« Regardez les conséquences du dérèglement climatique, juste là. » Le regard clair de Morgan Miramant vire vers la droite. Au bord de ce chemin terreux de Saint-Hilaire-d’Ozilhan s’allongent des rangées de vignes aux raisins faméliques. Ces petits fruits auraient préféré recevoir, cet été, bien plus que 76 mm d’eau, c’est-à-dire à peine 56 % des précipitations attendues. La poussière s’envole autour du pick-up noir de Morgan Miramant. Sa tête pivote cette fois à gauche, vers le champ d’un autre viticulteur. Les raisins sont ronds, lisses. Ils doivent cette bonne mine à de fins tuyaux de goutte-à-goutte. Aucune de ces parcelles, ni celle aux raisins fatigués, ni celle aux vignes irriguées, ne lui appartient. Les siennes sont plus loin. Et là, surprise, il n’y a plus de ceps, mais des arbres. Sur l’un d’entre eux pendent encore quelques pistaches.
Coriace face aux fortes températures
Le trentenaire tire le frein à main, en pleine cagne, à un endroit où la température a allègrement dépassé les 40 °C. Selon Météo France, cet été, le Gard a enregistré, en moyenne, +3,4°C par rapport à la normale. Les pistachiers de Morgan Miramant qui n’étaient pas arrosés n’ont pas bronché. Il a même ramassé, fin août, 300 à 400 kilos de pistaches.
Cet ancien employé du Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes de Bellegarde s’est installé comme agriculteur en 2012. À l’époque, il achète 8 hectares de terres. Rapidement il fait face à deux ennemis : les sangliers …