« Siamo tutti antifascisti ! » Le slogan italien a fusé du cortège, à travers Nîmes. À la Maison Carrée, une longue banderole rose annonce la couleur, « Queer vénèr·ien·nes contre le fascisme ! ». Derrière, les drapeaux palestiniens, les couleurs des fiertés. Ce samedi 10 octobre, les Fiertés vénères ont fait entendre leur colère jusque sous les colonnes du temple romain.
Partie de la place Jules-Guesde, la manifestation remonte le boulevard Jean-Jaurès, longe le quai de la Fontaine et s'arrête devant l’Imperator en soutien à ses employés. Le parcours traverse ensuite le centre-ville, du boulevard Victor-Hugo à la Maison Carrée, puis gagne l’église Saint-Baudile et Saint-Charles.
Les organisateurs contestent la récupération commerciale des marches des fiertés et leur utilisation par des institutions dont ils dénoncent les politiques. Ils jugent certaines Prides vidées de leurs revendications. À cette reconnaissance de façade, ils opposent des exigences sociales et une mobilisation contre l’extrême droite qui ne se limiterait pas aux élections.
Le Collectif nîmois antifasciste et queer, le CNAQ, organise la journée aux côtés de l’Organisation de solidarité trans de Nîmes, de la CNT 30 et de Solidaires Étudiants Nîmes. Oaï e Libertat – Nîmes antifasciste, le Planning familial du Gard et Stop jumelage Nîmes Rishon LeZion participent également à l’organisation. Leur appel compte 43 autres signatures. Des collectifs gardois et des structures d’Avignon, d’Arles ou de Montpellier...
« Protect trans » est l’une des préoccupations de cette marche. L’appel réclame la démédicalisation et la dépathologisation des trans, mais aussi la reconnaissance des familles queer et des droits des travailleuses et travailleurs du sexe. Il défend une aide économique aux plus précaires. Les signataires rattachent ces revendications aux combats antiracistes et à la dénonciation des violences policières.
La solidarité palestinienne occupe elle aussi une place explicite. À Nîmes, elle se traduit notamment par la demande de rupture du jumelage de la ville et de Rishon LeZion. Les organisateurs dénoncent l’instrumentalisation des droits LGBTQIA+ à des fins nationalistes ou racistes, qu’ils désignent sous le terme d’homonationalisme.
Dans l'après-midi, un village associatif s'était installé un peu au sud de la place Jules-Guesde. Après la marche, soirée ContraQueer à 19h au Bar du Midi, boulevard Gambetta.