À Générac, les prochains exercices de sécurité civile pourraient se dérouler sous un ballon connecté. Au-dessus de cette commune éprouvée plusieurs fois par les incendies ces dernières années, le dispositif servirait à transmettre des consignes aux habitants jusque sur leurs téléphones, même en cas de panne du réseau mobile. Les pompiers du Gard et de Nîmes Métropole doivent expérimenter ce dispositif Bluetooth embarqué dans un ballon captif, maintenu en l’air et retenu au sol par un câble.
Tous à l'abri !
« Lors d’un incendie, lors d’une catastrophe, le réseau tombe, ou alors il y a des difficultés d’avoir accès à Internet », explique Diego Carballo, chef de projets européens chez Aerospace Valley. Le dispositif doit permettre de prévenir les habitants d’un danger, puis de leur transmettre des consignes pendant la crise et après son passage. Où se mettre à l’abri, comment éviter une zone menacée.
Cette expérimentation constitue le volet français d’Awareness, dont les partenaires se sont réunis les 7 et 8 octobre au bâtiment B46 de Nîmes Métropole, sur le site de l’aéroport de Nîmes-Garons. Coordonné par Aerospace Valley, ce programme de recherche rassemble dix-neuf partenaires établis dans six pays européens. Des collectivités et des services de secours y travaillent aux côtés d’entreprises et d’universitaires. Leur objectif est d’améliorer la préparation des populations aux incendies et aux inondations, puis la circulation des informations lorsqu’une catastrophe survient.
Bluetooth
Le dispositif de communication est développé par Leoblue, une entreprise toulousaine spécialisée dans les liaisons directes vers les smartphones. Elle utilise le Bluetooth à longue distance et indique avoir déjà transmis un message d’alerte depuis un ballon stratosphérique à 16 kilomètres d’altitude. À Générac, les essais prévoient un ballon captif, qui restera attaché au sol au-dessus du secteur à couvrir.
Les premiers essais sont envisagés dans environ un an, après une phase de consultation et de préparation. « Le but du projet, c’est d'adapter une technologie déjà existante en fonction des besoins », précise Diego Carballo. Le Sdis du Gard doit contribuer à définir ces besoins, puis à tester la solution dans les conditions d’un exercice sur le terrain. Les élus locaux et les habitants peuvent également être associés à ce projet.
Plusieurs fois frappée par les incendies, Générac s’imposait comme terrain d’essai. Un groupe de citoyens engagés dans la sécurité civile s'est créé dans la commune. Ces bénévoles connaissent le terrain et les questions que soulève une alerte dans la commune.
« On est sur une phase de test. C’est-à-dire qu’on n’est pas sur un déploiement », insiste Diego Carballo. La technologie existe, mais son utilisation dans ce scénario doit encore être adaptée et évaluée. En France, Générac reste le site retenu et l’incendie le risque étudié. Le dispositif pourrait ensuite être utilisé lors d’inondations ou d’autres catastrophes.
Projet européen
Nîmes Métropole doit organiser les exercices locaux. L’agglo est également chargée, durant les six premiers mois, de préparer la méthode de recueil des besoins dans les différents pays. Chaque équipe locale conduira des questionnaires et des entretiens auprès des acteurs concernés. Les réponses seront analysées afin de préciser les conditions des expérimentations. La collectivité doit aussi contribuer à leur méthode d’évaluation.
Cinq expérimentations sont prévues. En Espagne, les travaux concernent également les incendies. En Norvège, un jumeau numérique, une représentation informatique du territoire, doit aider à simuler les risques d’inondation. L’Italie travaille sur l’aide à la décision et la connaissance du risque par la population. En Pologne, les recherches portent sur l’alerte précoce face aux crues soudaines.
Ces essais doivent ensuite bénéficier aux autres territoires. Un outil développé en Norvège ou en Pologne pourrait être adapté dans le Gard, selon les besoins locaux. À l’issue des trois années de recherche, les partenaires souhaitent réunir les solutions et préparer leur utilisation à plus grande échelle.
Diego Carballo annonce « un financement de la Commission européenne de 5 millions d’euros » destiné à l’ensemble du consortium, dont 176 750 euros attribués à Nîmes Métropole et 152 687,50 euros au Sdis du Gard. Le programme doit s’achever le 30 septembre 2029.
À Générac, les exercices doivent permettre d’adapter les messages et leur transmission aux difficultés rencontrées sur le terrain. La préparation associera les secours, les services municipaux et, si leur participation se confirme, les habitants qui recevront ces consignes.