Publié il y a 4 h - Mise à jour le 01.10.2026 - Abdel Samari - 2 min  - vu 614 fois

ÉDITORIAL Un habitant prévenu en vaut deux…

François Desmeures

La vigilance rouge aura pu sembler excessive dans certaines villes du Gard et de l’Hérault. Mais face au risque d’inondations et aux drames du passé, il vaut mieux sans doute en faire trop que pas assez.

Les plus grincheux diront : « Tout ça pour ça. » La vigilance rouge déclenchée hier par Météo France dans le Gard et l’Hérault a, selon les endroits, ressemblé à un épisode de pluie somme toute classique en cette fin de mois de septembre. La réalité n’est pourtant pas tout à fait celle-là. Dans les Cévennes ou encore du côté de Montpellier, la pluie fut intense et les conséquences nombreuses. Selon les territoires, les habitants n’ont donc pas tous passé la même journée. Il est vrai qu’à Nîmes ou encore à Bagnols, difficile de dire que le phénomène a été exceptionnel. Les salariés contraints de rester chez eux pour improviser du télétravail ont dû, toute la journée, se demander si les météorologues avaient bien regardé leurs prévisions. Sans compter le réveil un peu brutal avec ces alertes sur les téléphones portables, donnant presque le sentiment que la Troisième Guerre mondiale venait d’être déclarée. Dans les préfectures du Gard et de l’Hérault, on est rassuré. Même si l’opération « ceinture et bretelles » a entraîné quelques dommages collatéraux dans certaines villes où la journée de mercredi a finalement été plutôt tranquille, l’anticipation du risque a été bien négociée. Et avec raison. Car qu’aurait-on reproché aux autorités si, d’aventure, le danger n’avait pas été apprécié à sa juste valeur ? Oui, il a fallu repousser certains engagements, reporter des rendez-vous, fermer des établissements et appeler chacun à la vigilance. Mais cette précaution a peut-être évité des drames. Les services de secours sont intervenus à de nombreuses reprises, mais sans doute dans des proportions moins importantes grâce à une population prévenue et des déplacements limités. On se souvient d’autres épisodes où tout le monde se retrouvait sur les routes, parfois déjà inondées, simplement pour tenter de rentrer chez soi. Cette fois, les élèves sont restés bien au chaud à la maison. Là aussi, on a évité ces moments de panique où les parents se précipitent vers les écoles sans toujours mesurer le risque de se retrouver eux-mêmes piégés par les eaux. Pas plus tard que ces dernières années, le Gard a connu des drames mortels, avec des familles endeuillées après le franchissement de ponts submersibles. Alors oui, pour certains, la journée aura peut-être été gâchée par une surestimation du danger. Mais face aux épisodes méditerranéens, mieux vaut parfois en faire un peu trop que pas assez. Et puis, après tout, un habitant gardois ou héraultais prévenu en vaut deux…

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