Roé veut des guitares, pas une bande-son ! Le chanteur de Soledad, installé à Nîmes depuis 1995, connaît les possibilités du studio. Il a aménagé le sien dans les anciens frigos d’une boucherie industrielle, près de la place Montcalm. Sur la scène du festival Sevillanas, ce puriste veut de l'acoustique, notamment à Paloma. Et dans la salle, des danseurs. L’association O Flamenco a bientôt seize ans, le festival en a douze. Les anciennes lauréates du concours y reviennent aussi, parfois après avoir fait de leur passion un métier, comme la créatrice de la boutique Carmencika.
Objectif Sud : On connaît les sévillanes des ferias. Qu’est-ce qui vous plaît dans cette danse ?
Roé : C’est une danse qui se fait autant dans les regards que dans les gestes. Si tu veux draguer, tu danses la sévillane ! C’est un raccourci, mais il y a cette dimension. Il existe beaucoup de styles de sévillanes, religieuses, politiques, taurines… C’est extrêmement vivant. Chaque année, à la feria de Séville, de nouvelles sévillanes sont créées.
Vous demandez aux artistes de jouer en acoustique à Paloma. Qu’est-ce que cela change ?
Selon moi, les arrangements des sévillanes sur les disques sonnent souvent un peu vieillots. Surtout, beaucoup de groupes les restituent sur scène sur des accompagnements préenregistrés. Il y a trois ou quatre musiciens qui jouent par-dessus. Moi, je n’aime pas ça. Je trouve ça tellement plus beau quand tout est joué sur scène. L’année dernière, Cantores de Híspalis, c’était une guitare et quatre voix. C’était merveilleux. On retrouve la base de la sévillane, les palmas, la guitare. Los del Guadalquivir a accepté de venir en acoustique cette année, quatre musiciens, deux guitares sèches. C’est un groupe historique, qui a toujours été novateur, qui a fait des expériences, notamment symphoniques. Tous les groupes n’acceptent pas cet exercice.
Le concours du 27 novembre à la Milonga del Angel passe de deux à quatre catégories. Qui voulez-vous faire entrer dans la danse ?
Avant, il y avait les enfants et les adultes. Maintenant, il y aura les enfants, les adolescents, les adultes débutants et les adultes confirmés. Des gens n’osaient pas se présenter, le niveau était trop élevé. C’est sympa que tout le monde puisse participer à ce genre d’événements. Les concours de danse sont très importants à nos yeux. Un jury attribuera des prix. Ce soir-là, Clara Tudela et Antonio Cortes feront aussi danser le public. Trouver des musiciens spécialisés n’est pas si facile. Il y a beaucoup d’artistes de flamenco ici, mais faire danser toute une soirée demande un vaste répertoire.
À Paloma, le lendemain, les amateurs auront aussi leur place sur scène ?
Les gagnants des concours des années précédentes vont danser en première partie des artistes invités. C’est très valorisant, grâce aux éclairages de Paloma, à la mise en scène. Nous ajoutons cette année un défilé de mode flamenca de Carmencika. Sa créatrice est elle-même une ancienne gagnante de notre concours. Elle a monté sa boîte, elle est très dynamique, elle a beaucoup de talent. Paloma est notre partenaire depuis le début. Frédéric Jumel a participé à la conception même de cette soirée. Elle a évolué, puisque le concours se déroule désormais à la Milonga. DJ Vincent passera les disques avant et après le concert. Les gens se plaignaient que la soirée se termine à minuit. Cette année, Paloma accepte de fermer ses portes à 1h.
Le festival se poursuit désormais jusqu’au 5 décembre. Que permet cette semaine supplémentaire ?
Nous faisions déjà le Noël des enfants de Nîmes au début du mois de décembre, en demandant une création à un artiste nîmois. À une semaine près, c’était dommage que ce moment ne bénéficie pas de la lumière du festival. Cette année, il y est intégré, au Prolé, et Chely la Torito a carte blanche. Nous y retrouverons aussi le concours de tortillas, dont le premier prix est de 100 euros, puis le repas andalou. Avant cela, Philippe Béranger et Karina del Oro présenteront Le Syndrome de Séville à l’atelier Nicole Bousquet. L’idée s’inspire du syndrome de Stendhal, de quelqu’un saisi par la beauté. Philippe intervient par les textes, Karina par la danse. Nous proposons également des stages de guitare et de chant sévillan, accessibles aux débutants. Même quand on danse déjà la sévillane, essayer de la chanter permet de mieux la comprendre.
Infos pratiques
Festival Sevillanas, du 26 novembre au 5 décembre à Nîmes. Ouverture le 26 novembre à 20h chez Pablo Romero, bal sévillan animé par DJ Solène, entrée libre. Bal et concours le 27 novembre à 20h à la Milonga del Angel, 10 €. Soirée Los del Guadalquivir le 28 novembre à 20h30 à Paloma, portes à 20h. Prévente 19 €, réduit 16 € ; sur place 22 €, réduit 19 €.
Le Syndrome de Séville, le 3 décembre à 20h à l’atelier Nicole Bousquet, 10 €. Le 4 décembre à 19h à la bodega Macarena, intervention de la peña Tomás Rufo sur les gestes du toreo et de la danse sévillane, puis bal animé par DJ Florian, 5 €.
Le 5 décembre au Prolé, entrée libre. Concours de tortillas à 12h, repas andalou à 13h sur réservation, spectacle des enfants à 15h. Le même jour à l’atelier Nicole Bousquet, stage de guitare de Gaëtan Roma de 11h à 13h et stage de chant de Clara Tudela de 14h à 16h. Tous niveaux, 30 € par stage. Renseignements au 06 62 89 78 43 et à contact@oflamenco.com.
Le programme, c'est ici