Flanqué de nombreux maires venus accompagner leur président du Pays viganais dans ce jour de fête pour le village dont il est maire, Régis Bayle était dans ses petits souliers ce samedi matin, pour l'aboutissement d'un projet décidé sous son mandat précédent : la rénovation de la place centrale du village et des rues alentour. Et la réception de la nouvelle préfète du Gard, Fabienne Decottignies, une première pour le village.
L'État était présent en nombre, avec une délégation du 503ᵉ Régiment du Train stationné à l'ancienne base aéronavale de Saint-Gilles, et du général Stève Carleton, délégué militaire départemental du Gard et commandant de la 6ᵉ Brigade légère blindée basée à Nîmes. Avec les porte-drapeaux et les représentants des anciens combattants, la présence des militaires se justifiait par l'inauguration du nouveau monument aux morts du village, la rénovation du centre du village ayant nécessité son déplacement.
Régis Bayle a voulu voir, dans la présence de la préfète du Gard sur ses terres, "l'intérêt que vous porterez à la ruralité profonde", au cours des trois années de fonction que Fabienne Decottignies devrait connaître dans le Gard. Le maire a également salué la délégation militaire. "Votre présence est un honneur. Pour les vivants que nous sommes et pour les morts qui, depuis la Révolution française, ont eu à porter les armes de la France."
"La municipalité a souhaité que la rénovation soit une requalification"
Car le maire d'Arrigas a tenu à souligner une particularité du monument aux morts, "un des seuls en France à rendre hommage à tous les soldats citoyens, de l'An II à ceux tombés en Algérie". Il a aussi remercié l'aide de la FNACA (fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie) et du Lions club pour le financement du nouveau monument. Autre équipement déplacé, "la fontaine publique, qui n'avait pas résisté à l'épreuve du temps".
Comme dans tout chantier de cette envergure, refaire les rues permet de changer les réseaux. Ce qui propulse la rénovation au rang de "chantier du siècle pour le village", a plaisanté Régis Bayle. Le réseau d'eau potable, dans la traversée du centre, était "le plus ancien du village, des années 63-64, et de nombreuses fuites devaient régulièrement y être réparées". Les 1,69 km repris ont été financés à 80 % par l'Agence de l'eau et le Département. Mais les travaux ont aussi produit un avenant de 53 000 €. Les entreprises en ont aussi profité pour refaire 80 mètres de réseau d'assainissement.
C'est en 2023 que la commune a décidé la réfection du centre. "La municipalité a souhaité que la rénovation soit une requalification." Et le choix est, aujourd'hui, difficilement contestable au vu du résultat. Le chantier a fait la part belle aux "matériaux nobles et locaux, comme les pavés en pierre de la carrière de Montdardier", a expliqué Régis Bayle.
État, Région et Département ont financé les travaux à 67 %. Mais ici aussi, entre imprévus du chantier et conditions climatiques compliquées (pluies diluviennes en hiver, canicules au printemps et été), l'avenant a été de 157 000 € hors taxe. De 786 000 €, le montant final atteint 944 000 € HT. "Nous attendons une rallonge de subvention du Département. Si l'État est prêt à nous verser une troisième tranche...", a plaisanté le maire d'Arrigas, en se tournant vers la préfète du Gard. Au final, la note du chantier s'élève à 1,6 M€ HT. Malgré des subventions proches d'1,1 M€, la commune a donc contracté un emprunt de 300 000 € sur 20 ans.
"Maintenant, il faut que cet espace vive, a conclu Régis Bayle, parce qu'il a été conçu comme une agora pour que la population se retrouve et fasse aussi la fête ici, pour que les enfants puissent y jouer et que les anciens prennent le soleil. Que la communauté villageoise puisse s'y retrouver dans les joies et dans les peines." Pour le village, d'une certaine façon, les matchs de l'équipe de France lors de la Coupe du monde de football ont déjà fait office d'inauguration populaire.
Dans son rapide discours, la préfète du Gard, Fabienne Decottignies, a salué les travaux réalisés, qui sont "rarement populaires". Et le fait que "dans nos territoires, un tel projet doit répondre à plusieurs défis", ceux-là mêmes que Régis Bayle avait exposés précédemment. Mais à la vue du nombre de villageois venus participer à l'inauguration matinale, ces défis relevés semblent satisfaire les habitants.