Publié il y a 1 h - Mise à jour le 22.09.2026 - Coralie Mollaret - 3 min  - vu 137 fois

PRÉSIDENTIELLE Les « 1000 Bistrots de Gabriel Attal » : une cinquantaine de personnes à La Grande Bourse

Lundi soir à La Grande Bourse en présence de l’ancienne ministre de l’Éducation nationale, Anne Genetet sous le gouvernement Barnier

Lundi soir à La Grande Bourse en présence de l’ancienne ministre de l’Éducation nationale, Anne Genetet sous le gouvernement Barnier

- Coralie Mollaret

L’opération « 1 000 bistrots » du candidat à l’élection présidentielle Gabriel Attal passe par Nîmes. Lundi soir, une cinquantaine de personnes ont échangé sur le thème de l’éducation, en présence de l’ancienne ministre Anne Genetet.

« L’affiche de l’événement laissait à penser que Gabriel Attal serait là… On espère l’accueillir très bientôt », introduit Valérie Rouverand, présidente de Renaissance dans le Gard. Ce lundi soir, le parti organisait, à La Grande Bourse, l’un des « 1 000 Bistrots » imaginés par le candidat à la présidentielle, Gabriel Attal. Aujourd’hui, l’ex-Premier ministre est crédité de 8 % d’intentions de vote*, loin derrière son concurrent Édouard Philippe, avec 15 %. Fidèle « Attaliste », Valérie Rouverand a placé ce « Bistrot » sous le thème de l’éducation. Une délégation dont elle avait la charge au conseil municipal de Nîmes, de 2014 à 2017. Si Gabriel Attal n’est pas présent, Anne Genetet, elle, a fait le déplacement. « Marcheuse » de la première heure, cette médecin de formation est devenue députée de la 11e circonscription des Français établis hors de France. Éphémère ministre de l’Éducation nationale sous le gouvernement Barnier, de septembre à décembre 2024, elle est aussi secrétaire nationale chez Renaissance, en charge de cette thématique.

Décrochage scolaire : « un coût de 25 milliards d’euros par an »

Dans son discours, Anne Genetet revient sur les résultats PISA (Programme international pour le suivi des acquis), publiés début septembre : « Ces résultats sont ceux des enfants de 15 ans. Ils sont nés en 2010. Aucun d’entre eux n’a bénéficié du dédoublement des classes, ni du plan mathématique. » Et de nuancer ce classement : « Si on ne tient compte que des résultats des élèves français, en général ou technologique, ils sont au niveau des meilleurs du classement. » L’ex-ministre complète : « La France a fait tester ses élèves de sixième. Dans nos évaluations nationales, nous voyons poindre un frémissement, avec une progression nette des compétences en lecture. » Pour Anne Genetet, l’échec de l’Éducation nationale est le décrochage scolaire : « Ce sont 80 000 élèves par an qui décrochent. Sans diplôme, sans formation, sans compétence… C’est un coup pour leur estime de soi, mais aussi un coût pour la société, chiffré à 25 milliards d’euros par an. Or aujourd’hui, un euro que l’on met sur un jeune enfant de moins de 6 ans, c’est un adulte qui rapportera 9 € à la société. C’est horrible de parler comme ça… Mais c’est l’illustration que l’école est un investissement et non, un coût. »

La lutte contre le décrochage « se fait très jeune » : « Un enseignant de petite section peut déjà savoir quels élèves seront en décrochage scolaire… Quand un élève de petite section a 300 ou 400 mots de vocabulaire, l’école n’y pourra rien. Ça sera très compliqué à rattraper. » Anne Genetet pointe aussi la méthode utilisée, notamment pour la lecture : « Aujourd’hui, 27 % de nos enseignants ne croient pas aux données de la science de l’éducation. Par exemple, on sait aujourd’hui que la méthode de lecture syllabique, portée par Jean-Michel Blanquer, est plus efficace. » Et de poursuivre sa démonstration : « Il y a une forte résistance des enseignants, parfois poussée par les éditeurs… Et puis, il y a aussi le coût des manuels scolaires pour la commune… » Égrainant quelques mesures, l’ancienne ministre appelle à la création de « jardins d’enfants dans des écoles maternelles, un lieu unique pour faire le lien entre les familles, l’Éducation nationale… On sauverait un certain nombre de nos enfants et éviterions ce déterminisme effroyable. »

Comment augmenter les profs ?

Enfin, sur la question du salaire des professeurs, « il faut réfléchir à des augmentations plus ciblées selon les profils. Augmenter tous les professeurs de 20 %, cela représente un coût de 13 milliards d’euros. » Une idée, au passage, proposée par Édouard Philippe. « Le problème chez les enseignants, c’est surtout l’évolution du salaire au cours de leur carrière. » Et de rappeler la proposition de Gabriel Attal : une revalorisation de 200 euros nets par mois en début de carrière, pouvant aller jusqu’à 500 euros nets pour les milieux de carrière.

*Sondage réalisé par OpinionWay pour « Les Echos » et Radio Classique. 

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