La Maison des femmes du Gard est inaugurée en présence de sa marraine, la comédienne Alexandra Lamy. « Pousser la porte d'une Maison des femmes peut être une étape très difficile. Il est essentiel que les femmes sachent qu'elles seront écoutées, crues et accompagnées, et qu'elles ne sont pas seules. À mon échelle, je suis heureuse de pouvoir contribuer à faire connaître ce lieu et à encourager celles qui en ont besoin à franchir cette porte » affirme la marraine.
La Maison des femmes accueille les femmes de manière inconditionnelle, qu'elles soient victimes de violences ou confrontées à une situation de vulnérabilité, avec ou sans droits ouverts. Elles peuvent être orientées par une association, un professionnel de santé ou un service hospitalier, mais également se présenter spontanément. L'accueil repose sur l'écoute, l'absence de jugement et la prise en compte des besoins et des attentes de chaque femme.
Installée depuis janvier 2025 sur le campus Carémeau du CHU de Nîmes grâce à un financement de l'ARS Occitanie et au soutien de tous les services de l'État et des collectivités territoriales, elle propose une prise en charge pluridisciplinaire associant soins somatiques et psychologiques, accompagnement social et aide juridique le cas échéant. La Maison des femmes accueille également les femmes confrontées à des problématiques de santé sexuelle ainsi que les femmes victimes de mutilations sexuelles féminines.
La Maison des Femmes est un lieu d’accueil et de soins sans préjugés, avec respect et bienveillance pour toutes les femmes victimes de violences intrafamiliales et/ou sexuelles. En conséquence, elle accueille également de façon inconditionnelle les femmes en situation de vulnérabilité.
Exemple ? Détresse psychique, isolement, mineures, handicap psychique et/ou moteur, parcours migratoire, prostitution. Pour les patientes ne maitrisant pas la langue française, un interprétariat téléphonique est proposé.
Le CHU de Nîmes, déjà sensibilisé à cette problématique, avait mis en place plusieurs groupes de travail internes sur la thématique des « Violences Faites aux Femmes ». Il a signé des conventions avec les acteurs judiciaires et forces de l’ordre. En conséquence, il s’est donc logiquement saisi de cette proposition.
L’objectif est de proposer un lieu ressource qui réunit des compétences pluridisciplinaires. Cela permet une prise en charge rapide et complète des femmes victimes afin de réduire les risques qu’elles encourent. Ainsi, elles pourront ainsi consulter : médecin, sage-femme, psychologue, assistante sociale, conseiller juridique.
Tout ceci adapté au rythme de chaque femme pour l’aider à faire évoluer sa situation. Pour accompagner de manière globale ces femmes, une prise en charge au-delà du soin est proposée avec des accompagnements collectifs tels que des groupes de paroles et ateliers thérapeutiques.
Prévenir, soigner, accompagner. C’est la vocation de la Maison des femmes du Gard située au Centre hospitalier universitaire de Nîmes - Site de Carémeau, Pavillon 3 (rez-de-chaussée).
Un lieu bienveillant pour accueillir, écouter, soigner, accompagner et orienter les femmes vulnérables et /ou les femmes victimes de violences, ainsi que leurs enfants.
La Maison des Femmes est un lieu-clé qui réunit l’ensemble des compétences et qui permet une prise en charge rapide et globale des femmes afin de réduire les risques qu’elles encourent. C’est également l’opportunité de mettre en place une coordination avec l’ensemble des acteurs du territoire qui se mobilisent autour de la prise en charge des violences faites aux femmes.
À vous, les femmes !
Que vous portiez plainte ou non, le « Parcours Violences « », vous propose un accompagnement multidisciplinaire : médical, psychologique, social, juridique, aide à la reconstruction et à la réinsertion avec un suivi coordonné et une éventuelle orientation vers « Au-delà du soin ».
Si vous souhaitez porter plainte, l’assistante sociale vous accompagnera en faisant appel aux services judiciaires ou aux forces de l’ordre. Le dépôt de plainte peut avoir lieu dans les locaux du CHU. Il est également possible de rédiger des certificats médicaux. La Maison des Femmes peut aussi orienter les enfants victimes de violences vers l’Unité d’Accueil Pédiatrique pour Enfants en Danger (UAPED).
