Un petit week-end pour raconter des décennies d’histoires, de savoir-faire de traditions et de patrimoine. De quoi replonger chacun au cœur des grappes viticoles, rhabillé pour le début de l’hiver, mais surtout pour la « Vendange à l’ancienne » dans les vignes de Chusclan. Ces samedi 10 et dimanche 11 octobre, les 27es Vendanges de l’histoire ont réuni les amoureux et acteurs de la vigne gardoise, la plupart vêtus des habits du début de XXe siècle. Cette « parenthèse hors du temps » a permis de raconter « une histoire, de caractère, comme notre vin », a salué le maire de Chusclan Pascal Peyrière : « On ne vendange pas que le raisin, on vendange le souvenir. Les générations se mélangent autour du patrimoine, qui peut avoir un goût de partage. »
Le raisin récolté a servi à produire du moût, le jus frais extrait après le foulage ou le pressurage, avant sa fermentation. Cinq caveaux éphémères, dont la Maison Sinnae, le Cellier des Mariniers, le Domaine de Lindas, la Maison Rivier et les Vignerons des 4 Chemins, proposaient leurs vins avec un kit de dégustation à 8 € comprenant un verre, un porte-verre et six jetons pour des verres de 6 cl. La nouveauté de cette année : une épreuve du certificat d’études.
La manifestation, créée en 1997 à l’occasion des 50 ans de la cave des vignerons, a réuni 5 000 visiteurs, 200 camping-cars et 65 producteurs et artisans.
Labourer l’administration et la réglementation
Avant d’ouvrir les champs aux viticulteurs d’un jour, le président du syndicat des vignerons de Chusclan, Grégory Brunel, a appelé à un « travail de simplification administrative » : « Si nous sommes vraiment fiers de nos terroirs, nous devons tout faire pour les mettre en valeur et nous permettre de vivre dignement. » Le secrétaire de la chambre d’agriculture du Gard, Jean-Louis Portal, a lui aussi plaidé pour « alléger la réglementation et aménager le territoire en faveur de l’agriculture, du tourisme et de l’économie, afin d’assurer la survie des territoires ». Pascal Peyrière confirme : « Ne laissons pas l’histoire nous échapper. Faisons entendre la voix du monde viticole jusqu’à Paris. » La conseillère régionale Monique Novaretti a souligné l’impact des canicules et du manque d’eau sur la filière. D'autant qu' « un manque hydrique équivaut à un manque de consommation ».
La conseillère départementale Sylvie Nicolle a salué une journée qui « représente la richesse du patrimoine du Gard et fait rayonner la Provence gardoise », et a apporté son soutien « à ceux qui font vivre nos campagnes ».
Transformer l’eau en vin
Les intervenants ont aussi insisté sur le rôle du local, surtout dans un contexte de « marché mondial plus compliqué ». « Nous devons, et voulons, nous concentrer davantage sur le local », a confirmé le président de la Maison Sinnae et d’Interrhône, Philippe Pellaton. Damien Gilles, son homologue aux Côtes-du-Rhône, a évoqué des difficultés climatiques et géopolitiques et une reconnaissance des appellations qui avance « difficilement ». Signe encourageant, le vin blanc de Chusclan, l’une des appellations Côtes-du-Rhône villages, a été reconnu, une étape dans la démarche engagée l’an dernier pour faire reconnaître les vins blancs de l’ensemble des villages de la vallée du Rhône. En 2027, les Côtes-du-Rhône et le syndicat des vignerons de Chusclan fêteront leurs 90 ans.
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