Publié il y a 18 h - Mise à jour le 27.09.2026 - Propos recueillis par Yannick Pons - 5 min  - vu 442 fois

L'INTERVIEW Axel Bauer : « À Nîmes, il y a l’école de guitare de mon ami Richard »

Axel Bauer

- @Yann Orhan

Axel Bauer présente se produit le samedi 24 octobre à Paloma. Le chanteur de Cargo, Éteins la lumière et À ma place, son duo enregistré avec Zazie, vient à Nîmes avec six musiciens et une part d’improvisation. Avant le concert, il raconte ses débuts dans la musique et son nouvel album.

Objectif Sud : Vous connaissez Nîmes. Qu’est-ce qui vous y a amené récemment ?

Axel bauer : J’y étais il n’y a pas longtemps d’ailleurs. J’ai un ami qui habite dans le coin. J’y suis passé parce que je voulais voir un grand magasin de musique, de guitare. Et il y a l’école de mon ami Richard, l’école de guitare. Je suis passé à Nîmes, c’était vraiment très agréable. Ça avait un petit peu changé par rapport à la dernière fois où j’étais venu. Le centre-ville est plus agréable. Ça s’est modernisé, c'est sympa.

Comment la musique est-elle entrée dans votre vie ?

Je suis musicien depuis toujours, presque. J’ai commencé par être passionné par le dessin quand j’étais petit, et je dessinais en écoutant les disques de jazz de mon père. Ça m’a amené peut-être à avoir une sensibilité musicale un peu forte. Et puis ma tante, Évelyne Crochet, pour ne pas la nommer, est une grande pianiste, qui a joué dans les plus grandes salles du monde, dans le classique, au Carnegie Hall.

Mon père a organisé le festival à Pleyel, avec, je crois, Charlie Parker, des grands noms du jazz. Et mon père était batteur, avec Django Reinhardt. J’ai grandi au milieu de gens pour qui la musique est un vrai sujet de conversation. Ça parlait beaucoup musique à la maison.

Jusqu’au moment où moi-même j’ai rencontré un peu ma musique à travers peut-être le premier concert où j’ai été, un concert des Who, le groupe anglais. Ça a été une sorte de révélation pour moi, de l’envie d’apprendre sérieusement un instrument. À partir de ce moment-là, je ne me suis plus posé de questions. Je me suis dit, ma voie, c’est ça, c’est la musique. Je ferai de la musique toute ma vie, je serai musicien.

Comment trouvez-vous votre voie dans le rock après cette enfance nourrie de jazz et de classique ?

Je ne suis pas passé du jazz au rock. Les années d’apprentissage de mon adolescence, c’est quand même une période où le jazz et le rock ont fusionné à travers des tas de groupes de jazz-rock. Je n’ai pas eu vraiment à choisir. Moi, je m’orientais plus sur le rock puisque j’étais fan de hard rock, avec Led Zeppelin…

Mon père aimait beaucoup les pianistes. J’ai beaucoup écouté les pianistes de son temps, Oscar Peterson, on avait été en voir en concert à Pleyel à l’époque. J’ai beaucoup écouté le piano, l’harmonie, et puis tous les 33 tours de musique classique qu’il y avait à la maison. On jouait des standards de jazz. Mais ma passion, elle était vraiment sur le rock.

Quand on a 18-19 ans, on se cherche. J’avais plutôt un talent pour le dessin. On m’orientait plutôt vers une carrière de dessinateur. Donc je me suis inscrit un peu naturellement aux Beaux-Arts pour passer le concours, faire un atelier préparatoire.

Je commençais à jouer plutôt pas mal, et puis on me proposait de faire des petites séances de studio. J’allais jouer pour des gens qui n’étaient pas forcément connus, qui faisaient leurs premiers disques. Le soir, j’allais au Rose Bonbon, qui était un club rock où il y avait des petites scènes, on pouvait faire le bœuf. C’est là que j’ai rencontré les Rita Mitsouko. Il y avait tout ce monde, on va dire new wave parisien. C’est de fil en aiguille, en jouant avec les uns et avec les autres, que je me suis mis à composer.

Puis arrive Cargo. Vous chantez ce morceau sans encore vous considérer comme chanteur ?

Je ne me suis jamais projeté sur le fait d’être chanteur. J’étais juste guitariste dans des groupes. Je ne me projetais pas du tout sur le fait d’être au-devant de la scène. Je ne travaillais pas du tout ma voix. Je n’avais pas envie d’être particulièrement connu d’ailleurs. Il n’y avait pas de plan de carrière.

