Le dossier de la tauromachie revient lundi devant le conseil municipal de Nîmes. Cette fois, il ne sera pas question directement de programmation des ferias ou de délégation de service public, mais des suites données au contrôle de la Chambre régionale des comptes (CRC) d'Occitanie.
La CRC avait contrôlé, pour la période 2019-2023, les comptes et la gestion de la Ville de Nîmes, de Nîmes Métropole, mais aussi des sociétés Simon Casas Production et SCP France, du Centre français de tauromachie et de l'Association française des Aficionados Practicos. Son rapport définitif, transmis à la Ville le 14 février 2025, comportait six recommandations, dont quatre concernaient directement la municipalité, seule ou avec l'Agglomération. Rapport suivi recommandations C… Plus d'un an et demi après, la Ville présente donc son bilan.
La commission taurine désormais davantage encadrée
Premier sujet : la Commission taurine extra-municipale (CTEM). La Chambre avait demandé à la Ville de veiller à ce que ses avis soient formalisés après les contrôles prévus par le règlement taurin municipal. Au moment du contrôle, cette recommandation était considérée comme « non mise en œuvre ».
Depuis mars 2026, la municipalité indique avoir changé ses pratiques. Un procès-verbal est désormais établi par le pôle Tauromachies après les réunions de la commission. Il est transmis à sa présidente, Sylvette Fayet, puis soumis aux membres avant validation définitive.
La CTEM se réunit notamment avant et après chacune des deux ferias, soit quatre fois par an, auxquelles peuvent s'ajouter une ou deux réunions durant l'hiver. Deux rendez-vous au corral sont également organisés avant les ferias pour procéder aux différents contrôles : saisie des cornes, pesée des toros et des chevaux de picadors ou encore utilisation de la pique française.
Un contrôle renforcé des subventions
Deuxième point sensible : l'argent public versé aux associations taurines. La CRC avait estimé que le contrôle des subventions accordées aux deux associations chargées des animations tauromachiques n'était que « partiellement » mis en œuvre. Dorénavant, la Ville assure demander aux associations déjà subventionnées de justifier l'utilisation des sommes reçues, particulièrement à travers leurs factures et pièces justificatives.
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, une commission d'attribution examine par ailleurs les demandes de subvention. Ses travaux font l'objet d'un compte rendu détaillé transmis à la direction des finances. La Ville reconnaît toutefois que le dispositif doit encore être renforcé, notamment sur la qualité et la cohérence des documents comptables transmis par les associations.
Les tarifs des corridas également dans le viseur
La politique tarifaire des spectacles constituait une autre recommandation de la Chambre. Celle-ci demandait qu'elle contribue davantage à l'équilibre économique de la délégation de service public.
Le nouveau contrat entré en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2025 permet spécialement au délégataire de faire évoluer chaque année les tarifs dans une limite de 2 %. Des tarifs spécifiques de 25 % sont également prévus pour certaines corridas qualifiées de « gala » ou de « promotion », ainsi qu'une politique particulière en direction des jeunes. La Ville annonce qu'elle continuera d'évaluer ces mesures en fonction de la fréquentation, des recettes et de l'équilibre économique de la DSP.
La Ville formalise sa stratégie taurine
C'est probablement le volet le plus politique du rapport qui sera présenté lundi. La CRC avait demandé à Nîmes de « clarifier une stratégie des soutiens apportés à l'écosystème tauromachique ». Lors du contrôle, cette recommandation était considérée comme non mise en œuvre.
La municipalité répond désormais en définissant cinq axes : garantir le respect du règlement taurin et la qualité des spectacles ; développer la connaissance de la culture tauromachique ; intégrer celle-ci à l'offre touristique ; assurer sa transmission auprès des jeunes générations ; et favoriser l'accès de tous au patrimoine et à la culture taurine.
Pour justifier cette politique, le rapport met notamment en avant le poids touristique des ferias. À Pentecôte, le centre-ville a enregistré 53 600 nuitées en 2026, contre 49 500 en 2025 et 51 200 en 2024. La Ville estime également à environ 248 000 le nombre de visiteurs présents en journée pendant les quatre jours de la feria de Pentecôte 2026. Les hôtels du centre-ville auraient atteint 100 % d'occupation les samedis et dimanches.
Dans les arènes aussi, la municipalité met en avant un chiffre : 66 199 spectateurs ont assisté aux différents spectacles taurins de Pentecôte 2026, présenté dans le rapport comme un record de fréquentation pour cette feria.
Autre évolution récente : depuis le 1ᵉʳ septembre, l'accès au musée des Cultures taurines est gratuit. La Ville inscrit cette décision dans sa volonté d'élargir l'accès au patrimoine taurin au-delà des seules périodes de feria.
La municipalité considère ainsi avoir désormais engagé ou mis en œuvre des mesures répondant aux quatre recommandations de la CRC qui la concernaient directement. Elle reconnaît néanmoins que plusieurs dispositifs devront encore être « poursuivis, consolidés ou systématisés », notamment concernant la politique tarifaire et l'articulation des soutiens entre la Ville et Nîmes Métropole. Après sa présentation lundi au conseil municipal, le rapport sera transmis à la Chambre régionale des comptes.