Les lettres recommandées sont parties vendredi 2 octobre, direction Matignon, l’Élysée et le ministère de la Transition énergétique. Elles renferment un serment signé par 140 élus. « C’est un grand écart politique incroyable allant de l’extrême gauche à l’extrême droite », insiste Jean-Luc Moya, porte-parole du collectif Stop THT 13/30. Tous font front contre le projet de construction d’une ligne à très haute tension. Longue de 65 km, elle partirait de Jonquières-Saint-Vincent pour alimenter Fos-sur-Mer, en 400 000 volts. Le hic est que ce projet, porté par RTE, prévoit de parsemer la Camargue de pylônes. Le dossier présenté au débat public, au printemps dernier, évoque 180 pylônes de 60 à 80 m de haut. Le collectif qui regroupe 36 associations défend une autre option : enfouir la ligne.
« Le serment dit trois choses, annonce Jean-Luc Moya. Un, le territoire est favorable à la décarbonation de la deuxième zone la plus polluée de France. Deux, il existe une solution alternative et on veut qu’elle soit examinée par quelqu’un d’indépendant. » Il se reprend et martèle : « Trois, l’État ne peut pas passer en force et rejeter la position de 140 élus qui représentent 300 000 personnes, cela représente un déni de démocratie. » Anne Claudius-Petit, présidente du parc naturel régional de Camargue, appuie : « On est contre le projet aérien mortifère pour les paysages, les agriculteurs, les oiseaux. »
