Samedi matin, le président de la Communauté de communes Cèze Cévennes, Olivier Martin, accordait une longue interview à Objectif Sud. En fin d’entretien, cet homme de gauche, qui rappelle avoir travaillé au Parti communiste, lâche une petite phrase qui fait écho à une musique entendue de plus en plus souvent à Alès ces derniers mois. À propos d’Alès Agglomération et de son président Christophe Rivenq, il dénonce : « Ce qui est quand même regrettable, c’est que tout le monde est à la botte de Rivenq. Deuxième vice-président, Sylvain André. Troisième vice-président, Claude Cerpedes ; la maire de La Grand’Combe. Ok, mais où sont les combats ? » La question mérite d’être posée. Car le stratège Christophe Rivenq a réussi un très joli coup en neutralisant les ardeurs de ses opposants communistes. Dans les premières vice-présidences, toutes indemnisées, on retrouve quatre maires communistes : Sylvain André, deuxième vice-président, Claude Cerpedes, septième, Pascale Eugène, huitième, et Ghislain Chassary, neuvième. Quatre élus communistes parmi les neuf premières places : voilà un beau cadeau de Christophe Rivenq ! À moins qu’il ne s’agisse, comme certains le murmurent, d’un cadeau empoisonné. Car depuis plusieurs mois, l’opposition se fait discrète, très discrète, presque inaudible. Pendant ce temps, Christophe Rivenq savoure. Malin comme il est, il ne manque jamais une occasion de souligner les votes à l’unanimité. C’était encore le cas en avril dernier lors du vote du budget. Il faut dire qu’il est toujours plus difficile de contester les décisions de celui qui vous accorde une place, vous témoigne de la considération et contribue à votre rémunération. Et pour sauver les apparences, tout ce petit monde a trouvé un mot magique : le « consensus ». Une formule bien commode pour présenter cette entente comme la preuve d’un travail en bonne intelligence, loin des querelles politiciennes puériles. Tout le monde en sortirait grandi. Bien sûr que tout n’est pas à jeter dans cette recherche d’entente, mais le débat d’idées, les désaccords et la contradiction ont aussi du bon. Ça fait réfléchir, avancer. C’est précisément pour leurs idées de gauche qu’ils ont été élus dans leurs communes. Pour défendre leurs convictions et non celles d’un Christophe Rivenq qui n’a d’ailleurs pas besoin d’eux pour imposer sa ligne. À Alès Agglo, les communistes ont certes gagné des vice-présidences, mais ils semblent avoir perdu en chemin, en plus de leur voix, une partie de leurs valeurs.
Publié il y a 10 h -
Mise à jour le 14.10.2026 - Tony Duret - 2 min
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Tony Duret