Chaque vin IGP est produit à partir de raisins issus exclusivement de la zone géographique dont il porte le nom. En effet, à la différence des IGP du secteur agroalimentaire, la zone géographique concerne à la fois la zone de production mais également la zone d’élaboration du produit.
Il s’agit d’une production non délocalisable qui revêt une importance en matière de développement économique et rural des territoires. Chaque vin IGP possède des caractéristiques spécifiques à la zone géographique dans laquelle il est produit : deux vins IGP produits à partir des mêmes cépages (variétés de raisins) mais produits dans deux zones différentes ne se ressembleront pas.
Chaque vin IGP obéit à des conditions de production inscrites dans un cahier des charges précis : tout au long de son élaboration, de la vigne à la bouteille, chaque vin IGP est contrôlé par des organismes indépendants. En achetant un vin IGP, le consommateur a l’assurance d’un vin de qualité.
Donc, dans le département, nous sommes forcément bien lotis ! Un terroir, un savoir-faire et des Hommes qui cultivent le raisin depuis des lustres. Ici, trois IGP sont en vigueur, IPG coteaux du Pont du Gard, IGP Cévennes et IGP Gard.
Pour l’heure, il est temps d’aborder la sortie des vendanges 2026, le bilan et les perspectives. Ensuite ? Faire un tour des actions de l'été passé avec des éditions sous haute chaleur et, bien entendu, le proche rendez-vous des Vignes Réboussières qui offre une balade de caractère le 25 octobre !
« On a terminé les vendanges, Gallician a terminé mardi ! On peut dire de ce millésime qu’il est extrêmement long et précoce. Depuis le 12 août voire la fin juillet pour les vins légers, on ramasse ! » relève Gérard Sanchez, directeur de l'Institut Coopératif du Vin pour le secteur du Gard (représente 75% des vins gardois). Avant, le sud du Gard commençait à vendanger, puis le nord arrivait deux ou trois semaines plus tard. C’est fini, tous les vignerons commencent quasi en même temps. Pour faire mieux ? On parle d’un goutte-à-goutte à la vigne quand elle en aurait besoin, sans gaspillage. On parle aussi de cépages plus résistants, du travail de nuit… Les vignerons savent et essaient de s’adapter à ces éléments.
Gérard Sanchez poursuit en confirmant le bon état sanitaire, jusqu’à la fin des vignes. « L’hiver et le printemps furent bien arrosés, les nappes phréatiques étaient bien remplies. La canicule accélère les choses cette année…Ce qui a fait la différence, c’est la quantité d’eau reçue. Au sud, la récolte est plutôt bonne, au centre, identique à l’an passé et pour le nord, la récolte est moins bonne. Même en récoltant la nuit, les raisins étaient chauds. Les blancs et les rosés seront, contrairement à nos craintes, plutôt dans la bonne moyenne. Les rouges, on en saura un peu plus dans quinze jours ou trois semaines. »
Avec des cumuls allant de 475 mm (Aigues Mortes) à 963 mm (Corconne), le Gard a été en tous points bien arrosé durant la période de repos végétatif de la vigne. Le premier trimestre 2026 connait un très grand nombre de jours de pluie : 29 à 35 jours de pluie en trois mois soit un jour sur trois !
Sur la période juin, juillet et août, on a compté 51 jours à plus de 35°C, cette longue canicule impacte à la fois le grossissement des baies de raisin et la cinétique de maturation. Comme l'an dernier, ce sont les pieds dans l'eau que les premiers signes de débourrement sont observés avec 10-15 jours d'avance sur 2025.
Le premier contrôle de maturité (28 juillet) sur les cépages blancs précoces montre une avance d'une semaine environ sur 2025. Mais dès le mois d'août, les effets de la canicule se font sentir : les premiers symptômes de défoliation apparaissent dans les sols limitants, les baies peinent à grossir et surtout les acidités chutent de façon spectaculaire. Dans les situations où l'acide malique à disparu, la maturation n'évolue plus.
Avec 2,6 millions d’hectolitres, les prévisions du millésime 2026 sont rassurantes car en hausse de 13 % sur 2025 (qui avait été une année terriblement basse) mais toujours en négatif (-7,6 %) sur la moyenne décennale. Les stocks sont en baisse depuis deux ans et ça, même si cette année le volume sera important, c’est rassurant.
Autre nouvelle, le 22 octobre à Nîmes, une grande réflexion sera lancée avec Interreg Poctefa AgriPower (consortium mêlant Espagne et France, des scientifiques, des chercheurs, des vignerons). Un gros truc ! L’idée est de savoir si l’agrivoltaïsme peut diversifier les revenus agricoles. Les agriculteurs loueraient leurs terres pour y installer des panneaux. La production d’énergie est forcément vertueuse.
« Relier des éléments pour offrir à des vignerons d’avoir des solutions car les problèmes, dans notre filière, sont importants. Nous agissons ! » Denis Verdier, président de la Fédération Gardoise des Vins IGP, détaille. « Cette belle récolte remonte le moral ! La précocité de la maturité peut poser un problème, on est loin du mois de septembre comme c’était le cas avant ! La chute de la consommation, dans le monde mais aussi en France (-5 %), est un autre enjeu. La notoriété peut aider. La génération Z boit moins de vin, les plus de 50 ans consomment encore mais on a du mal à renouveler. De plus, la situation économique ne nous aide pas. On parle de perte d’exploitation à hauteur de 1000 à 1 500 par hectare. »
Il faut favoriser la consommation modérée. Deux verres par jour et pas tous les jours. Simple, efficace, rapide. L’IGP se lance dans cette belle bataille promotionnelle. C’est notamment le rôle des Vignerons sur le Pont.
