La Maison Carrée a viré au rose en ce mois d'octobre. Vendredi soir, les longs manteaux, les jupes, les pantalons et les vestes de costume remontent un long tapis noir, sous les yeux des invités installés rue Auguste. Des enfants défilent aussi. Les Galeries Lafayette quittent leurs rayons le temps de célébrer leur premier anniversaire. Parmi les modèles, des employés, des membres de la famille, des influenceurs.
Philippe Sempéré, le président des Galeries Lafayette de Nîmes, Béziers et Avignon, annonce 1,5 million de passages lors de sa première année, tandis que la Coupole retrouve des commerces et de la fréquentation. Après l’affluence des premiers mois, d’octobre à décembre 2025, la curiosité de l’ouverture retombe et le quotidien du commerce reprend. « On fait un travail de fond », explique le dirigeant, qui fait état de cinquante emplois à Nîmes.
Il évoque un chiffre d’affaires de 8 à 10 millions d’euros lors de cette première année. La parfumerie et la beauté marchent bien, la chaussure aussi. Ce dernier rayon doit gagner de la place. Un espace enfants a déjà ouvert, répondant à une demande exprimée dès les débuts du magasin. Il propose les marques Billieblush, Hugo Boss et Gertrude & Gaston. Hugo Boss Homme est annoncé début décembre.
Des escalators et des convictions
Un grand magasin sur un seul plateau, traversant, quelque 3 000 m² dans une Coupole qui en compte 15 000. Nicolas Chambon, président du groupe Ceïba, propriétaire de la Coupole des Halles, rappelle ce qu’il a fallu déplacer, installer, négocier. Faire entrer les escalators dans un volume contraint. Convaincre les Galeries Lafayette elles-mêmes, initialement réticentes à accompagner le projet.
Aujourd’hui, il décrit un magasin adopté par les Nîmois, « comme s’il avait toujours été là ». À l’échelle de la Coupole, Nicolas Chambon annonce plus de 20 % de fréquentation supplémentaire par rapport à la même période de 2025. Le centre commercial devrait dépasser les quatre millions de visites sur cette première année et retrouver un niveau comparable à celui de 2014. L’été a accentué la hausse, à 27 % de juin à août, dont une bonne part de touristes, surtout venus des U.S.A. Lors du rachat en 2021, la vacance commerciale atteignait 30 %, rappelle le dirigeant. Elle serait désormais inférieure à 5 %. L’arrivée des Galeries Lafayette explique cette évolution, compte tenu de leur surface. Une boulangerie Paul est attendue à l’entrée côté Gambetta.
Certaines enseignes demandaient à voir. Du passage, des ventes, une première année d’activité. Nicolas Chambon estime désormais disposer des arguments nécessaires afin de les convaincre de rejoindre la Coupole.
La périphérie dans le viseur
Devant les représentants de la municipalité, le président de Ceïba quitte le bilan d’anniversaire et revient à un vieux conflit commercial nîmois. Les difficultés du centre-ville, il les impute d’abord à l’accumulation des mètres carrés en périphérie. Il cite les zones commerciales, leur concurrence, jusqu’à celles qui se vident au profit de leurs voisines.
Il salue l’arrêt du projet commercial du stade de football, qu’il rappelle avoir combattu aux côtés de Philippe Sempéré. Selon lui, la consommation locale ne justifie pas de nouvelles surfaces. Après les investissements consentis à la Coupole, il demande à la municipalité de préserver les équilibres commerciaux.
Les représentants de la Ville, Emmanuel Bois en tête, promettent d’accompagner les commerçants et rappellent le rôle des événements dans la fréquentation des rues. Ils évoquent aussi des aménagements d’ombre et de fraîcheur dans les rues dès 2027. Rendre le centre plus supportable en été, donner envie d’y rester, d’y faire ses achats.
Quelques rues plus loin, place au défilé. Sous les colonnes de la Maison Carrée tout de rose vêtue, les Galeries Lafayette montrent leurs collections. Cette soirée, Carole Ritter l’a organisée avec le cœur. Celui d’une Nîmoise qui a relevé un immense défi, celui des Galeries Lafayette dans sa ville. À la Coupole, la deuxième année devra confirmer les chiffres de la première.