La première fois, le rap avait débarqué à Nîmes dans les lambris d’un cabaret de thé dansant. Médine au Mistinguett, juste en face de l’emplacement de la future Paloma. Vingt ans plus tard, Tout simplement hip-hop fête son anniversaire de l’autre côté de la route. Le trajet est court, pourtant.
Passe la marmite
Samedi soir, cette histoire a rattrapé Ghislain Nouguier, qui a rendu hommage à Xavier, un des acteurs des débuts de Da Storm, décédé récemment. Au moment de prendre la parole, le cofondateur et directeur de Da Storm est submergé par l’émotion. Avant le festival, il nous confiait ce que représente cette longévité, alors que plusieurs associations qui avaient inspiré ses débuts ont disparu. « On a encore la chance d’exister aujourd’hui. »
Sur scène, Rah Digga engage la soirée après une ouverture sur Pass the Dutchie (passe la marmite, ou autre chose...). La rappeuse américaine, ancienne du Flipmode Squad de Busta Rhymes, a chauffé le public. « Without struggle, no freedom », lance-t-elle. Sans lutte, pas de liberté.
Puis elle passe le dutchie à Busta Flex. Le Français prend donc la suite et, sur Laisse le DJ scratcher, remet les platines au centre de l'histoire. Les derniers retardataires postés devant le bar du patio débarquent dans la grande salle et c'est Marseille.
Fonky family
Sous la Bonne Mère, Le Rat Luciano rappe devant une ville en ruines, dystopique. Des fumées montent des immeubles, un bateau à quai sous un ciel chargé.
Une carte postale après la catastrophe. Le rappeur de la Fonky Family, visiblement ravi d'être là, ferme cette affiche anniversaire.