C’est une rareté mais quel plaisir de voir ce genre d’anniversaire et d'organisation ! Cette journée spéciale se tenait le 3 octobre à Carré d'Art et était ouverte à tous, spéléologues comme grand public.
Le but était de faire connaître cette première conférence de l'ASN au plus grand nombre et de dédier l’après-midi à deux interventions de chercheurs reconnus, qui ont montré comment la spéléologie éclaire aussi bien notre passé que notre environnement actuel.
Deux belles conférences venaient agrémenter l’anniversaire dans l’auditorium de Carré d’Art. « Les chauves-souris : architectes insoupçonnés de nos grottes », de Laurent Bruxelles, directeur de recherche au CNRS et professeur invité à l'université du Witwatersrand (Johannesburg, Afrique du Sud).
« Sur les Causses à la fin du Néolithique : l'eau est sous terre… mais il faut aller la chercher ! », rappelle Philippe Galant, ingénieur de recherche à la DRAC Occitanie, service de l'archéologie. Pour la première, c’est une star qui a pris la parole. Si le nom de Laurent Bruxelles vous dit quelque chose, c'est normal, il a été le protagoniste de nombreux documentaires, c’est un ponte dans son domaine. Karstologue et géoarchéologue cévenol, on l’adore. Son travail l’oblige à vivre en Afrique du Sud, mais il demeure Gardois dans son cœur et y vient régulièrement du côté de Saint-Hippolyte-du-Fort. Mais, revenons au sujet, nous parlerons plus en détail de Laurent Bruxelles au gré d’un article entièrement dédié à sa personne. En attendant, sa conférence à Carré d’Art fut, comme toujours, emplie de vérités qui étaient à même de faire changer la vision qu’avait le public des grottes.
Et si les chauves-souris avaient, elles aussi, façonné nos grottes ? En s'accumulant pendant des siècles, leur guano peut corroder la roche calcaire et sculpter des formes qui témoignent de colonies aujourd'hui disparues. Laurent Bruxelles expliquera en quoi ces traces intéressent les spéléologues, mais aussi les gestionnaires de grottes ornées soucieux de préserver leurs peintures préhistoriques. Au-delà de la roche, le guano se révèle être une véritable archive biologique, capable de renseigner sur les paysages, la végétation et les activités humaines du passé.
Pour la seconde, c’est à la fin du Néolithique que nous sommes projetés. Les premiers agro-pasteurs s'installent sur les Causses, ces plateaux karstiques où l'eau, pourtant indispensable, se fait rare. Philippe Galant a montré comment ces populations ont su explorer le monde souterrain pour accéder à l'eau, transformant grottes et avens en véritables ressources vitales. Une aventure racontée notamment à travers l'aven-citerne de la Rouvière, où le spéléologue Joël Halgand a mis au jour des jarres intactes, abandonnées depuis 5 000 ans.
Le bonheur est en bas !
Rappelons ici que l’association Spéléologique Nîmoise, fondée en 1966, est née de la fusion de deux clubs plus anciens qu’étaient l’Équipe nîmoise de spéléologie (ENS) et le Spéléo club nîmois (SCN).
Dès sa création, l’ASN a également fondé l’École gardoise de spéléologie (EGS), dédiée à la formation et à la transmission des techniques d’exploration souterraine. L’association est membre de la Fédération française de spéléologie (FFS) et de la Société d'études des sciences naturelles de Nîmes et du Gard (SESNNG).
La nouvelle structure s’est donné pour objectif l’union de toutes les personnes pratiquant ou étudiant la spéléologie et les disciplines connexes, mais aussi la recherche scientifique, la promotion et l’enseignement de la spéléologie et des disciplines connexes, la protection du monde souterrain et de son environnement.
De plus, l’association organise, seule ou associée, des manifestations ayant un rapport avec la spéléologie ou les disciplines connexes. Enfin, elle concourt à l’éducation physique et morale de la jeunesse.
Au fil du temps, l’ASN a participé à de nombreux projets scientifiques, environnementaux et patrimoniaux, parmi lesquels des études et inventaires biospéologiques pour la Réserve naturelle régionale des gorges du Gardon (RNRGG), des pompages de la Fontaine de Nîmes, des études et dépollution de l’aven des trois Pigeons, des relevés topographiques et photogrammétriques pour des projets archéologiques à la grotte de Saint-Marcel d’Ardèche (ainsi qu’à la grotte d’Aldène). L’ASN est également intervenue dans le montage du dossier de classement des gorges du Gardon…
Comme le dit le Chat de Philippe Geluck, « La spéléologie, c’est l’alpinisme de ceux qui ont le vertige. » Imaginez que cette maxime est inscrite sur le site web de l’ASN !
En tout cas, si vous vous renseignez sur la spéléologie, allez jeter un œil aux actions de l’ASN. D’une part, vous serez bien accueilli, d’autre part, vous saurez qu’ici, on peut faire de l’exploration et de la désobstruction de cavités, de l’enseignement des techniques d’exploration (EGS), de la biospéologie, de la topographie de cavités, participer à des projets d’études archéologiques, faire des recherches historiques, de la photogrammétrie, des animations autour du milieu souterrain, participer à des comités de pilotage et comités consultatifs…