Publié il y a 6 h - Mise à jour le 13.10.2026 - Yannick Pons - 3 min  - vu 146 fois

NÎMES Depuis les assassinats de Paty et Bernard, qu’est-ce qui a changé à l’école ?

Une minute de silence avec le Dasen

- @Yannick Pons

Une minute de silence a été observée ce mardi 13 octobre dans les établissements gardois et au siège de l’Éducation nationale à Nîmes. À l’issue de cet hommage à Nîmes, le directeur académique du Gard, Christophe Mauny, détaille les mesures prises afin de former les enseignants et sécuriser les établissements.

« Un vrai stigmate pour notre institution. » Devant les agents administratifs réunis au siège de la direction des services départementaux de l’Éducation nationale, à Nîmes, Christophe Mauny rappelle ce que les assassinats de Samuel Paty et de Dominique Bernard ont laissé dans l’école. Avant la minute de silence, le directeur académique du Gard évoque les deux enseignants, leur métier, leurs familles qui vivent toujours dans cette tragédie. « Continuer à transmettre, continuer à nous engager au quotidien, ne jamais oublier ce qu’ils ont fait et ce qu’ils ont été. » L’hommage engage aussi ceux qui restent auprès des élèves, chargés d’enseigner la liberté et de donner les moyens de l’exercer.

Dans les établissements gardois, le recueillement se déroule principalement en classe, indique Christophe Mauny. « Il n’y a pas de rassemblement dans la cour, chaque prof dans les classes. » Une manière d’inscrire ce temps de mémoire à l’endroit même où les deux enseignants exerçaient leur mission. Au collège Feuchères, le directeur de cabinet du Dasen a participé à l’hommage, tout comme celui de la préfète. Interrogé sur ce qui a changé depuis ces assassinats, Christophe Mauny évoque d’abord le travail consacré à l’enseignement des valeurs de la République dans l’académie de Montpellier. Un groupe de réflexion animé par un inspecteur d’histoire-géographie et d’enseignement moral et civique a abouti à un document diffusé dans les collèges et les lycées. L’objectif est d’aider les équipes à aborder ces valeurs en cours.

« S’assurer que les salles de classe se ferment à clé »

Une campagne de formation a également été menée auprès des chefs d’établissement et des enseignants. La laïcité se travaille notamment dans les cours d’enseignement moral et civique, au collège comme au lycée. Quant à la protection des élèves et des personnels, Christophe Mauny indique que tous les collèges et lycées du Gard disposent d’un plan particulier de mise en sûreté, le PPMS. Ce document précise les comportements à adopter face à une menace ou à un risque majeur, selon la configuration des locaux. Évacuer ou se confiner ne s’improvise pas. Les lieux de mise à l’abri doivent être identifiés, les signaux d’alerte connus des équipes et des élèves.

PPMS

Le PPMS, ou plan particulier de mise en sûreté, définit les mesures à prendre dans un établissement scolaire pour protéger les élèves et les personnels face à un risque majeur ou à une intrusion. Il précise notamment quand et comment évacuer ou se confiner.

Des diagnostics de sûreté sont menés, souvent grâce à l’expertise des forces de sécurité intérieure. Les collectivités sont sollicitées lorsque des aménagements sont nécessaires. Cela peut consister, souligne le Dasen, à « s’assurer que les salles de classe se ferment à clé ». Une précaution élémentaire qui détermine la possibilité de s’y enfermer en cas d’intrusion.

Dans le Gard, ces consignes ont récemment été appliquées lors des violences survenues en marge de la mobilisation lycéenne. Le jeudi 1er octobre, quatre établissements ont subi des intrusions, entraînant le déclenchement de leur PPMS, rapporte Christophe Mauny. Des dégradations ont également conduit à basculer quatre ou cinq lycées en distanciel pendant une journée et demie, par précaution. Tous ont rouvert dès le lundi suivant. Le directeur académique distingue toutefois les auteurs de ces violences des élèves mobilisés. « Les lycéens, eux, ne sont pas dans cet esprit-là. »

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