Dans l’atelier de l’IUT de Nîmes, rue Jules-Raimu, un grand bras robotisé jaune domine désormais le convoyeur. Les robots étaient encore dans leurs cartons et quatre apprentis ont dû les installer, les programmer et faire fonctionner les équipements ensemble pendant sept semaines de présence. Sous les rails, les câbles rejoignent les armoires électriques. Cette installation, c’est le démonstrateur TEDS, pour transition écologique pour un développement soutenable, une démarche de formation. Le démonstrateur, lui, est une chaîne de production automatisée moderne, mais pédagogique, qui comporte plusieurs machines, permettant d’étudier comment une matière plastique peut être triée, recyclée, puis transformée en un nouvel objet.
Conditions d'usine
Un système de tri identifie les différentes matières plastiques grâce à une analyse infrarouge. Le plastique est ensuite broyé pour alimenter une presse à injection, qui le met en forme dans un moule et produit des gobelets. Des bras robotisés et des convoyeurs équipent la chaîne. Une caméra contrôle les dimensions des pièces fabriquées. Ces mesures permettent d’ajuster les réglages de la presse selon le résultat obtenu.
La salle de 150 mètres carrés qui abrite les machines doit aussi permettre de travailler sur le suivi de production en temps réel et la maintenance prédictive, qui consiste à repérer les signes annonciateurs d’une panne. C’est ce que recouvre l’expression « industrie 4.0 », une production où les machines connectées échangent des données afin de suivre et régler la fabrication.
Le projet réunit trois départements de l’IUT, le génie électrique et l’informatique industrielle, la science et le génie des matériaux, ainsi que le génie mécanique et productique. Une même chaîne oblige à travailler sur la matière, les machines et les commandes qui les font fonctionner. La qualité du gobelet produit dépend de cet ensemble.
Julie Delalonde, conseillère régionale d’Occitanie, insiste sur la possibilité « d’apprendre en faisant, de manipuler, de tester, de comprendre et de maîtriser ». La transition écologique devient alors un sujet de travaux pratiques. Reconnaître un plastique, préparer sa réutilisation, vérifier ce que l’on parvient à fabriquer. L’IUT propose déjà un parcours consacré aux métiers du recyclage et de la valorisation des matériaux.
Le maire de Nîmes et président de l’Agglo, Vincent Bouget, défend cette découverte des métiers par la pratique. « Il faut qu’ils puissent entrer ici, voir les machines, comprendre comment elles fonctionnent, essayer et faire tomber un certain nombre de préjugés. » Cofinancé par la Région Occitanie, Nîmes Métropole et l’Université de Montpellier, le démonstrateur doit aussi accueillir des collégiens et des lycéens pour des démonstrations techniques.