, la gauche et la droite ont perdu les municipales, c’est le RN qui a gagné ! La victoire à Nîmes, c’est l’arbre qui cache la forêt », commente Denis Bouad. Les divisions de la gauche ont-elles entaché sa dynamique ? Son ex-numéro 2, Carole Bergeri, récolte 9 % (176 voix), tandis que La France insoumise obtient 3,5 % (68 voix). « Pour faire une union, faut-il encore que tout le monde soit d’accord… Carole Bergeri, c’était une aventure sans lendemain. La division de la gauche nous met encore une fois en difficulté », répond-il.
Cap sur les législatives
À un an de la présidentielle, le sénateur socialiste met le cap sur les prochaines législatives : « Le score du RN est énorme (...) Nous avons six députés RN dans ce département. Je vais faire en sorte que l’on ait un front de gauche, en mettant partout, dans chaque circonscription, le bon candidat au bon endroit pour faire échec au RN », ouvre Denis Bouad. Reste à savoir si la gauche sera, cette fois, capable de faire fi de ses rancœurs et vieilles querelles.