Président des jeunes LR du Gard, Romain Dumas a pris part avec d'autres de ses camarades, à la rentrée des jeunes de son parti politique. Une reprise qui avait une ambition plus large que le seul rassemblement de la jeunesse de droite. "On a vu une jeunesse qui n'était pas seulement de droite, parce que la volonté aussi ça a été de rassembler le plus de Français", explique-t-il, avant d'insister sur la nécessité d'unir les forces.
"C'était mieux avant" : débat de générations
Parmi les tables rondes marquantes, l'une portait sur l'idée reçue selon laquelle "c'était mieux avant", un thème que le responsable jugeait a priori caricatural. "C'est un sujet qui est un peu caricatural de la droite, on se dit vieux réac et nostalgique du passé", reconnaît-il, avant de nuancer : "Le dialogue entre générations a révélé des points où on se dit que finalement on n'était pas si différents".
Il évoque notamment la précarité étudiante comme fil conducteur de cette réflexion, en rappelant que les trois quarts sont concernés par la situation. Et le gel annoncé des APL par l'exécutif ne devrait pas arranger la donne : "Au final on n'entend pas les étudiants." Second grand thème abordé lors de ce week-end : l'environnement, sujet que Romain Dumas ne considère pas comme secondaire à droite. "La jeunesse de droite est sensible aux questions environnementales", affirme-t-il, avant d'opposer deux visions : "On a celle de la gauche qui veut toujours taxer ceux qui ne peuvent pas se permettre d'acheter des voitures électriques, et puis il y a celle de la droite qui est celle de la responsabilité et qui veut tout simplement récompenser ceux qui peuvent faire des efforts."
La vision politique de Bruno Retailleau
Sur le terrain économique, le responsable des Jeunes LR du Gard détaille plusieurs propositions portées par Bruno Retailleau. En tête, la suppression des certificats d'économie d'énergie (CEE) sur les carburants : "Il y a quelques jours, Bruno Retailleau a proposé la suppression des certificats d'économie d'énergie. Ça permettrait l'économie d'à peu près 70 centimes par litre", précise-t-il.
Il évoque également le retour de la défiscalisation des heures supplémentaires, mesure sarkozyste supprimée sous François Hollande, ainsi qu'un projet d'allocation sociale unique plafonnée à 70 % du SMIC, "pour éviter l'assistanat et pour motiver aussi les Français à travailler". Plus largement, il dresse un constat sévère du bilan économique du quinquennat : "On est à 117 % du PIB endetté, on voit une croissance qui ne fait que diminuer. On a une situation économique qui est minable".
Bruno Retailleau défend également une vision de la France de main d'œuvre, investie dans les métiers manuels, qui ont parfois porté une image à connotation négative. "C'est la France de demain, la France des oubliés. Aujourd'hui on a beaucoup de Français qui font de longues études et qui ont du mal à s'insérer dans le marché du travail. Donc on perd cette France qui travaille manuellement, sous la chaleur et avec des conditions exécrables, et qui n'est pas assez valorisée", juge Romain Dumas.
"On a créé des bons petits assistés"
Interrogé sur l'idée, souvent débattue, que le travail ne paierait plus assez, Romain Dumas ne mâche pas ses mots : "On a mis des Français au crochet de la société, on a créé des bons petits assistés." Il précise toutefois ne pas remettre en cause le principe de la solidarité : "Je ne dis pas qu'il faut arrêter d'aider les gens, pas du tout", mais il prône la revalorisation du travail : "On ne vit pas pour le travail, on vit grâce au travail."
Sur la question des entrepreneurs, confrontés selon lui à un excès de normes et de démarches administratives, le responsable plaide pour une simplification drastique : "Vous voulez créer une entreprise, vous avez 40 000 dossiers à remplir pour au final avoir, même des fois, un désaccord ou 100 euros de subvention." Il propose notamment de mettre fin aux 40 heures légales au profit d'un accord direct entre employeur et salarié : "pour que ce soit donnant-donnant, le salarié ne sera plus perdant et l'entrepreneur non plus."
Il s'en prend par ailleurs à Manon Aubry, dont les critiques envers les chefs d'entreprise l'indignent : "J'ai honte qu'elle soit une élue de la République. Elle insulte des groupes, des travailleurs, des honnêtes gens qui font simplement le maximum pour s'en sortir".
Selon le sondage Cluster 17 réalisé en exclusivité pour POLITICO entre le 15 et le 16 septembre, Bruno Retailleau est pour l'instant crédité entre 7,5% et 9,5% selon deux éventualités : la candidature d'Édouard Philippe et celle de Gabriel Attal.
Sénatoriales dans le Gard
Alors que se tiennent dimanche les élections sénatoriales, Romain Dumas salue la campagne de terrain menée par le sénateur sortant Laurent Burgoa, candidat Les Républicains : "D'après ce que les élus m'ont dit, il a été tout simplement irréprochable, un élu de terrain qui sait à quoi les élus sont confrontés".
Il se montre en revanche critique envers certains parcours politiques jugés opportunistes, citant sans détour Sylvie Josserand : "Ce sont des personnes qui ne tiennent pas en place. On ne peut pas faire confiance à des gens qui jouent avec les électeurs, qui jouent avec les postes". Il appelle enfin à davantage de considération pour les collectivités locales, qu'il juge fragilisées : "Il faut redonner le pouvoir aux maires, pour redonner à des élus de la responsabilité".