Dans une cérémonie très codifiée, la nouvelle sous-préfète du Vigan a entamé son intronisation officielle par le traditionnel dépôt de gerbe au monument aux morts de la ville, ce lundi soir, en présence d'un représentant de chaque assemblée : maire, conseiller départemental, conseiller régional, mais sans député ou sénateur. Les différents corps de l'État et de nombreux maires de l'arrondissement étaient également présents. Elle est ensuite rapidement repartie vers la sous-préfecture où, dans les jardins, une réception attendait tout ce beau monde.
Entretemps, Christine Portero Espert a bien voulu se livrer à une rapide conférence de presse, alors qu'elle vient à peine de prendre en main les dossiers de l'arrondissement viganais. "Âgée de 53 ans, mariée, mère de deux grands enfants de 24 et 26 ans, a-t-elle entamé, j'ai effectué l'essentiel de ma carrière au ministère de la Santé". La nouvelle sous-préfète du Vigan a ensuite suivi des études de science, "une maîtrise scientifique à l'université de Montpellier". Avant d'être tentée par le concours de technicien sanitaire, et de "gravir les échelons" durant une trentaine d'années, à la DDASS (direction départementale des affaires sanitaires et sociales, supprimée en 2010) puis dans les ARS (agence régionale de santé).
Christine Portero Espert s'est notamment intéressée aux "inégalités sociales de santé". Un sujet qui concerne l'arrondissement, alors que la nouvelle polyclinique de Ganges, en cours de construction, pourrait bien abriter une maternité vide de service. Un dossier que Christine Portero Espert a reconnu ne pas connaître pour l'instant, tout en s'affirmant sensible au thème de l'accès aux soins.
Née à Nancy, Christine Portero Espert a "rejoint l'Hérault très tôt". Avant de "développer une bonne partie de ma carrière du côté de Sète (...) Le Vigan faisait partie de mes vœux. J'aime réellement ce territoire", que la sous-préfète a pu découvrir à travers la randonnée ou d'autres activités de pleine nature. Comme elle l'a ensuite repris dans son discours d'intronisation, c'est même sur les chemins de Prat-Peyrot qu'elle s'est essayée, jeune, pour la première fois au ski de fond. Les Cévennes, elle les ressent comme un territoire "au caractère et à l'histoire marqués, et très marquants".
Si elle se laisse le temps de "comprendre le territoire dans lequel je suis", Christine Portero Espert a déjà une idée claire des sujets qui risquent d'occuper son emploi du temps dans les mois à venir : "Le changement climatique, les risques naturels, les défis qui concernent la ruralité d'aujourd'hui... C'est un département avec beaucoup d'enjeux." Invitée à rentrer dans le détail, Christine Portero Espert énumère les sujets déjà évoqués "avec la préfète ce matin : la sécurisation de l'accès à l'eau, l'abattoir, le risque incendie..."
Concernant, justement, la politique de l'eau, "j'ai dû apprendre dans un contexte de très forte pression dans les Pyrénées-Orientales", rappelle Christine Portero Espert, devenue la Madame Eau du département à partir de 2024, sur nomination du ministre de la Transition écologique. Elle souligne d'ailleurs avoir réussi "la première mise en service d'une unité de réutilisation des eaux traitées" pour l'irrigation, en débloquant une enquête publique en suspens "depuis 14 ans". Une pugnacité qui pourrait séduire les producteurs d'oignons doux concernant leur dossier des retenues collinaires...
L'agence régionale de santé, c'était aussi un service qu'avait connu Anne Levasseur, qui a précédé Christine Portero Espert à la sous-préfecture. "On s'est croisées", sourit la nouvelle sous-préfète, qui pense avoir une formation "plus technique qu'Anne Levasseur", et un parcours plus sanitaire et moins social qu'elle.
Dans la méthode énoncée, le caractère des deux sous-préfètes pourrait néanmoins se ressembler. "Une méthode directe, simple, présente Christine Portero Espert, mais il faut que ce soit efficace. Avec le souci permanent d'une réponse à apporter." La nouvelle sous-préfète conçoit sa fonction "dans la proximité, le lien direct avec les élus, dans la recherche permanente de l'efficacité". Avec la volonté "d'améliorer la vie des gens sur le territoire".
En cette première semaine, Christine Portero Espert illustrera la proximité en se rendant auprès des communes touchées récemment par les inondations, en premier lieu Saint-Hippolyte-du-Fort. "Pour les comprendre, il faut aller rencontrer les gens. J'ai d'ailleurs demandé à rencontrer la plus petite commune de mon arrondissement." En l'occurrence, Causse-Bégon. La nouvelle sous-préfète dit s'être aussi aperçue, dans les quelques jours déjà passés au Vigan, de "l'enjeu de réduction des inégalités sociales".
Enfin, alors qu'elle s'est elle-même essayée à la politique, en étant candidate en 2017 pour le Modem dans les Pyrénées-Orientales, et en ne s'étant inclinée que de 452 voix face au RN Louis Aliot (qui n'était pas encore maire de Perpignan), Christine Portero Espert a tranché : "Cette expérience est terminée. L'exigence incontournable de ma fonction est le devoir de neutralité. C'est cette exigence qui fait que je n'ai aucun problème à m'entretenir avec qui que ce soit, quelle que soit sa couleur politique".