Pour le docteur Sylvie Ripart, médecin coordinatrice de la Maison des femmes du Gard et Présidente de l'association Maison des femmes du Gard, « Notre rôle est de permettre aux femmes de trouver au même endroit une écoute, des soins et un accompagnement adapté à leur situation. Les violences ont des conséquences multiples sur la santé et sur la vie quotidienne. La prise en charge doit donc être globale et coordonnée, en associant les compétences médicales, psychologiques, sociales et juridiques. Mais également l'au-delà du soin, qui reste incontournable pour permettre aux femmes de se reconstruire et de retrouver du lien. À travers les groupes de parole, les femmes peuvent oser libérer leur parole, retrouver confiance en elles et retrouver du sens. Ces espaces sont aussi importants que le soin. »
On estime à 125 000, le nombre de femmes ayant subi des mutilations sexuelles et vivant en France et à 44 106 filles à risque. Dans le Gard, 1 740 femmes ont été victimes de violences au sein de leur foyer en 2024, selon les dernières données des services de l'État.
Après une phase pilote, les équipes ont intégré leurs locaux actuels au sein du CHU de Nîmes en janvier 2025. Cette même année, 284 femmes ont été accompagnées avec une ouverture du lundi au jeudi, de 9h à 17h.
La première étape du parcours consiste à écouter les victimes sur la réalité des mutilations subies et à répondre aux questions qu’elles se posent. Le parcours vous propose ensuite des consultations médicales, psychologiques, sociales. Une prise en charge de la douleur est possible ainsi que la participation à des groupes de paroles dédiés et à des ateliers divers promouvant le développement de l’estime de soi et la réappropriation de son corps.
La prise en charge d’une réparation chirurgicale, si vous la souhaitez et si elle est possible, est réalisée par l’équipe du service de gynécologie-obstétrique du CHU de Nîmes. Des certificats d’excision et de non-excision peuvent être réalisés au sein de la Maison des femmes du Gard en lien avec l’Unité Médico-Judiciaire.
Dernière chose. Si vous présentez une vulnérabilité, ce parcours vous propose des consultations et des suivis gynécologiques. Vous pourrez bénéficier d’informations sur votre santé sexuelle, de dépistages (cancers gynécologiques, infections sexuellement transmissibles…), de délivrances de contraceptifs, de poses de stérilets et d’implants et de prises en charge de troubles gynécologiques. Les équipes travaillent étroitement avec le pôle gynécologie-obstétrique, notamment dans le cadre des femmes enceintes vulnérables et des IVG.
La Maison des femmes du Gard propose également des espaces permettant aux femmes de retrouver confiance en elles, de recréer du lien et de se reconstruire. Des groupes de parole et des ateliers sont organisés tout au long de l'année, autour notamment du karaté, du yoga ou encore de l'écriture.
En 2026, près de 200 séances d'ateliers et de groupes de parole auront ainsi été proposées. Ces actions complètent la prise en charge médicale et psychologique en offrant aux femmes des espaces pour reprendre confiance, rompre l'isolement et retrouver une place dans la vie sociale.
Parmi les partenaires mobilisés figurent notamment la Préfecture du Gard, le Parquet, les services de police et de gendarmerie, le Centre communal d'action sociale de Nîmes (CCAS), le Centre d'information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF), les associations Via Femina Fama et La Clède, la Croix-Rouge française ainsi que l'Observatoire des violences faites aux femmes du Département du Gard et bien d'autres encore.
« En lien étroit avec l'association Maison des Femmes du Gard, notre marraine Alexandra Lamy, le collectif Restart et tous les partenaires mobilisés, et grâce au soutien des collectivités territoriales, de tous les services de l'État et à l'accompagnement financier de l'ARS Occitanie, le CHU de Nîmes entend contribuer activement à la prise en charge globale des femmes victimes de violences, en offrant un lieu unique d'accueil et de soin qui regroupe toutes les compétences et les expertises dont elles ont besoin et permettant de proposer un accompagnement individualisé et bienveillant à chacune d'entre elles » soutiennent Frédéric Rimattei, directeur général du CHU de Nîmes et le professeur Michel Prudhomme, président de la commission médicale d'Établissement du CHU de Nîmes.
Cette coopération permet d'articuler les dimensions sanitaire, sociale, juridique et médico-judiciaire indispensables à l'accompagnement des femmes victimes de violences. La Maison des femmes du Gard s'inscrit dans le réseau RESTART (représenté par la directrice générale Violette Perrotte le jour de l'inauguration), qui fédère des structures engagées dans l'accompagnement global des femmes victimes de violences sexistes et sexuelles.