Sous le précédent mandat du Républicain Franck Proust, l’égalité entre les femmes et les hommes a été une préoccupation de la gauche. En 2024, alors dans l’opposition, l’élue nîmoise Jo Menut est montée au créneau : « Les déséquilibres restent profonds (…) L’égalité femme-homme ne doit pas se limiter à des chiffres. C’est un combat quotidien qui exige des volontés politiques fortes. » Ce mardi, en conseil communautaire, l’exécutif a présenté le rapport sur l’égalité 2025. La dernière année du mandat de la droite. D’ailleurs, le président communiste Vincent Bouget le souligne : « Les données du rapport montrent une évolution sur plusieurs indicateurs, mais le chemin à parcourir reste encore long et requiert notre vigilance permanente. »
Trois vice-présidentes femmes
En un an, la situation a-t-elle changé ? D’un point de vue purement politique, le nombre d’élues femmes au sein de l’hémicycle est identique : 39 et 65 hommes. Ce chiffre s’explique notamment par le profil des maires : seulement cinq femmes (contre quatre sur la période 2020-2026) sur les 39 communes de l’Agglo. Les lois sur la parité ont permis des avancées dans la représentativité des femmes en politique. Mais le chemin vers une véritable égalité est encore long. Concernant les vice-présidentes, Jo Menut avait, à l’époque, également fait remarquer : « Il y a uniquement deux vice-présidentes femmes dans cette assemblée. » Aujourd’hui, elles ne sont que trois sur quinze. Une progression très limitée donc, en raison du profil des maires.
Une femme patronne de l’administration
Concernant les agents, la situation n’a pas vraiment changé. « Ce rapport fait apparaître des avancées réelles et des écarts qui persistent », commente Gilles Gadille, vice-président chargé du personnel. Chez les fonctionnaires, la parité est réelle : 174 femmes et 177 hommes. Sauf que : « les femmes sont toujours surreprésentées dans la filière administrative (132 contre 33 hommes). Elle le sont beaucoup moins dans la filière technique (43 femmes et 141 hommes). » Aux fonctions de direction, les hommes restent plus nombreux, soit 60 %. Toutefois, Vincent Bouget vient de choisir Christelle Papaïs au poste de directrice générale des services. Une première dans l'histoire de l'Agglo. Ex-directrice générale adjointe des Ressources internes au Conseil départemental, elle aspirait à « abolir les discriminations, en faisant disparaître les métiers genrés afin que tout le monde puisse trouver sa place. »
Temps partiel et rémunération
Concernant le temps de travail, les agents à temps partiel sont principalement des femmes : 82 %. « À noter toutefois que la part de temps partiel à l’Agglo concerne seulement 8 % des agents contre une moyenne des salariés en France à 17,6 % », poursuit le vice-président. Sur la question de la rémunération, « principal point de vigilance », « le salaire net fiscal moyen s’élève à 2 668 €. Les femmes perçoivent en moyenne 9 % de moins que les hommes. L’écart reste significatif même s’il diminue d’un point et demi par rapport à 2024. » À la lecture du rapport, qui n’appelait pas au vote, aucun élu n’a pris la parole. Vincent Bouget a simplement conclu en disant : « Nous veillerons à ce que les progrès soient réalisés. » Rendez-vous donc l’an prochain.