Objectif Sud : Pouvez-vous nous parler de votre passion pour l’écriture ?
Sébastien Volpellière : La première fois que j’ai écrit quelque chose qui a été édité, c’était mon mémoire de maîtrise d’histoire, en 2003. J’ai eu la chance d’être publié dans une revue, Sommières et son histoire. C’était la première fois que je me confrontais à des lecteurs autres que mes profs. Ensuite, il y a eu un long moment où j’ai très peu écrit, sauf dans le cadre du travail. Ce qui a redéclenché mon envie, c’est une certification à Sciences Po Paris l’année dernière, financée par mon entreprise. Il m’a fallu présenter une note professionnelle. Je me suis remis à écrire et j’ai pris énormément de plaisir. Cette note a aussi été éditée dans une revue, donc j’en suis assez fier. Ça m’a donné envie d’écrire, et j’avais des histoires en tête, notamment ce thriller, Les Initiés des Ténèbres. Il n’avait pas encore de titre.
Comment en êtes-vous arrivé à sortir ce livre ?
J’avais une trame, j’ai commencé à écrire un plan, et ça s’est déroulé. Comme je suis à Paris trois jours par semaine à l’hôtel et que j’ai pas mal de temps à tuer, au lieu de regarder des séries, je me suis mis à écrire dix lignes, dix pages, cent pages. C’était très mauvais au départ, je pense. Mais je me suis lâché, je me suis accroché à la démarche, et en sept, huit mois, ce premier roman est sorti, avec ses qualités et ses défauts.
Pouvez-vous nous le résumer, sans spoiler, pour donner envie aux gens de le découvrir ?
C’est un thriller noir, psychologique. C’est l’histoire d’un policier qui a eu une autre vie : il a été tueur, pour être clair. Il a refait sa vie, tout se passe bien, c’est un super policier, capitaine. Et puis il se retrouve sur une scène de crime où il reconnaît des signes de son passé. Là, le thriller commence. Arrive alors un second personnage, une profileuse de génie, qui reconnaît très vite en lui qu’il n’est pas seulement policier, qu’il a un passé sulfureux et qu’il est certainement lié à ces crimes. Ça, c’est le teaser, le début du roman. Après, on va très, très loin dans la noirceur. Les retours des lecteurs sont plutôt très positifs. Certains m’ont dit : "J’ai un peu fait des cauchemars, mais je n’arrive pas à le lâcher".
Êtes-vous parfois revenu sur ce que vous aviez écrit et quelle a été la trame d'écriture ?
Il y a eu beaucoup d’allers-retours et de relectures. Je l’ai aussi fait relire par des professionnels, notamment une éditrice qui m’a beaucoup aidé. La difficulté, quand on écrit pour la première fois, c’est la cohérence. On a des personnages qui nous paraissent cohérents parce qu’on les a créés, mais en fait ils arrivent comme un cheveu sur la soupe : ils n’ont pas été suffisamment présentés, ou pas assez élaborés. C'est le boulot le plus difficile à mon sens. L’autre difficulté, c’est que j’ai un style assez contemplatif, descriptif, et qu’il faut trouver un équilibre entre le descriptif et l’action. Ça m’a pris beaucoup de temps de réécriture, à me dire "là, c’est trop descriptif, là, ça ne l’est pas assez". L’équilibre que j’ai trouvé me convient, ainsi qu’aux lecteurs qui m’ont fait des retours. Mais ça a été le plus difficile pour moi.
Quand on a une passion, certains ont peur de la présenter au public et la gardent pour eux, par crainte des retours. Cela vous est-il arrivé d'hésiter à sortir le livre ?
Non, au début, j’ai écrit pour passer le temps. Des fois, on écrit pour soi, et certains préfèrent le garder pour eux...
… Mais vous, vous n'avez jamais hésité à le publier ?
Pour être très transparent, il a d’abord été lu par mes proches, ma maman forcément. Il a fallu le faire lire à des personnes plus objectives. Quand je l’ai fait lire à l’éditrice, elle m’a dit : "Maintenant, fonce". Il ne manquait qu’un truc, mettre le mot "fin", parce que j’étais tout le temps en relecture, en correction. Elle m’a dit : "Tu mets le mot "fin" et tu te lances". Je me suis lancé à ce moment-là. En général, je suis plutôt sûr de moi sur ce que je fais. Les premiers retours de personnes qu’on ne connaît pas donnent confiance et envie de continuer. Mais oui, il y a une vraie peur. Quelqu’un qui dit "je produis quelque chose et je me moque du retour des gens", je pense que ça n'existe pas.
Et comment peut-on se le procurer ?
J’ai fait le choix d’abord des petites librairies. Une librairie de Sommières m’a fait énormément confiance, c’est la librairie de l’Avenir. Alexandre m’a fait une énorme confiance. On a fait des dédicaces et il en a vendu pas mal. Je suis content pour moi et pour lui. On le trouve aussi à l’Intermarché de Sommières et à celui de Lunel, qui me l’ont pris et sont assez contents. Je leur en livre régulièrement. On le trouve aussi chez Cultura Nîmes. Pour l’instant, on est sur du local. J’ai fait le choix de ne pas le numériser car je voulais garder une démarche écoresponsable. Ça ne veut pas dire qu’il ne sera jamais disponible en numérique, mais ça viendra dans un second temps, plutôt sur une plateforme qui me convient mieux sur le plan éthique.
Ce livre aura-t-il une suite ?
La fin est assez ouverte, sans rien dévoiler. Je n’étais pas certain de faire une suite, mais j’ai subi la pression de plusieurs lecteurs qui m’ont dit : "Tu ne peux pas rester là-dessus". Donc la trame de la suite est en train de se construire.
Et un autre projet est-il en cours ?
J’ai déjà un roman prêt à sortir pour Noël, actuellement en relecture. Il est tout à fait différent, avec une trame plutôt fantastique. C’est un livre de vampires, on pourrait dire, mais qui traverse l’histoire. Ce sera une saga familiale, historico-politique. Il s’appellera Sang hybride. Normalement, si tout va bien, si les astres sont alignés, il devrait sortir un petit peu avant Noël.