Ce mardi, la convergence des luttes risque de faire monter d’un cran la colère sociale en France, et dans le Gard. Une colère déjà manifeste depuis des mois sur les réseaux sociaux et désormais dans la rue. Les lycéens sont mobilisés depuis plusieurs jours. Les syndicats de la fonction publique ont appelé à battre le pavé. Les Gilets jaunes pourraient, eux aussi, reprendre du service. Bref, il risque d’y avoir du monde dans les rues. Il faut espérer que les casseurs seront contenus. Car, comme trop souvent, quelques vitrines brisées, des poubelles incendiées ou des affrontements avec les forces de l’ordre suffisent à faire disparaître tout le reste. Et le message principal passe à la trappe. Pourtant, tous ces citoyens qui font le choix de marcher et d’exprimer bruyamment leurs inquiétudes doivent être entendus. Pas forcément approuvés sur tout. Mais entendus. La France traverse une crise économique et budgétaire importante. Plus personne ne peut se cacher derrière son petit doigt. Oui, la dette est considérable. Oui, la situation financière du pays impose des choix. Et oui, les investisseurs regardent désormais nos finances publiques avec davantage de prudence. Mais, à la fin, combien coûte aussi à la France un pays régulièrement à l’arrêt ? Combien coûte l’absence d’enseignements dans les établissements scolaires ? Combien coûtera demain une jeunesse qui ne croit plus que l’école peut lui offrir un avenir meilleur ? Car derrière les slogans, il y a des revendications très concrètes : de meilleures conditions d’études, des créations de postes d’enseignants, moins d’élèves par classe, davantage de bourses ou encore la suppression de Parcoursup. Tout cela a un coût. Et nécessite donc des choix budgétaires. Cela tombe bien : le budget 2027 est précisément au cœur du débat politique. Reste à savoir si tous les partis représentés à l’Assemblée nationale sont prêts à prendre leurs responsabilités. Parce qu’on ne peut pas, d’un côté, réclamer toujours plus de moyens et, de l’autre, rendre impossible tout compromis permettant au pays de disposer d’un budget. Le gouvernement est aujourd’hui pointé du doigt. C’est logique : gouverner, c’est assumer. Mais les oppositions ont, elles aussi, une responsabilité. Depuis la dissolution de 2024, la France vit au rythme des crises politiques, des censures, des rapports de force et des calculs tactiques. À quelques mois de la présidentielle, le spectacle politique ne risque malheureusement pas de s’arrêter. Pendant ce temps-là, les problèmes demeurent. Si chacun reste campé sur ses positions, nous n’avancerons pas. Ni pour les lycéens. Ni pour les enseignants. Ni pour les fonctionnaires. Ni, finalement, pour le pays. Alors demain, que la colère s’exprime. Que ceux qui veulent pousser un bon coup de gueule le fassent. C’est aussi cela, la démocratie. Mais après le bruit de la rue, il faudra bien retrouver le chemin de la table des discussions. Sinon, dans un an, il y aura toujours autant d’élèves dans les classes, toujours des professeurs manquants, toujours Parcoursup… et probablement toujours autant de monde dans la rue.
Publié il y a 2 h -
Mise à jour le 06.10.2026 - Abdel Samari - 2 min
ÉDITORIAL Colère sociale : après la rue, il faudra se parler
Lycéens, fonctionnaires, Gilets jaunes… La mobilisation de ce mardi pourrait être importante. Mais une fois la colère exprimée, gouvernement et oppositions devront retrouver le chemin du compromis.
Il vous reste 80% de l'article à lire.
Pour continuer à découvrir l'actualité d'Objectif Sud, abonnez-vous !
Votre abonnement papier et numérique
à partir de 69€ pour 1 an :
- Votre magazine en version papier et numérique chaque quinzaine dans votre boite aux lettres et en ligne
- Un accès illimité aux articles exclusifs sur objectifsud.fr
Abdel Samari