Publié il y a 9 h - Mise à jour le 12.10.2026 - Abdel Samari - 2 min  - vu 545 fois

ÉDITORIAL La présidentielle commence à faire des victimes

Le palais de l’Élysée, à Paris, objet de toutes les convoitises à l'approche de la présidentielle de 2027. 

- © Arthur Crbz / Wikimedia Commons – CC BY-SA 4.0.

La victoire écrasante de Raphaël Glucksmann, la démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon, les ambitions d'Édouard Philippe et les ennuis de Jordan Bardella rebattent les cartes de la présidentielle. À six mois du scrutin, les prétendants se dévoilent. Et certains pourraient déjà en faire les frais.

Depuis ce week-end, on commence à y voir plus clair dans la course à l’Élysée. Raphaël Glucksmann s’impose désormais comme le candidat de la gauche non mélenchoniste. Avec 66,13 % des suffrages et plus de 120 000 participants à la primaire, sa légitimité est difficilement contestable. Une mobilisation inespérée pour la gauche progressiste. Reste l’équation François Hollande. L’ancien président de la République doit se décider en décembre. Mais cette dynamique pourrait bien balayer ses dernières ambitions. Comme celles d’Olivier Faure, premier secrétaire du PS, sévèrement désavoué dans les urnes. Même déconvenue pour Ségolène Royal, qui avait tenté un coup de poker en faisant de cette primaire un rendez-vous politique majeur. Tous devront désormais composer avec un candidat qui n’est pas socialiste. Hier dimanche, l’autre gauche, celle de Jean-Luc Mélenchon, a aussi montré les muscles. À Clermont-Ferrand, le leader insoumis a réuni 10 000 personnes. Le choix de la date ne devait rien au hasard. Il s’agissait d’installer le duel à gauche. Mais pour Mélenchon, le plus difficile commence : convaincre les modérés et les indécis. Les autres sont déjà acquis à sa cause. Au centre, après son passage sur France 2, Édouard Philippe peut espérer prendre d’ici janvier l’ascendant sur ses concurrents dans les sondages. Gabriel Attal, lui, a lancé samedi à Lyon sa tournée de meetings régionaux. Sans véritablement créer l’événement. À droite, Bruno Retailleau semble s’enfermer dans une aventure personnelle. Une partie des Républicains regarde déjà ailleurs, vers un possible rapprochement avec l’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron. Et puis il y a le Rassemblement national. Comment sortir du guêpier dans lequel Jordan Bardella s’est retrouvé, rattrapé par les révélations de Mediapart sur des écrits antisémites présumés datant de 2013 ? Le président du RN dément catégoriquement. Mais à mesure que de nouveaux éléments sont publiés, sa défense peine à dissiper les interrogations. Et le pire pourrait être à venir pour Marine Le Pen. Jusqu’ici très favorables, les sondages pourraient commencer à s’éroder. Sans pour autant hypothéquer ses chances de victoire. Une chose est sûre : la campagne présidentielle sera longue. Très longue. Les alliances d’aujourd’hui ne seront pas forcément celles de demain. Et les favoris du moment pourraient devenir les perdants de demain. À six mois du scrutin, chacun croit déjà tenir sa place. Mais les électeurs, eux, n’ont encore rien décidé.

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