Il est marié, a deux jeunes enfants, et il veut sortir de prison. Cet homme, âgé de 29 ans, a un casier judiciaire avec huit précédentes mentions, surtout des vols. Mais s'il est détenu depuis la vague d'arrestations orchestrée par le groupement de gendarmerie du Gard et la section de recherches de Nîmes depuis février dernier, c'est pour un dossier bien plus médiatique. Il fait partie des mis en examen dans l'affaire criminelle dont la victime est l'homme d'affaires gardois Vincent Bastide.
Le 14 novembre 2025, ce dernier sort de ses bureaux en périphérie de Nîmes lorsqu'il est "pris en otage" par des individus et emmené de force à son domicile sur les hauteurs de la ville. Son fils est également dans la villa familiale et il voit débarquer son père entouré de plusieurs individus. Ces derniers vont dérober des montres de très grande valeur. Les suspects parviendront à quitter le domicile de Vincent Bastide et seront ciblés par une minutieuse enquête de gendarmerie, notamment grâce à des caméras de vidéosurveillance qui vont s'intéresser à un véhicule. La téléphonie ensuite va "remonter" plusieurs individus qui ont été interpellés en février dernier.
L'homme qui réclame sa libération aujourd'hui est mis en examen notamment pour "vol et arrestation en bande organisée". Il demandait donc ce mercredi matin à sortir de prison et à être placé sous contrôle judiciaire. Ce père de famille veut retrouver son travail, sa femme et ses enfants. "Il fait une demande de remise en liberté pour vivre à 20 kilomètres des lieux des faits", s'insurge l'avocat de la famille Bastide. De plus, "il a fait deux tentatives d'évasion qui ne plaident pas pour une libération", poursuit l'avocate. Un vingtenaire qui fait valoir son droit au silence depuis son arrestation et encore dernièrement devant la juge d'instruction de Nîmes.
Le parquet général lui aussi s'oppose au contrôle judiciaire. "Je ne cherche pas à fuir. Si j'ai cherché à m'échapper, c'était à cause de la pression", indique le jeune homme. "Dans le dossier, il n'a jamais été mis en cause par quiconque", poursuit son avocat.
La cour d'appel n'a pas été sensible aux arguments de la défense et a décidé de prolonger la détention du mis en cause car des "investigations importantes restent à accomplir". Mais aussi à cause du risque de renouvellement de l'infraction et des garanties de représentation qui ne sont pas réunies, en effet le mis en examen a essayé de s'évader à deux reprises.