« Quand on mène des opérations autour de l’œnotourisme, le succès est là ! On veut développer ce travail car le département a de quoi faire. Autre chose, le vin au restaurant. Verre de vin au menu ou pas ? en outre, le prix du vin est parfois trop cher par rapport à son prix à la propriété. Nous devons rencontrer l’Umih30 pour en parler, c’est un frein. »
Pour aller dans ce sens, les actions estivales de la fédération IGP font écho à la situation. La fête d’Anduze, les Vignerons sur le Pont ou encore la fête du vin à Saint-Ambroix… Près de 9 000 oenotouristes, plus de 57 500 euros de vente de vin et plus de 6 000 bouteilles vendues !
Alix Bailly-Desbrus, chargée de communication, est heureuse de la saison. « L'été 2026 a été fortement marqué par une succession d'épisodes caniculaires. Malgré des températures particulièrement élevées, l'ensemble des événements œnotouristiques organisés par la Fédération Gardoise des Vins IGP a pu être maintenu, grâce à l'engagement des équipes, des partenaires et des visiteurs. À Anduze, la cuvée coup de cœur est allée au Mas Seren (NDLR Étincelle Nomade blanc). Au Pont du Gard les six soirées concerts cartonnent ! Idem pour la fête du vin de Saint-Ambroix où les visiteurs étaient aussi au rendez-vous, notamment pour la nocturne pour laquelle il faisait plus frais. »
Les projets à venir… « Réboussier » signifie celui qui est « toujours prêt à prendre le parti du contraire, le parti du refus, parce qu'il est viscéralement attaché à son libre choix et à son libre arbitre » comme le disait Jean Paulhan. Ici, on est contrariant, à rebours, revêche. Les Cévennes sont, par tradition, une terre de rébellion, qu'elle soit politique, religieuse ou environnementale.
Les vignerons des Vignes Réboussières incarnent cet esprit à travers des parcours, des engagements et des pratiques souvent atypiques. En lien avec ces personnalités affirmées, la programmation artistique se veut originale, audacieuse et parfois décalée.
Cette année, l’édition se tiendra le 25 octobre, le jour du changement d’heure.
Au Domaine de la Lèque (Dorian Martin), à Fressac (allez on y va ?), le parcours dégustation qui est une balade vigneronne sur le domaine (trois kilomètres sur réservation), la musique, les arts et la restauration feront l’essentiel de l’attractivité des Vignes Réboussières 2026.
14 vignerons, de l’IGP Cévennes, Lola Gault, Barbara Portailler, Fleur de la Rue ou encore Openfolk animeront la journée, tout comme les paniers-repas (entrée, plat chaud, dessert, fromage… Bienvenue à la ferme pour 18 euros et 100 % à réserver à la billetterie) qui satisferont les gourmands et les gourmets. En outre, des Pélardons, des miels et des châtaignes et produits dérivés seront aussi à la dégustation et à la vente.
IGP Gard
L’IGP Gard est située dans le sud de la France, bordée par la mer Méditerranée, les montagnes des Cévennes et le fleuve Rhône. Lieu de passage entre le couloir rhodanien et l’arc méditerranéen, lieu de rencontre entre le Languedoc et la Provence, le département du Gard sait profiter de ses nombreuses richesses culturelles. La vigne est indissociable des oliviers, de la culture taurine et des fêtes réputées : les ferias.
Les vins rouges sont caractérisés par une structure équilibrée et des tannins doux. Les vins rosés et blancs sont vinifiés afin de conserver fraîcheur et finesse aromatique. L’essentiel de la production est vendu jeune et présente des profils sensoriels et aromatiques très appréciés.
Le vignoble de l’IGP Gard fut le premier atteint par le tristement célèbre phylloxera au XIXe siècle. Les vignerons ont dû réagir rapidement en réimplantant des vignes, notamment dans les sables des bords de mer. Fort de cette histoire, le Gard recense toujours de très nombreux pépiniéristes et accueille au Domaine de l’Espiguette la collection des clones de l’ensemble des cépages français.
IGP Coteaux du Pont du Gard
Collines et plateaux calcaires sont les derniers reliefs avant Camargue et Méditerranée. Ce territoire viticole, jouit d’un climat marqué par des étés chauds et secs. Cette sécheresse est accentuée par le mistral, alors que le vent marin vient notamment à l’automne apporter sa fraicheur. Région riche de culture et d’histoire, la vigne et l’olivier y apportent un cachet très prisé sur le plan touristique.
Les vins rouges d’une couleur assez soutenue, sont puissants et chaleureux avec des arômes fruités et une structure tannique présente, variant selon la technique de vinification. Les vins rosés et blancs sont fins, élégants, amples et fruités, à consommer jeunes.
IGP Cévennes
Le vignoble de l’IGP Cévennes s’étend uniquement dans le Gard. Il tire son nom du massif des Cévennes, dernier contrefort du Massif central. Le climat et la morphologie des Cévennes ont conduit l’homme à adapter les productions en fonction des conditions difficiles de ce territoire. C’est ainsi que le vignoble s’inscrit dans un paysage vallonné, façonné par les rivières, descendant des Cévennes et organisé en terrasses créées par l’homme. Ici, la vigne côtoie vergers, oliviers, oignons et céréales.
Les vins rouges sont élégants, avec une puissance aromatique et une structure tannique qui varie en fonction du mode de vinification. Les vins blancs et rosés sont élégants, fins, accompagnés d’une fraîcheur caractéristique.
C’est dans les cévennes, cette enclave montagneuse, longtemps fief du protestantisme, que l’on trouve les plus grands temples de France, notamment à Saint-Hippolyte-du-Fort et Anduze. Cette dernière commune est aussi connue pour sa bambouseraie et ses vases vernis.