C’est un équipement qui avait besoin d’un nouveau souffle. Il y a sept ans, le bail emphytéotique de la DGAC (Direction générale de l'Aviation civile) de l’aérodrome de Courbessac est arrivé à terme. La ville de Nîmes décide alors d’en confier la gestion à la SPL Agate (Société publique locale) sous la forme d’un concession de service public. Sa durée : 15 ans. Le plan de vol est simple : moderniser l’équipement. Un défi à la hauteur de l’histoire du site : « Nîmes-Courbessac a quasiment vu naître l’aviation puisqu’il a été créé en 1909 alors que le premier vol motorisé date de 1897 par Clément Ader », pointait la municipalité nîmoise dans le compte-rendu d’activité 2024.
80 000 € de subvention municipale
Afin d’arriver à destination, plusieurs mesures ont été prises comme l’embauche d’un directeur,Thibaut de Rosnay, ancien gestionnaire de l’aérodrome de Gap. Un diagnostic complet des infrastructures, permettant une remise aux normes du site, a été réalisé. La station de carburant a été modernisée, « désormais accessible 7 j/7 par carte bancaire avec baisse des tarifs ». Les hangars ont été rénovés, des aménagements ont été effectués pour améliorer l’accessibilité. Résultat : en 2024, l’aérodrome présentait un bénéfice de 35 324 €. À noter toutefois que la mairie verse une subvention de 80 000 €.
Pour maintenir ce cap et s’assurer une sécurité financière, de nouveaux tarifs (redevance d’atterrissage, de stationnement, location de hangars…) ont été validés lors du dernier conseil municipal (relire ici). Tout comme un projet de ferme photovoltaïque, d’une vingtaine d’hectares sur deux zones. Une première emprise de 22 hectares entre la piste d’atterrissage et l’autoroute A9. Une seconde, de 9 hectares, à gauche de la piste, sur l’emprise du bassin de rétention de l'Agglo. Selon nos informations, ce périmètre a été travaillé avec les services de l’ABF (Architectes des bâtiments de France) en raison de la présence du menhir de Courbessac.
17 % de la consommation nîmoise
Lancée en 2024, l’entreprise EDF Power Solutions est sortie lauréate de la consultation. Le projet devrait produire 50 GWh par an, soit l’équivalent de la consommation domestique de 17 % de la population nîmoise. Si le montage financier n’est pas totalement arrêté, ce projet devrait permettre de rapporter « entre 200 000 et 400 000 € par an ». Une partie serait reversée à Nîmes Métropole, au titre de l’installation sur le bassin de rétention.
Et à notre source de conclure : « Pendant 40 ans, quand vous avez ce genre de loyer, ça permet à la collectivité de faire des économies mais aussi d’être solide pour emprunter et financer des travaux de modernisation du site » Près d’un siècle après ses premiers décollages, l’aérodrome s’apprête à embarquer pour un nouveau voyage.