La douce odeur des croissants et du café embaumait le parc des Expositions de Montpellier-Pérols ce vendredi matin, à l'occasion du Salon des maires et des intercommunalités de l'Hérault. Un rendez-vous absolument incontournable pour permettre de retrouver de vieilles connaissances, ou tout simplement pour s'en faire de nouvelles. Il s'agissait d'ailleurs de la première sortie officielle pour les quatre sénateurs élus ou réélus : Hussein Bourgi, Julie Frêche, Manon Bouquin et Joseph Francis.
Dès 8h30, le hall B2 réunissait maires, présidents d'intercommunalité, élus locaux, cadres et agents des collectivités du département. L'événement prenait ses quartiers dans la capitale héraultaise pour la première fois. Il se tenait jusqu'ici à Béziers, où il avait été lancé en 2018. Porté par l'Association des maires de l'Hérault (AMF34), le salon conservait toujours le même objectif : offrir un cadre d'échanges aux élus et aux décideurs publics autour des enjeux de la vie locale.
Plus de 150 exposants présentaient des solutions aux collectivités, dans des domaines comme l'aménagement, le bâtiment, le développement durable et le numérique. À vocation économique, l'événement permet à tout un écosystème de faire du business. Et pour les élus des 342 communes de l'Hérault, dont beaucoup disposent de budgets modestes, c'est une véritable aubaine.
Introduction par Jean-Pierre Rico
En préambule, le maire de Pérols, Jean-Pierre Rico, fut le premier à s'exprimer, lui qui jouait à domicile. "Nous avons besoin de beaucoup d'agilité, car nous sommes confrontés à un empilement de réglementations qui viennent s'accumuler. Face à ça, on a de plus en plus de contraintes et nos projets prennent de plus en plus de temps", constate-t-il.
Avant de laisser la parole au président de l'AMF34 Frédéric Roig, qui a un petit mot pour les professions agricoles, touchées de plein fouet par diverses catastrophes : "Prenons ici tous ensemble l'engagement de rester unis, de soutenir totalement et de toutes nos forces l'agriculture et plus précisément la viticulture, victime de politiques gouvernementales et européennes qui contribuent à mettre ces filières en difficulté, par des décrets. Ce que nous voulons préserver, c'est la souveraineté alimentaire et la vitalité de nos territoires."
Jérôme Despey, président de la Chambre d'agriculture de l'Hérault, lui emboîte le pas : "On vit des moments qui ne sont pas faciles. On est là dans un but d'assurer cette souveraineté alimentaire, de produire des produits de qualité et de permettre à la population de se nourrir ou de découvrir de bons vins. Nous sommes bousculés par l'aspect économique, mais également avec les changements climatiques."
Le président du département de l'Hérault, Kléber Mesquida, appuie les propos : "Aujourd'hui, on passe à l'étape de la résilience. On le constate avec la propagation des feux, la sécheresse qui est omniprésente". Le département de l'Hérault est d'ailleurs le seul en France à posséder un hydrogéologue dans ses services.
La directrice régionale de l'Agence de l'eau, Julie Colomb, a réitéré son soutien aux collectivités dès qu'elles en ressentiront le besoin. Puis la préfète Chantal Mauchet a pris la parole, avant la signature de la deuxième phase du plan PURE 34 : "C'est une démarche originale et qui montre les partenariats à l'œuvre. Il y a des actions très concrètes qui sont mises en place. Le maître mot, c'est la sobriété. Il permettra d'améliorer l'alimentation en eau potable pour les populations, mais aussi de tirer les enseignements de cette canicule très importante". Tous les partenaires qui ont signé la première phase en 2024 ont renouvelé leur soutien au projet cette année.
Carole Delga : "Notre jeunesse doit être rassurée"
Présidente de la région Occitanie, Carole Delga a tenu à être présente ce matin aux côtés des autres élus du territoire, saluant d'abord les deux élus de son bord politique Hussein Bourgi et Julie Frêche, élus sénateur et sénatrice dimanche dernier. Elle a rappelé l'importance du salon, la rigueur de son organisation, mais a également évoqué les actualités du moment, à commencer par la mobilisation lycéenne.
"Nous sommes dans une semaine très particulière. Les mouvements lycéens traduisent une inquiétude de la jeunesse pour l'avenir. Nous devons y répondre, parce que quand dans un pays la jeunesse a peur, cela compromet le pacte républicain. Nous devons leur redonner confiance. Notre jeunesse doit être rassurée, doit avoir les moyens pour choisir son avenir". C'est pour cela que le rectorat et la Région souhaitent rétablir le débat démocratique et apaisé. "Nous devons appeler au calme et arrêter les violences aux personnes", citant les enseignants, les personnels de direction, les agents régionaux des lycées, dont certains ont été violentés. "Ils sont des conditions du développement de nos enfants".
L'élue PS condamne par la même occasion toute forme de violence, et salue "le travail remarquable des forces de l'ordre", tout comme celui des pompiers : "Nous avons besoin de leur témoigner tout notre soutien. Quand on est agent de l'État, on est dans l'exécution et on doit avoir un temps pour tout", et ajoute que la présence de la Région auprès des deux recteurs en Occitanie sera infinie.
Elle évoque également les épisodes climatiques très délicats qui ont frappé l'Hérault et le Gard cette semaine, expliquant qu'il faut "agir et bâtir un nouveau modèle de développement durable". "Nous avons de nombreux projets sur les mobilités décarbonées. Et c'est une des réponses à la lutte contre le réchauffement climatique", appelant à une nouvelle ligne de train entre Montpellier et Perpignan.
Et pour conclure, elle affirme également son soutien à la souveraineté alimentaire, donc à la production industrielle et agricole, rappelant que la Région a obtenu un million d'euros de crédits européens, dont 500 000 pour la pêche et l'anguille. Sans oublier un appel à un mix énergétique entre les énergies renouvelables et le nucléaire, porté par l'État.