Publié il y a 9 h - Mise à jour le 04.10.2026 - Propos recueillis par Yannick Pons - 3 min  - vu 62 fois

NÎMES DeLaurentis : « À Paloma, le public vivra une expérience sonore à 360° »

DeLaurentis

DeLaurentis

- @Dominique Gau

La musicienne électro toulousaine DeLaurentis se produit jeudi 8 octobre à Paloma. Elle partage l’affiche de SON’IA 360 aux côtés de Douran et YMNK. Sur son album Musicalism, paru en 2025, sa musique est onirique mais pulsatile, électronique mais voluptueuse. Sur scène, elle transforme et dirige sa voix comme une chorale au bout de ses gants connectés. À ses côtés, Hervé Déjardin, ingénieur du son à Radio France, spatialise les sons en direct.

Objectif Sud : Vous venez d’une famille de musiciens de jazz. Comment êtes-vous arrivée à la musique électronique ?

DeLaurentis : Je suis originaire de Toulouse et je viens d’une famille de musiciens. Mon papa est pianiste de jazz, mes petits frères sont contrebassiste et batteur de jazz. Tout le monde dans ma famille fait du jazz. Moi, j’ai aussi, au début, appris la musique par le classique et le jazz. Je suis venue à la musique électronique un peu plus tard, quand j’ai découvert Laurie Anderson. C’est pour moi une héroïne américaine, la première qui m’a inspirée. Dans son studio, dans les années 1970, entourée de machines, en toute autonomie et indépendance, elle faisait sa propre musique. J’ai découvert un documentaire sur elle et ça m’a fascinée. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à enregistrer, à m’équiper, à introduire la technologie dans mon processus de création et à devenir une vraie geek. Pour moi, la technologie, c’est mon instrument. Je vois ça comme l’extension de mon corps, de mes cordes vocales. Je fais corps avec mes machines. C’est quelque chose auquel je suis liée et sur lequel je dois faire mes gammes tous les jours, comme sur n’importe quel instrument acoustique. Ça se travaille, et c’est avec tout cet instrumentarium que je viens sur scène.

Vous utilisez notamment des gants connectés. Que vous permettent-ils de faire ?

Je m’amuse à traiter ma voix un peu comme Laurie Anderson le faisait, avec des vocodeurs, des harmoniseurs et plein d’autres effets. Ce qui m’intéresse, c’est l’hybridation, le mélange entre la voix naturelle et la voix de synthèse. Par la gestuelle, je vais manipuler un chœur virtuel développé par l’Ircam. Je dirige les voix du chœur comme un chef d’orchestre. Ça augmente ma voix. Je passe d’une voix à, d’un seul coup, vingt, comme dans une chorale.

À Paloma, qu’est-ce que le public va découvrir dans ce dispositif à 360 degrés ?

Un dispositif à 360 degrés est installé spécialement dans cette salle, qui n’est normalement pas équipée pour ça. Nous venons avec le matériel, une scène centrale, le public autour et le système encore autour. Le principe du 360 degrés, c’est justement que personne n’entend la même chose. Selon là où on se place, c’est différent. C’est surtout très différent de la stéréo, parce que c’est une écoute naturelle. Comme dans la vie, quand on se balade dans une forêt, on va entendre le vent dans les arbres en haut à droite, un oiseau derrière nous à gauche. Là, c’est la même chose. Le public et l’artiste sont ensemble, ce qui est très rare dans un concert traditionnel, où le public est plutôt spectateur de quelque chose qui se passe devant lui. Là, il fait partie intégrante de l’expérience. Sur scène, il y a Hervé Déjardin et moi. On est tous les deux, c’est vraiment comme un duo. Il spatialise le son en direct. On le voit faire de grands gestes, il prend les sons, il les met autour de nous. Et la particularité de cette soirée, c’est que tous les artistes sont en 360 degrés.

Votre album Musicalism explore les sons et les couleurs. Comment cela se traduit-il dans vos instruments ?

C’est un album sur le thème de la synesthésie, donc le lien entre les sons et les couleurs. Je viens avec les instruments que j’utilise pour cet album. Ce sont un peu des palettes de peintre, sur lesquelles je vais dessiner des sons. On va pouvoir y voir apparaître les couleurs qui correspondent aux morceaux dans lesquels on est.

Quelle place donnez-vous à l’intelligence artificielle dans votre travail ?

J’utilise l’IA pour faire de la musique, notamment en live. Une IA développée par Sony CSL, un laboratoire de recherche, me permet de dessiner avec ma voix. Je chante et, sur un écran derrière moi, ça génère des visuels en temps réel. C’est vraiment comme une conversation. Mais là, à Paloma, il n’y aura pas d’écran.

Infos pratiques

Jeudi 8 octobre à 20 h 30, Paloma, 250 chemin de l’Aérodrome à Nîmes. Ouverture des portes à 20 heures. SON’IA 360 avec DeLaurentis, Douran en solo et YMNK, dans la grande salle, en fosse. After assuré par Arcade – André Dalcan. Prévente 20 €, réduit 16 €. Sur place 23 €, réduit 19 €. Réservation sur le site de Paloma.

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Propos recueillis par Yannick Pons

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