Un jour, j’ai composé Cargo. Et oui, je le chantais, mais je ne me sentais pas tellement chanteur à ce moment-là. Michel Eli, qui était le patron du petit label qui m’avait signé, finalement s’est retrouvé à en écrire le texte parce qu’on communiquait beaucoup ensemble.

Ce succès est arrivé comme ça, très rapidement. C’est une époque où les gens appelaient à la radio en disant, qu’est-ce que c’est que ça ? C’était un signe pour les radios de dire, ça peut marcher parce qu’on a eu 50 coups de fil dans la demi-heure. Le morceau s’est mis à marcher, puis il a été relancé quand on a fait le clip avec Jean-Baptiste Mondino. En 84, j’ai occupé le terrain avec cette chanson, et c’est ce qui m’a lancé en tant que chanteur et en tant que compositeur, auteur.

Un musicien peut chanter sans se dire chanteur. Les gens qui se disent chanteurs, ils travaillent le chant. Je savais chanter, peut-être que je ne savais pas interpréter. Aujourd’hui, je suis chanteur depuis longtemps, mais à cette époque-là, je ne me sentais pas légitime de dire que j’étais chanteur. En revanche, je me sentais légitime de dire que j’étais compositeur ou guitariste. Disons que j’avais fait mes preuves.

Comment avez-vous enregistré Grand 8 et choisi ce titre ?

Cet album-là, il a été enregistré un peu de la même manière dont on faisait les albums à l’époque. On s’est retrouvés avec les musiciens avec qui on avait tourné sur la tournée précédente. Radio Londres, c’est un album important où il y a cette chanson qui parlait de mon père et de la Résistance.

Nous sommes allés dans un studio résidentiel qui s’appelle le Manoir de Léon, dans les Landes. On a passé trois semaines là-bas à travailler un peu comme un groupe le ferait ou le faisait dans les années 70.

Je leur apportais les grilles d’accords, je leur faisais écouter les maquettes, et puis on faisait les prises ensemble. Après, il y avait des réenregistrements. On a retravaillé aussi un peu à Paris parce qu’on était partis sans les claviers. Mais toutes les bases ont été faites là-bas, ce qui donne ce côté organique à l’album.

Le titre de l’album, Grand 8, je l’ai choisi parce que je trouvais qu’il y avait vraiment un grand contraste entre des titres très punchy, rapides, comme Merde à la mer ou Escalator, qui sont des titres très rock, et puis d’autres titres beaucoup plus poétiques, comme Il pleure dans mon cœur, ou même fun comme Amoureux ?

Cette sensation qu’on peut avoir dans un grand huit quand ça monte et que c’est très, très lent, et que vous arrivez tout en haut, et que ça va aller très vite et ça redescend. Il y a un peu cette symbolique dans l’album, d’impression d’aller vite et puis de ralentir. Les ballades comme Les Chemins de neige, qui est une très belle ballade écrite par mon ami Boris Bergman. L’Enfant prodigue, Clash sont des titres punchy, et puis d’autres titres beaucoup plus poétiques.

À quoi le public peut-il s’attendre le 24 octobre à Paloma ?

C’est une formation rock. Il y a deux guitares, basse, batterie et deux claviers. Il y a six personnes sur scène. Ça permet de voyager un peu dans tous les univers, de passer d’un univers funk, soul, new wave de Cargo, par exemple, avec des séquences, au rock organique d’Éteins la lumière. Il y a une partie acoustique et puis plein d’autres morceaux qui sont incontournables, comme À ma place.

J’ai fait plus de 800 concerts. Il y a des gens qui me suivent sur toutes les dates. Ce sont de vrais fans. Pour eux, et pour d’autres qui m’ont déjà vu en concert, il y a d’autres morceaux que les trois trucs majeurs. Il y a aussi Ici Londres, Personne n’est parfait.

C’est ce que le public vient voir, avec aussi une grande part d’improvisation parce que j’aime improviser. Donc je fais des solos aussi pendant le concert, solos de guitare évidemment.

Infos pratiques

Samedi 24 octobre à 20 h 30 dans la grande salle de Paloma, 250 chemin de l’Aérodrome à Nîmes. Ouverture des portes à 20 heures. Prévente 34 €, tarif réduit 29 €. Sur place 37 €, tarif réduit 32 €. Supplément balcon de 2 € en prévente. Réservation.

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