Il a eu le temps de filmer longuement la jeune fille qui était en train de s'amuser et danser avec des amis à la fête votive de Saint-Quentin-la-Poterie. Le 22 août dernier, la fête bat son plein dans le centre du village lorsque les gendarmes sont appelés pour un homme au comportement étrange. Il semble filmer les parties intimes d'une jeune femme et se frotter à elle. Lorsque les militaires arrivent sur place, le téléphone du suspect est saisi et 26 minutes d'enregistrement sont retrouvées avec huit vidéos des fesses de l'adolescente.
Un quadragénaire en couple et père de famille qui avoue immédiatement sur procès-verbal : "J'ai été attiré par ses fesses", en expliquant qu'il avait bien filmé, mais qu'il n'avait pas voulu de contact avec l'adolescente. Le problème pour le suspect est sa précédente condamnation sur un élève, une sanction qui portait sur une agression sexuelle et pour laquelle il est déjà sous sursis probatoire.
Concernant les faits à la fête de Saint-Quentin, il s'excuse alors que la jeune femme est en pleurs sur le banc des victimes. "Je me suis comporté comme un gros lourdaud", affirme le mis en cause à la barre des prévenus du tribunal correctionnel ce lundi après-midi. Une jeune victime, dont la maman rappelle avec dignité et émotion, les difficultés dans sa vie à cause de harcèlement et d'abus à caractère sexuel.
"Il y a un impact incontestable de ces actes sur la victime", estime le procureur qui réclame une peine de un an de prison ferme "comme ça les jeunes filles pourront sortir". "Si vous mettez tous les gros lourds en prison, il faudra construire de nombreux établissements pénitentiaires", prétend maître Roch-Vincent Carail pour le mis en cause.
Le prévenu, aujourd'hui agriculteur, a été condamné cette semaine à deux ans de prison, une sanction totalement assortie d'un sursis probatoire… Il y a dans les obligations que doit remplir le condamné l'interdiction d'approcher la victime et l'interdiction de paraître dans plusieurs villages proches d'Uzès.