Apprenti de Maxime Pernaud au laboratoire Prothèse Concept, à Saint-Privat-des-Vieux, Axel Rouquet vient de franchir une étape importante dans son parcours de prothésiste dentaire. À 20 ans, il vient d'obtenir une médaille d’argent au concours du Meilleur apprenti de France. Une récompense qui vient saluer plusieurs mois de travail, de précision et de dépassement de soi.
Des mois de travail pour atteindre la précision
En troisième année de formation, Axel Rouquet s’est lancé dans ce concours avec l’envie de se mesurer à d’autres apprentis et de progresser dans un métier qu’il apprécie. Les sujets, transmis vers la mi-décembre, étaient identiques pour les participants à travers la France. Chacun devait réaliser des prothèses à partir d’un même modèle, avant d’envoyer son travail au jury. « C’est un concours qui permet le dépassement de soi, de ne pas se reposer sur ses acquis et de se pousser à fond », explique le jeune apprenti.
Le travail a été réalisé au laboratoire, en plus de ses moments de formation. Axel a donc consacré de nombreuses heures à ses pièces, avec des journées prolongées et des week-ends de travail. La préparation comprenait également un mémoire sur la rédaction des différentes étapes de réalisation, afin d’expliquer au jury les procédés utilisés.
Parmi les exercices figurait notamment une sculpture en cire, nécessitant une grande minutie et un travail sur les dégradés de couleurs. « Au début, on voit les modèles et on se dit que c’est facile. Mais le niveau demandé est très élevé », souligne Axel Rouquet.
L’accompagnement de son tuteur de stage
Pour Maxime Pernaud, propriétaire du laboratoire Prothèse Concept, accompagner son apprenti dans cette aventure a été une expérience enrichissante. « Le concours a permis à Axel de découvrir de nouveaux matériaux et de s’essayer à des techniques qu’il n’avait pas encore explorées. C’est une motivation pour lui, ça fait plaisir. Il a beaucoup appris de ça », témoigne le prothésiste dentaire.
Le rôle du maître d’apprentissage a consisté à conseiller et à guider, sans réaliser le travail à la place de son élève. « Il me montre et après c’est lui qui doit faire et refaire. On ne peut pas le faire à sa place », explique Maxime Pernaud, qui compare cette préparation à celle d’un sportif.
Après plusieurs mois d’efforts, les pièces ont été présentées au jury à Nîmes. Axel a dû patienter près de deux heures pendant l’examen de son travail, avant de découvrir sa note et les remarques des évaluateurs. Une étape stressante, mais qui lui a permis de mesurer le chemin parcouru.
Une vocation découverte lors d’un stage
Le parcours d’Axel Rouquet n’était pas forcément destiné à la prothèse dentaire. Après une scolarité qui ne lui correspondait pas, il a effectué un stage de découverte d’une semaine au laboratoire Prothèse Concept. Une expérience qui a changé ses perspectives. « J’ai franchement adoré le métier. J’ai eu de la chance que Maxime me prenne par la suite en contrat d’apprentissage », raconte-t-il.
Son père, lui-même ancien prothésiste dentaire, l’avait également encouragé à découvrir cette profession. Depuis, Axel s’épanouit dans un métier qui associe précision, création et travail manuel. En dehors du laboratoire, le jeune homme qui a le goût de la compétition a pratiqué de nombreux sports, comm le karaté et le full-contact, deux disciplines dans lesquelles il retrouve le goût de la compétition. « J’ai toujours été très compétiteur, c'est ce qui m'a poussé à s'inscrire à ce concours », confie-t-il.
Poursuivre sa formation et transmettre le métier
Après avoir obtenu son titre professionnel l’année dernière, Axel Rouquet poursuit sa formation en alternance pour deux années supplémentaires. Il souhaite ensuite continuer ses études, avec notamment un projet de bachelor et de licence dans le domaine de la prothèse dentaire. Pour Maxime Pernaud, la formation des apprentis représente aussi un enjeu pour l’avenir de l’artisanat. Le laboratoire travaille à la fois sur la prothèse fixe et la prothèse mobile, avec une place grandissante du numérique.
« Si on ne prend pas des apprentis, il n’y aura pas la relève. Les laboratoires vont disparaître si personne ne reprend derrière », estime-t-il. Si les outils numériques prennent une place croissante dans le métier, le professionnel reste convaincu que la précision du geste humain conservera son importance, notamment pour les réalisations les plus exigeantes, malgré la conccurence étrangère et notamment chinoise, il faut pour lui conserver cette artisanat français.