Ce mercredi matin, le syndicat SUD Mairie de Nîmes annonce avoir déposé un préavis de grève pour la journée de mobilisation nationale, de ce jeudi 8 octobre 2026, dans les secteurs de la petite enfance. "Face à la précarisation de métiers quasi exclusivement féminins, caractérisés par des salaires de misère et des conditions de travail épuisantes, l’ensemble du personnel de la petite enfance est appelé à cesser le travail pour exiger justice et dignité", justifie sans détour le syndicat.
Avant d'ajouter : "Depuis 15 ans, les réformes successives et l’assèchement des moyens des services publics ont détérioré le quotidien des crèches. À Nîmes, comme partout en France, le secteur de la petite enfance - composé à plus de 90 % de femmes - paie le prix fort de l'austérité. Le manque de reconnaissance de ces compétences, traditionnellement associées aux femmes et injustement considérées comme "naturelles", maintient des milliers de professionnelles dans une précarité salariale inacceptable."
Le syndicat déplore sur le terrain des risques psychosociaux de plus en plus marqués (stress, angoisses, épuisement physique et psychologique), une dégradation du sens du métier "avec un fonctionnement "à la chaîne" qui engendre une culpabilité profonde chez les agentes, empêchées d'individualiser les besoins des tout-petits et d'accompagner sereinement leur autonomie." Il pointe aussi une difficulté accrue pour poser des congés ou demander un temps partiel et une perte de sens et un manque de reconnaissance du travail.
"La reconnaissance de la pénibilité de l’ensemble de ces métiers"
Le syndicat SUD Mairie de Nîmes appelle à la mobilisation et demande "une véritable revalorisation des métiers de la petite enfance, notamment salariale, à la hauteur de ces métiers féminisés pour mettre fin aux inégalités de rémunération et pour une meilleure attractivité du secteur, obtenir des moyens humains et financiers afin de permettre une amélioration des conditions de travail, des taux d’encadrement raisonnables qui sécurisent enfants et personnel, des conditions matérielles décentes dans des locaux adaptés et non-vétustes, le maintien d'un service public de qualité et refuser toute privatisation des crèches ainsi que la reconnaissance de la pénibilité de l’ensemble de ces métiers et la réduction du temps de travail."
Avant de conclure : "Chaque jour, ces femmes assurent des missions de service public indispensables : accueil, sécurité, développement et construction des premières bases de la vie sociale. Il est intolérable que les conditions d’exercice des métiers de la petite enfance ne soient pas à la hauteur alors que les enjeux d’un accueil de qualité sont primordiaux. Le syndicat SUD reste disponible pour toute négociation et souhaite qu’une délégation d’agentes grévistes puisse être reçue."