« C’est une passion et nous avons entraîné nos enfants là-dedans. » Fabien Prime est un homme loquace et qui aime ce qu’il fait. L’article d’occasion, il en a fait son mode de vie. « On est resté figé dans certaines valeurs des années 1990 », admet le commerçant. Alors après trente ans à vendre des vêtements de grandes marques sur eBay (entreprise américaine de marché en ligne), Fabien et son épouse Armelle souhaitaient travailler différemment : « On voulait avoir le contact avec les gens. » Le couple franchit le pas en 2025 avec l’ouverture de la Boîte à Occaz.
Le local de 220 mètres carrés est transformé en vide-grenier permanent et il propose au minimum 7 000 articles. « Le principe, c’est de la location de stands. Les gens viennent louer un stand qui est composé d’une étagère, avec un petit portant, ou bien on loue des portants pour ceux qui n'ont que des vêtements à vendre. Les tarifs sont 20 € les deux semaines, 30 € les quatre semaines et il y a 25 % de commission », détaille Armelle. Le lieu propose tout ce que l’on peut trouver sur un vide-grenier sauf des armes, de l'or, de l’ivoire et des contrefaçons.
14 000 articles vendus en un an.
Pour sa première année, la Boîte à occaz a vendu 14 000 articles. « Ici on peut trouver un polo d’une grande marque presque neuf entre 5 € et 20 €. Si les produits ne partent pas, on peut conseiller aux clients de faire un rabais de moins 20 %. Les stocks changent en permanence. Il y a des clients qui sont fidèles, que ce soit acheteur ou vendeur. On trouve de l’électroménager, des aspirateurs, des guitares, de l’informatique et principalement du textile. »
En période de crise économique et de baisse du pouvoir d'achat, l’occasion devient parfois une solution : « J’ai des gens qui viennent chercher un sac d’école pour leur enfant, et qui se l'offrent pour 8 €. Franchement je suis content, je sais pourquoi je suis là. On a plein de trucs dans le placard qui dorment, autant que ça serve à des personnes dans le besoin », souligne Fabien. Le couple a enrichi son offre d’une application. Qui permet au vendeur de connaitre l’état des stocks, mais aussi les ventes en temps réel.
Lien social et réseaux sociaux
Sur une page Facebook (2 400 abonnés) et un compte Instagram sont régulièrement postées des photos des arrivées. La Boîte à Occaz s’est fait une réputation et les clients viennent de temps en temps de loin : « De Saint-Gilles, Nîmes, Arles, Générac, Saint-Martin-de-Crau et Avignon. Il y a d’autres lieux identiques, mais il faut aller jusqu’à Aigues-Vives ou Rochefort-du-Gard », abonde Armel. Le commerce Saint-Gillois est aussi un lieu de sociabilisation : « C’est un lieu d’échange avant tout », souligne Armelle, et c’est Fabien qui conclut : « On fait du commerce avec des gens qui nous ressemblent. »